Énergie : combien d'argent jetez-vous par les fenêtres ?

Publié le 24/09/2018 à 17:13

Énergie : combien d'argent jetez-vous par les fenêtres ?

Publié le 24/09/2018 à 17:13

Avez-vous déjà pris le temps d’analyser les factures énergétiques de votre entreprise? Combien coûtent-elles ? Êtes-vous réellement certain de payer le juste prix ? Et si une bonne partie de cette dépense pouvait plutôt servir de levier financier afin d’augmenter votre profitabilité ?

C’est ce qu’ont fait les Serres Lefort, à Sainte-Clotilde-de-Châteauguay, en 2011. Le propriétaire de ces immenses serres en Montérégie, Sylvain Lefort, s’est demandé comment il pourrait faire pour réduire sa facture énergétique qui représentait 30% des coûts de sa production. Des coûts reliés principalement aux frais de chauffage à air chaud au propane.

« L’entreprise est venue nous contacter afin de trouver une solution efficace et moins coûteuse », a indiqué Jean Gobeil, associé de la firme d’experts-conseils Gobeil Dion, une firme spécialisée en implantation de système de chauffage à la biomasse. M. Gobeil était l’un des invités lors de la conférence Efficacité énergétique, présentée par les Événements Les Affaires, le 20 septembre dernier, à Montréal.

L’installation du système à la biomasse a-t-il expliqué non seulement permis aux Serres Lefort de réduire la facture énergétique annuelle de 70%, elle a servi de tremplin financier pour que l’entreprise procède à une expansion majeure. En six ans, a raconté M. Gobeil, les Serres Lefort sont passées de 4,5 hectares de production à plus de 20. Et la moitié de ces hectares sont désormais consacrés à une production biologique. L’entreprise qui comptait 75 employés en recense aujourd’hui plus de 230. « Et plus de la moitié des investissements pour cette conversion du système de chauffage qui a coûté 12 M$ a fait l’objet de subventions (6,6 M$) », a tenu à préciser M. Gobeil.

Qui se soucie de sa facture énergétique ?

Malgré ce succès, ce type d’initiative est pourtant loin de soulever l’intérêt de la grande majorité des entreprises au pays, a souligné Pierre-Olivier Pineault, professeur titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal. « Le Canada fait figure de retardataire en matière de stratégies énergétiques. Il suffit de comparer la valeur générée par la consommation énergétique entre les entreprises canadiennes et celles de pays comme l’Allemagne et le Japon. Le fossé se creuse d’année en année », a-t-il fait savoir.

Pour chaque gigajoule dépensé, a-t-il présenté, les entreprises canadiennes manufacturières produisent en moyenne une valeur de 70$. « Pourtant, les entreprises allemandes réussissent à produire une valeur de 271$ pour le même gigajoule, c’est presque quatre fois plus », a signalé le professeur Pineau.

Certains diront que les entreprises canadiennes, vu le climat nordique, sont plus énergivores. « Mais attention, a poursuivi Pierre-Olivier Pineau, l’écart demeure également impressionnant au sein des entreprises de services. Pour chaque gigajoule consommé, les entreprises canadiennes de services produisent une valeur moyenne de 913$. C’est la moitié de ce que font les entreprises allemandes (1860$) pour la même quantité d’énergie », a illustré le professeur.

Une efficacité qui augmente les profits

En fait, la plupart des entreprises vont généralement se résigner au montant affiché sur leur facture énergétique. C’était le cas chez CAE…jusqu’à ce que le chef de service du service aux installations, David Héon, s’en mêle il y a sept ans.

L’ingénieur est parvenu à convaincre la direction de revoir complètement ses systèmes de climatisation, ventilation et chauffage. Les unités qui étaient au nombre de 161 sur le toit sont aujourd’hui réduites à 38. Au final, le fabricant de simulateurs de vol a réduit sa facture énergétique de 75%. « Des économies garanties de plus de 900 000$ par année », a souligné fièrement David Héon. Ce type de projet nécessite toutefois un coup de main extérieur, a insisté l’ingénieur Héon.

« Sans l’aide d’une firme extérieure, nous aurions assurément laissé de l’argent sur la table. Pour preuve, nous sommes allés en appel d’offres et trois firmes spécialisées en efficacité énergétique nous ont répondu. Les trois nous ont suggéré des formules dont la valeur des programmes de subventions variait entre 1,5 M$...et 3 M$ », a-t-il indiqué.

Evènements Les Affaires

De l’accompagnement pour y voir clair

Pour justement aider les entreprises à y voir plus clair, le gouvernement du Québec a mis sur pied, l’an dernier, Transition énergétique Québec (TEQ). Une organisation dont la mission est de promouvoir et stimuler la transition énergétique des entreprises de la province. Dominique Deschênes, directrice générale des opérations et de l’innovation, est venue présenter les grandes lignes du plan directeur de l’organisation pour les années 2018-2023.

Elle a souligné que les institutions financières sont prêtes à donner un coup de main aux montages bien ficelés. L’organisme souhaite également faire connaître davantage les firmes d’accompagnement et les programmes de subventions qui s’adressent aux entreprises.

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