Maibec : un virage 4.0 qui a sauvé l’usine d’une fermeture

Publié le 15/01/2018 à 13:14

Maibec : un virage 4.0 qui a sauvé l’usine d’une fermeture

Publié le 15/01/2018 à 13:14

Maibec

Se spécialiser dans la production de matières qui sont boudées par les grandes entreprises peut être payant. Très payant. Mais encore faut-il savoir identifier ces produits niches. Et bien connaître les clients qui en veulent. Un défi que relève avec brio le Complexe de bois, l’une des 5 usines de l’entreprise Maibec, à Saint-Pamphile, grâce à son virage 4.0 entrepris il y a 12 ans.

« Nous n’avions pas le choix. Les surtaxes américaines affectaient, et affectent encore notre industrie. Plus du tiers des usines comme la nôtre ont dû fermer leurs portes au cours des 15 dernières années. On devait trouver une solution pour maintenir nos 140 emplois. On s’est tourné vers une toute nouvelle stratégie : la maîtrise de nos procédés par l’information. Ce que tout le monde appelle aujourd’hui : l’usine 4.0 », indique Jean-Sébastien Pelletier, directeur du Complexe de bois Maibec, situé dans Chaudière-Appalaches.

M. Pelletier abordera justement les éléments de ce virage qui a sauvé son entreprise lors de la conférence Usine 4.0, présentée par les Événements Les Affaires, le 14 mars prochain à Québec.

Connaître ses forces et ses faiblesses pour mieux innover

« Notre usine produit environ 130 millions de pieds-planche de bois d’échantillon par année. Une goutte d’eau dans l’industrie nord-américaine dont la production totale annuelle représente plus de 45 milliards de pieds-planche. Dans un tel contexte, impossible d’influencer la valeur du bois. Le développement des produits niches était donc la seule solution possible », indique M. Pelletier.

Maibec, insiste-t-il, n’avait pourtant pas le budget pour se lancer dans de grandes transformations. L’entreprise est donc allée par étape pour maximiser sa production de bois d’échantillon.

Usine 4.0

Identifier les produits niches par étape

Un premier investissement, d’un peu plus de 100 000$, a servi à connecter les différents processus de séchage de bois en fonction des produits niches demandés par les clients. « Cette première étape nous a permis de développer des produits que les grandes entreprises ne fabriquaient pas. Notamment la matière pour la fabrication de revêtements de bois lambris ainsi que celle utilisée pour la production de poutre lamellée-collée », explique M. Pelletier.

Satisfaite des résultats, l’équipe du Complexe de bois a poursuivi sa maîtrise de l’information en se concentrant sur la transformation de sciage. L’objectif était d’augmenter la performance dans la production de matériau de dimensions hors-normes.

Bien connaître ses clients…et ses fournisseurs

Ce fut ensuite la mise en place d’outils, notamment une plate-forme de données de la performance de la production en temps réel, pour mieux connaître chaque client et leurs demandes spécifiques selon les périodes de l’année. Ce qui a grandement amélioré la planification de production. « Et pour réduire les surprises que peut nous réserver l’intérieur de chaque bille de bois, nous avons cartographié nos différents fournisseurs selon leur catégorie de grosseur de sapins, d’épinettes et de pins. Ce qui permet maintenant de commander du bois auprès de fournisseurs spécifiques en fonction des produits demandés par le client », ajoute M. Pelletier.

Au total, le virage 4.0 a coûté un peu plus de 1M$. « Cet investissement, étalé sur 12 ans, nous a permis de développer une expertise dans la fabrication de quelque 200 produits différents. Une décision qui a été si bénéfique que Maibec n’a pas hésité, en 2013, à investir 40M$ additionnels pour moderniser l’usine et rendre ainsi la machinerie plus agile et flexible à la production », conclut Jean-Sébastien Pelletier.

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