Le futur de la collaboration: vers l'hyperconnectivité

Publié le 30/10/2018 à 11:01

Le futur de la collaboration: vers l'hyperconnectivité

Publié le 30/10/2018 à 11:01

BLOGUE INVITÉ. L’avenir est mystérieux! La symbiose éventuelle de l’intelligence artificielle, des objets connectés, des ordinateurs quantiques, de la technologie blockchain façonneront de nouveaux modèles de collaboration. Ces nouveaux modèles simplifieront nos vies. Ce fusionnement qui est déjà en cours rend possible un grand nombre d’opportunités. Les assurtech, les fintechs et les regtechs affluent d’un peu partout dans le monde. Comme je l’ai mentionné dans mon article précédent, plusieurs modèles et processus sont à revoir. 


Les nouvelles technologies ont toutes un dénominateur commun: la création, la gestion ou le stockage d’éléments de données. Les données, à l’image de ce qu’est le carburant pour un moteur, sont la source d’énergie pour faire fonctionner, voire faire vivre les processus de nombreuses entreprises. Pensons, par exemple, à une assurance intelligente qui devra avoir accès aux différents objets connectés chez moi ou aux entreprises qui voudront avoir accès à mon Apple Watch pour faire de l’apprentissage automatique (machine learning). Les données volumineuses ne cessent de croître. Les grandes entreprises se livrent présentement à «une guerre des données».


Dans certains cas, le stockage et la gestion de ces données se feront en utilisant une logique de chaîne de blocs. Les puristes blockchain s’entendent pour dire qu’il y aura, pour chaque secteur d’activité, un seul réseau blockchain. De mon côté, je dirais que seuls certains marchés sont susceptibles de fonctionner ainsi et qu’un niveau important de collaboration numérique sera requis entre les différents acteurs d'une industrie pour y parvenir.


Par exemple, en septembre 2017, une entreprise de Londres a programmé un réseau distribué pour la gestion des diamants. Peu de temps après, on comptait déjà 1,6 million de diamants enregistrés sur le réseau. On comprend que ce genre de mise en place nécessite une grande collaboration provenant des acteurs principaux du secteur.


Quel type de collaboration nos entreprises devront-elles développer pour tirer leur épingle du jeu? Je le répète, l’enjeu principal lors de la création d'un réseaux blockchain est de normaliser le modèle de partage des données. La collaboration est donc primordiale.


Travailler ensemble autour d’une vision commune 


Il y a plusieurs façons de collaborer quand on a une vision commune.


Comme l’a dit le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, en Europe, lors de la promotion du Coopérathon - la plus grande compétition d’innovation ouverte au monde -, «vous êtes des générateurs d’espoir, il faut être intelligents ensemble».


Plus précisément, en faisant référence à M. Cormier, comment pourrions-nous arriver à une meilleure collaboration numérique en étant plus intelligents ensemble?


Les gouvernements et les grandes entreprises doivent rendre plus disponibles leurs données/nos données non sensibles. La création de consortiums en recherche et développement peut permettre de définir de nouveaux modèles d’affaires collaboratifs. Mais le plus simple serait que les grands joueurs collaborent davantage avec les start-up, qui sont souvent plus agiles.


En ce qui concerne les gouvernements, on a constaté récemment, à l’échelle de la planète, l’émergence des «e-gouvernements». Il y a différentes phases d’évolution pour arriver à un gouvernement branché. En Estonie, par exemple, de nombreux services citoyens et services aux entreprises sont maintenant disponibles en ligne. À la suite de la mise en place d’une identité virtuelle et de ces processus plus connectés, de nouveaux services simplifiés ont pu en découler. D’autant plus qu’avec l’arrivée des «entrepreneurs conscients», on voit de très beaux modèles, comme le recyclage du plastique en échange de points, de services ou de cryptomonnaie.


Cela me fait penser à un autre domaine où la gestion de données est également cruciale. Flinks, une entreprise de Montréal, rend possible depuis peu la connexion aux comptes de banque. En d’autres mots, Flinks permet de connecter différents types d’applications aux nombreuses institutions financières. Selon moi, c’est un des premiers ponts numériques et un des plus importants. Ce pont numérique a par la suite permis la création d’entreprises comme Mylo, Wealthsimple et autres. Cet exemple concret démontre que la collaboration de David et Goliath peut permettre la création de nouveaux modèles d’affaires, la simplification de certains processus et l’optimisation de l’expérience utilisateur. 


Il faudra collectivement développer ce genre de pont numérique pour les autres services d’envergures qui sont moins flexibles.


La SAAQ, à titre d’exemple, gagnerait à devenir plus «branchée». Cela aurait pour effet de créer de nouvelles occasions d’affaires et ainsi offrir de nouveaux services facilitant la vie des utilisateurs. Cette grappe de services connexes pourrait inclure des technologies de type blockchain. Entre autres, dans le cadre de contrats intelligents reliés au domaine automobile, les données nécessaires à titre de carburant proviendront d’entités comme la SAAQ et les institutions financières.


Pour concevoir de bonnes applications blockchain, les sources de données doivent être plus ouvertes, les entités maîtresses doivent collaborer en offrant des ponts numériques, la standardisation des données doit être faite en amont et l’expérience utilisateur doit être fluide.


L’écosystème blockchain est fortement transformé par des projets exploratoires mondiaux. Les nouvelles entreprises hyperconnectées qui vont émaner de cette évolution technologique pourront profondément influencer nos processus actuels.


C’est pourquoi il est important de comprendre cette nouvelle technologie, d’explorer les possibilités et surtout d’analyser les occasions de collaborations offertes.


 

À propos de ce blogue

Internet a permis de rapprocher différentes parties. La blockchain (chaîne de blocs) permettra d’ajouter de la confiance entre elles. Énormément d’industries seront bouleversées par cette technologie, drastiquement, dans leur processus comme dans leur modèle d’affaires. Francis Nadeau est PDG chez HydraLab, une société offrant des solutions blockchain pour entreprises, et cofondateur du Blockchain Hub Québec. Il nous parle en termes concrets des défis, tendances et occasions d’affaires en lien avec cette nouvelle technologie.

Francis Nadeau