Innover à la vitesse grand V, un héritage de la COVID

Publié le 27/07/2020 à 17:51

Innover à la vitesse grand V, un héritage de la COVID

Publié le 27/07/2020 à 17:51

(Photo : Unsplash)

La pandémie aura forcé bien des organisations à penser à l’extérieur de la boîte. La conférence Gestion de l’innovation sera l’occasion d’entendre des témoignages d’entreprises qui se sont réinventées, de se familiariser avec des ressources et de réfléchir à l’innovation comme vecteur de compétitivité et de productivité. Présentée par les Événements Les Affaires, cette conférence se tiendra en ligne le 9 septembre prochain. Elle sera animée par Richard Chénier, directeur général de CENTECH et directeur de l’entrepreneuriat et de l’innovation technologique à l’École de technologie supérieure.

Qu’est-ce que la pandémie a permis d’apprendre sur la capacité d’innovation des entreprises?

Richard Chénier : Lorsque des changements résultent d’une situation externe comme c’est le cas avec la pandémie, ils suscitent moins de résistance. Des barrières tombent. Personne ne peut dire « On ne peut pas faire ça pour telle raison». Dans plusieurs entreprises, les décisions se sont donc accélérées. Quand on est en mode survie, on essaie des affaires qu’on ne ferait pas autrement. Si vous tombez dans un immense trou, vous allez essayer de faire un lasso avec vos lacets de souliers. Vous allez tout tenter pour sortir de là. Pendant la pandémie, des entreprises ont créé des produits qui sortaient carrément de leurs créneaux d’affaires habituels. C’était une question de survie. La COVID a appris aux entreprises qu’elles pouvaient innover rapidement.

Quels sont les freins à l’innovation en temps normal?

R.C. : Ce sont toutes les règles et les procédures qui ne sont pas adaptées à l’innovation. Souvent l’intention d’innover est bien présente, mais il y a un écart entre la volonté organisationnelle et la réalité opérationnelle. On ne peut pas faire telle chose à cause de ceci ou de cela. Il faut libérer des espaces dans l’organisation qui permettent de travailler avec des règles plus souples. Si on ne dégage pas des zones pour innover, ne serait-ce que par de petits projets pilotes, on dilue dans l’œuf la volonté d’innover. De plus, il faut se demander si on a une véritable culture d’innovation. Comment aborde-t-on les erreurs? Est-ce que le fait d’innover, d’essayer, fait partie des indicateurs de performance? Un problème commun à plusieurs organisations, c’est que les gestionnaires sont évalués sur le rendement, mais pas sur leur capacité de faire les choses autrement et d’apprendre de leurs erreurs.

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Quelle est la place de l’innovation ouverte dans un environnement d’affaires marqué par la COVID?

R.C. : C’est capital. Pour une organisation, innover seule, sans être connectée à un écosystème, c’est voué à l’échec. L’innovation ouverte ne signifie pas qu’il faut dévoiler ses secrets d’affaires, mais plutôt se laisser inspirer. Travailler avec des universités et des jeunes pousses, aller voir ce qui se passe dans d’autres secteurs que le sien, s’informer sur la façon dont des entreprises de ces secteurs ont réglé des problématiques similaires. Souvent, lorsqu’une entreprise présente un problème à des étudiants en ingénierie qui ne connaissent pas son domaine, des solutions innovantes sont trouvées. Pourquoi? Parce que la question est abordée avec des paradigmes différents. Se connecter à des sources variées accélère l’innovation.

Qu’est-ce qui va rester de la crise sanitaire?

R.C. : La première leçon à retenir pour les organisations, c’est qu’elles sont capables d’innover à vitesse grand V. Ça va devenir une référence. La COVID a aussi forcé plusieurs entreprises à remettre en question leur chaîne d’approvisionnement. Je pense que cela va accélérer le mouvement vers l’automatisation et la numérisation. C’est crucial pour augmenter la productivité et pour diminuer la dépendance à une chaîne d’approvisionnement lourde.

Quel message aimeriez-vous passer lors de votre mot d’ouverture lors de la conférence Gestion de l’innovation?

R.C. : L’innovation est à la mode. Mais innover, ce n’est pas seulement un buzz marketing. Beaucoup d’organisations disent faire de l’innovation, mais ont peu de résultats. Ce n’est pas parce que tu fais un hackathon que tu es une entreprise innovante. Il faut des changements concrets dans l’organisation.

 

 

 

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