Il était une fois les indemnités de départ...

Publié le 12/12/2012 à 16:17

Il était une fois les indemnités de départ...

Publié le 12/12/2012 à 16:17

BLOGUE. Votre cousin Gilles travaillait pour la même entreprise depuis près de vingt ans. Récemment, il a été mêlé à une histoire pas très nette reliée à son travail. D’après les rumeurs, des enveloppes d’argent auraient été échangées contre certains avantages consentis par le service dont il était le principal gestionnaire. Impossible de savoir si Gilles était au courant de ce genre de pratique et encore moins s’il a été lui-même impliqué dans l’affaire. Une chose est certaine, des membres de son équipe ont commis des actions condamnables. Sous la pression des actionnaires de l’entreprise et de ses collègues, Gilles a pris la décision de démissionner.

Lorsque vous avez demandé à Gilles s’il était à la recherche d’un emploi, il vous a dit que son ex-employeur lui a versé l’équivalent de plus d’un an de salaire à titre indemnité de départ. Approchant de l’âge de la retraite et désireux de prendre un moment pour réfléchir à sa carrière, Gilles vous indique qu’il ne cherche pas activement d’emploi pour le moment.

Cette histoire vous rappelle-t-elle des événements récents? Évidemment, c’est voulu!

Il y a en effet quelques parallèles à faire entre l’histoire de Gilles et ce qui se passe dans le monde municipal en ce moment. L’octroi d’une indemnité de départ est une pratique relativement répandue au Québec, dans les secteurs tant privé que public. Dans le secteur de la politique municipale québécoise, cela fait même l’objet d’une loi.

Pourquoi verser une indemnité de départ? La plupart du temps, l’indemnité sert à compenser la perte de salaire subie pendant que l’individu cherche un nouvel emploi. Parfois, elle vise à le remercier pour son travail au service de l’entreprise... ou de la société dans le cas d’un politicien.

Dans le secteur privé, l’indemnité de départ est offerte habituellement en cas de congédiement ou lorsque l’entreprise ferme ses portes. Néanmoins, il arrive souvent, comme dans le cas de Gilles, que l’employeur verse une indemnité de départ à un employé « forcé » de quitter l’entreprise.

La Loi sur les normes du travail (LNT) prévoit qu’une indemnité de départ allant de une à huit semaines de salaire (en fonction de son ancienneté dans l’entreprise) doit être versée au travailleur si celui-ci n’a pas été avisé dans un délai suffisant qu’il était congédié ou licencié. C’est donc dire que tout le monde a droit à une indemnité de départ ou à un délai raisonnable pour réajuster sa situation professionnelle. La LNT ne prévoit toutefois rien de particulier quand un travailleur démissionne de son emploi. Dans ce cas, la Loi oblige l’employeur à verser à l’individu l’équivalent de son allocation de vacances, soit 4 % ou plus selon son ancienneté ou son contrat de travail.

Pour ou contre les indemnités de départ? Selon moi, les gens ne sont pas fondamentalement choqués par le fait que des travailleurs reçoivent une indemnité de départ. Vous serez même probablement d’accord avec moi que cette pratique est souvent nécessaire. Pensons notamment à l’entreprise Mabe qui fermera ses portes en 2014. Nous espérons tous qu’une indemnité de départ sera versée aux travailleurs de cette entreprise lorsqu’elle fermera officiellement.

Toutefois, compte tenu de tout ce qui a été dit sur Montréal et Laval et, surtout, lorsque c’est l’argent des contribuables qui est en jeu – notre argent –, il est normal que la question nous rende un peu moins compatissants.

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À propos de Florent Francoeur

Florent Francoeur, CRHA est président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés depuis 1992. Sous sa direction, l’Ordre est passé de 800 à plus de 11 000 membres et a notamment obtenu le Grand Prix québécois de la qualité en 2005 et en 2008.

Administrateur de société certifié, monsieur Francoeur siège au conseil d’administration de la Commission des normes du travail et de la Commission des partenaires du marché du travail. Il est également vice-président de la Commission de la fonction publique de la ville de Montréal. De plus, il a été le premier Canadien à présider la World Federation of Personnel Management Associations (WFPMA), de 2006 à 2008.

Monsieur Francoeur a donné, au fil des années, des centaines de conférences et d’entrevues mettant en valeur les bonnes pratiques de gestion du personnel et de relations du travail dans les entreprises.

 

À propos de ce blogue

Florent Francoeur, CRHA est président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés depuis 1992. Sous sa direction, l’Ordre est passé de 800 à plus de 11 000 membres et a notamment obtenu le Grand Prix québécois de la qualité en 2005 et en 2008. Monsieur Francoeur a donné, au fil des années, des centaines de conférences et d’entrevues mettant en valeur les bonnes pratiques de gestion du personnel et de relations du travail dans les organisations.

Florent Francoeur

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