La diversité : gage de succès pour les entreprises!

Publié le 27/03/2014 à 09:56

La diversité : gage de succès pour les entreprises!

Publié le 27/03/2014 à 09:56

Depuis les derniers mois, la notion de diversité en milieu de travail n’a jamais été autant à l’avant-plan. Pensons simplement au projet de loi n° 60 (Charte de la laïcité). Toutefois, loin d’être seulement une question de différences de langue, de race ou de religion, la diversité a de multiples visages. Peut-être croyez-vous que vous n’avez pas à vous soucier de cette question dans votre organisation. Pourtant, la diversité est partout!

Le tissu social du Québec d’aujourd’hui est marqué par la diversité. Cette caractéristique s’accentuera sans doute au cours des prochaines années et se transposera immanquablement sur le marché du travail. Le défi que nombre d’organisations doivent relever actuellement en matière d’embauche est loin de s’essouffler. D’ailleurs, Emploi Québec estime que le marché de l’emploi devra accueillir près de 1,4 million de travailleurs au cours des dix prochaines années. Pour y arriver, le Québec aura besoin de toute sa force de travail, qu’elle soit immigrante, jeune, âgée ou handicapée. Par exemple, il est estimé que les personnes de 65 ans et plus représenteront 7 % des nouveaux travailleurs québécois d’ici 2021.

Comme cela se vit-il dans une organisation?

Vivre la diversité au sein d’une organisation, c’est pouvoir accepter ce qui rend chaque travailleur unique, que cela soit visible à l’œil nu ou pas. En ce sens, elle ne s’arrête pas à une question de race ou de culture; elle inclut le sexe, l’âge ou le handicap. Bref, la diversité n’est pas exclusivement personnifiée par monsieur Tremblay ou monsieur Hamad! Elle est présente dans toutes les organisations du Québec, de Montréal à Ville de Saguenay en passant par Sept-Îles et Boucherville.

Le meilleur exemple est la diversité basée sur le sexe, ou l’égalité entre les hommes et les femmes dans les organisations. Cette forme de diversité est celle qui a le plus progressé au cours des dernières décennies au Québec. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la proportion des emplois occupés par des femmes au Québec s’élevait à 47,7 % en 2012, alors qu’elle était de 35,4 % il y a 36 ans (Institut de la statistique du Québec, mars 2013). C’est dire que les femmes sont présentes en nombre de plus en plus grand sur le marché du travail.

Pourtant, il y a encore beaucoup de travail à faire sur le plan de la diversité homme/femme dans les milieux de travail. Un des meilleurs exemples est sans doute la faible représentation des femmes dans les conseils d’administration et à des postes de gestionnaire de haut niveau. En effet, nous apprenions récemment que les conseils d’administration québécois sont composés de seulement 20 % de femmes (Catalyst).

La diversité générationnelle est aussi en large progression. Il n’est plus rare de voir au sein d’une même organisation et même d’une même équipe de travail quatre générations de travailleurs se côtoyer. C’est du jamais vu! Toutefois, cela ne se fait pas sans certains heurts. Les stéréotypes accolés aux diverses générations le démontrent bien. On a même inventé le terme « âgisme » pour décrire la discrimination basée sur l’âge.

Pourquoi faire place à la diversité?

La diversité pour une organisation, tout comme pour une société d’ailleurs, est un élément qui est complexe à gérer. Mais pourquoi s’en soucier alors? Pourquoi ne pas plutôt laisser le temps faire son œuvre? C’est simple, la diversité à l’intérieur d’une organisation, c’est payant.

D’ailleurs, plusieurs études le démontrent et les experts de la question sont unanimes, la diversité au sein d’une équipe de travail a un effet important sur son efficacité, sa productivité et sa créativité. La diversité a également un effet positif sur le service à la clientèle. Car si la population du Québec se diversifie, la clientèle des entreprises aussi. Avoir dans son équipe des gens de diverses cultures, de plusieurs générations ou de sexe différent permet de mieux comprendre les besoins et les réalités de la clientèle et, ultimement, de mieux y répondre.

Les milieux de travail deviendront, à l’image du Québec, plus diversifiés que jamais. Qu’en est-il du vôtre?

 

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Florent Francoeur, CRHA est président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés depuis 1992. Sous sa direction, l’Ordre est passé de 800 à plus de 11 000 membres et a notamment obtenu le Grand Prix québécois de la qualité en 2005 et en 2008. Administrateur de société certifié, monsieur Francoeur siège au conseil d’administration de la Commission des normes du travail et de la Commission des partenaires du marché du travail. Il est également vice-président de la Commission de la fonction publique de la ville de Montréal. De plus, il a été le premier Canadien à présider la World Federation of Personnel Management Associations (WFPMA), de 2006 à 2008.

Il préside les comités de gouvernance du Conseil interprofessionnel du Québec, l’organisme qui représente les 46 ordres professionnels québécois, et de la Commission des normes du travail. Il siège aussi au comité consultatif de deux sociétés privées. 

À propos de ce blogue

Florent Francoeur, CRHA est président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés depuis 1992. Sous sa direction, l’Ordre est passé de 800 à plus de 11 000 membres et a notamment obtenu le Grand Prix québécois de la qualité en 2005 et en 2008. Monsieur Francoeur a donné, au fil des années, des centaines de conférences et d’entrevues mettant en valeur les bonnes pratiques de gestion du personnel et de relations du travail dans les organisations.

Florent Francoeur

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