Votre organisation doit-elle passer en mode DevOps ?

Publié le 21/09/2018 à 09:57

Votre organisation doit-elle passer en mode DevOps ?

Publié le 21/09/2018 à 09:57

Après Lean, Kanban, Agile, Scrum, voilà que c’est au tour de la méthode DevOps de susciter l’intérêt et la curiosité des gestionnaires de TI dans les organisations. Plusieurs ont déjà passé à l’action. D’autres se questionnent sérieusement : leur entreprise doit-elle ou non adopter ce mode apparu en 2010 pour demeurer compétitive face à la concurrence ?


De l’avis de Conor Delanbanque, fondateur et organisateur du mouvement Future of DevOps Debate Group, la réponse est sans équivoque : oui, il le faut. « Les organisations qui veulent devancer la compétition ne peuvent plus se permettre de faire du surplace. Elles doivent adopter cette méthodologie qui favorise la collaboration entre les équipes de développement et d’exploitation pour les solutions TI », a signalé cet expert new-yorkais, invité lors du Forum TI DevOps, présenté par les Événements Les Affaires, le 12 septembre dernier, à Montréal. Selon la firme Gartner, a ajouté M. Delanbanque, les gestionnaires qui ne modifieront pas leurs aptitudes d’ici 2020, perdront leur rôle de leader technologique au sein de leurs organisations.


Toutes les entreprises sont concernées


« Et ce n’est pas seulement l’affaire de Netflix, Google ou Amazon. Cette méthodologie permet à tout type d’entreprise d’agir plus rapidement », a-t-il tenu à clarifier. En effet, les principes Devops ont pour avantage de soutenir des cycles de développement plus courts ainsi qu’une augmentation de la fréquence des déploiements et des livraisons continues. L’exercice se traduit par une meilleure atteinte des objectifs économiques de l'entreprise.


Quelles sont actuellement les organisations qui adoptent le mode DevOps? « Ce sont principalement les entreprises technologiques qui représentent 34% des adeptes», a fait savoir M. Delanbanque. Suivent les institutions financières à 14% et le commerce de détail à 7%. « Les secteurs manufacturier et industriel, les entreprises à but non lucratif, ainsi que celles du domaine de la santé, comptent pour moins de 5% chacun », a indiqué ce spécialiste. Notez, a tenu toutefois à souligner M. Delanbanque, passer en mode Devops n’a rien d’une sinécure. « C’est un long processus. Et si quelqu’un vous dit que c’est facile, il vous ment », a-t-il dit.


Vivement un mentor DevOps


À ce propos, Frédéric Poliquin, conseiller en architecture de système de l’Université Laval, conférencier invité, peut témoigner. Lui et son équipe ont récemment implanté la méthode DevOps afin de réaliser le vaste projet Prisme. Entrepris par la direction des technologies de l’information de l’Université Laval, ce projet de plus de 10 M$ est une refonte complète de la plateforme d’apprentissage en ligne. Cet outil vise à créer un écosystème de formation réunissant étudiants, professeurs, chercheurs, professionnels et entrepreneurs. Il formera plus de 40 000 étudiants.


« Compte tenu de l’ampleur de ce projet et de son échéancier, notre équipe est passée de 15 à 60 personnes. Afin de demeurer agile et performant, nous avons eu l’idée d’adopter le mode DevOps. On a formé de petites équipes de 6 à 8 personnes autonomes » a raconté M. Poliquin.


Au début, ça allait bien. Mais un manque de leadership, des conflits internes, des résistances aux changements et surtout un manque de communication ont rendu l’exercice boiteux. « Ce n’est pas qu’on s’est planté, mais la recette qu’on utilisait ne convenait pas. Après quelques mois, on ne savait même pas si on respectait les échéanciers », a avoué cet expert en TI.


Pour y voir plus clair, l’équipe de M. Poliquin a fait appel à un mentor DevOps. « Nous avons redécoupé le travail en épopées et en récits. Nous avons mis en place un système de planification réparti sur 10 semaines, axé sur les engagements et les objectifs des équipes. Bref, tout va pour le mieux maintenant. À tel point que d’autres équipes TI à l’université veulent s’inspirer de notre méthode DevOps », a souligné Frédéric Poliquin.


Même Revenu Québec y goûte


Revenu Québec est, lui aussi, passé en mode DevOps depuis deux ans. Trois membres de la direction générale du traitement et des technologies (DGTT) chez Revenu Québec se sont présentés sur scène pour partager comment l’aventure DevOps se déroulait chez eux.


Evènements Les Affaires


Le directeur Patrice Alain a d’abord résumé en quoi consiste cette colossale organisation qui compte plus de 12 000 employés, plus de 200 systèmes et 8 millions de clients. Il a précisé qu’outre les impôts et les taxes, son organisation veille également aux programmes sociaux fiscaux, à la gestion des pensions alimentaires, le registre des entreprises et aux biens non réclamés. En somme, Revenu Québec souhaite améliorer sa vélocité grâce à DevOps.


Bien que l’organisation s’inspire de bonnes pratiques, elle implante actuellement sa propre recette DevOps sans brusquer ses équipes. « Pour le moment, ce sont les équipes les plus « motivées » et les plus matures en agilité qui adhèrent à la méthodologie », a précisé Valérie Morel, cheffe du service de la transition. Comment faire augmenter ce nombre? Les équipes de ressources humaines et des communications ont été appelées en renfort, a ajouté Frédérick Lussier, chef de service DGTT et service de l’évolution du cadre de développement. 


À propos de ce blogue

En coulisses est le blogue des Événements Les Affaires. Nous vous proposons un accès privilégié aux meilleures pratiques de la communauté d’affaires québécoises qui sont partagées lors de nos conférences. Chaque semaine, nous discutons avec certains des gestionnaires qui ont accepté d’être conférenciers à nos événements, afin de vous présenter des idées concrètes pour vous aider dans votre réflexion et répondre à vos préoccupations d'affaires.

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