Pouliot - Hydro: après les minicentrales, il faut abandonner l'éolien

Publié le 06/02/2013 à 09:25, mis à jour le 06/02/2013 à 09:25

Pouliot - Hydro: après les minicentrales, il faut abandonner l'éolien

Publié le 06/02/2013 à 09:25, mis à jour le 06/02/2013 à 09:25

La biomasse

Au mois d'août, après que le gouvernement du Québec eut annoncé qu'il allait venir à la rescousse de la papetière White Birch (à Québec) avec un bloc de 9 MW d'électricité en cogénération, il nous était venu à l'esprit de comptabiliser le nombre des projets biomasse.

Il y avait l'usine de cogénération de Fibrek (33 MW), celle de Tembec au Temiscamingue (50 MW), celle de Turso (18,8 MW), celle de Lebel-sur-Quévillon (26 MW), celle de Dolbeau (26 MW). Déjà bien plus que les 150 MW requis par l'appel d'offres en cours.

-Non, monsieur Pouliot, le gouvernement vient d'en autoriser un 150 MW supplémentaire, s'était-on fait répondre chez Hydro.

Encore ici, nous n'avons pas besoin de cette électricité. La nouvelle mesure n'a pour but que de soutenir l'industrie du papier en lui permettant d'obtenir des revenus prévisibles dans les creux cycliques.

Dans une situation de déficit énergétique, l'initiative serait louable. Dans une situation de surplus, c'est, comme dans l'éolien, de la subvention.

Évidemment, comme dans l'éolien, il y a aussi un risque pour un certain nombre d'emplois, ou à tout le moins la hauteur de certaines conditions de travail. Mais personne n'accepterait que l'on subventionne directement une industrie en déclin pour les maintenir.

L'industrie de la transformation

Certains avanceront que les 850 MW d'électricité ne devraient pas être annulés car l'on pourrait utiliser nos importants surplus d'électricité pour plutôt attirer des industries de transformation. Une fois les surplus affectés, nous aurions alors besoin de ces projets.

On n'est pas très sûr d'une telle initiative. En 2041, nous perdrons Churchill Falls et toute industrie que nous auront construit sur la base d'une énergie à faible coût pourrait bien nous exploser à la figure. Churchill Falls est ce qui permet d'offrir de faibles prix à l'industrie de la transformation.

Pour obtenir une économie durable, il nous faut construire sur des avantages qui lui sont propres et non sur de l'artifice redevable au trésor public.

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À propos de ce blogue

Diplômé en droit de l'Université Laval, François Pouliot est avocat et commente depuis plusieurs années l'actualité économique et financière. Il a été chroniqueur au Journal Le Soleil, a collaboré au Globe and Mail et dirigé les sections économiques des différentes unités de Quebecor Media, notamment la chaîne Argent. Au cours de sa carrière, il a aussi fait du journalisme d'enquête ce qui lui a valu quelques distinctions, dont le prix Judith Jasmin. La Bourse Southam lui a notamment permis de parfaire son savoir économique à l'Université de Toronto. François a de même été administrateur de quelques organismes et fondation. Il est un mordu des marchés financiers et nous livre son analyse et son point de vue sur diverses sociétés cotées en bourse. Québec inc. sera particulièrement dans sa mire.

François Pouliot

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