L'échec du décollage économique de l'Afrique serait catastrophique

Publié le 20/06/2015 à 07:28

L'échec du décollage économique de l'Afrique serait catastrophique

Publié le 20/06/2015 à 07:28

Des analystes affirment que la création d'emplois dans l'agriculture, le tourisme et les ressources naturelles sera insuffisante pour intégrer les jeunes qui afflueront sur le marché du travail.


Pourquoi? Tout simplement parce que la croissance économique ne fera pas apparaître de nouvelles terres, de nouveaux gisements ou de nouveaux parcs naturels, souligne un analyste du site français Contrepoints.


C'est pourquoi l'Afrique doit développer son industrie manufacturière et le secteur des services pour espérer réussir son décollage économique, disent des économistes.


Tout est possible. L'Europe a aussi réussi son décollage économique à compter du XVIIIe siècle.


Mais sur le continent européen, ce décollage a fait coïncider trois tendances lourdes: une révolution agricole, une explosion démographique (avec des surplus de population qui ont été en bonne partie «exportés» en Amérique du Nord) et une révolution industrielle.


L'Afrique peut révolutionner son agriculture, mais elle ne pourra pas exporter ses surplus démographiques ailleurs dans le monde, au premier chef en Europe. L'époque de la colonisation est révolue.


La clé du succès économique de l'Afrique réside donc dans sa révolution industrielle.


Au plan économique, ce continent a déjà fait des progrès remarquables.


Depuis 15 ans, le PIB de l'Afrique progresse à plus 6% par année en moyenne, soit à peu près deux fois plus vite que celui de l'économie mondiale.


Dans une analyse, la Banque Mondiale souligne que des pays asiatiques ont réussi dans le passé leur décollage économique avec une population très jeune, comme la Corée du Sud. La Chine est aussi un success story.


Si les entreprises étrangères continuent d'investir en Afrique et que le continent mise sur la fabrication locale (et pas seulement sur l'exportation de ses ressources naturelles), l'Afrique a plus de chance de réussir son décollage économique.


Peut-être pourrons-nous un jour acheter des produits de consommation affichant le label Made in Africa.


À vrai dire, nous avons tous intérêt à ce que l'Afrique réussisse son décollage économique et qu'elle suive l'exemple de la Chine, et ce, pour des raisons humanitaires, économiques et politiques.


Car un échec serait une catastrophe pour l'Afrique. Et pour le reste du monde.

À propos de ce blogue

Dans son analyse hebdomadaire Zoom sur le monde, François Normand traite des enjeux géopolitiques qui sont trop souvent sous-estimés par les investisseurs et les exportateurs. Journaliste au journal Les Affaires depuis 2000 (il était au Devoir auparavant), François est spécialisé en commerce international, en entrepreneuriat, en énergie & ressources naturelles, de même qu'en analyse géopolitique. François est historien de formation, en plus de détenir un certificat en journalisme de l’Université Laval. Il a réussi le Cours sur le commerce des valeurs mobilières au Canada (CCVM) de l’Institut canadien des valeurs mobilières et il a fait des études de 2e cycle en gestion des risques financiers à l’Université de Sherbrooke durant 15 mois. Actuellement, il est inscrit au MBA à temps partiel à l'Université de Sherbrooke. Depuis une vingtaine d’années, François a réalisé plusieurs stages de formation à l’étranger: stage à l’École supérieure de journalisme de Lille, en France (1996); stage auprès des institutions de l'Union européenne, à Bruxelles (2002); stage auprès des institutions de Hong Kong (2008); participation à l'International Visitor Leadership Program du State Department, aux États-Unis (2009). En 2007, il a remporté le 2e prix d'excellence Caisse de dépôt et placement du Québec - Merrill Lynch en journalisme économique et financier pour sa série « Exporter aux États-Unis ».

François Normand

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