Comment rendre votre entreprise attrayante pour les femmes

Publié le 08/04/2021 à 07:10

Comment rendre votre entreprise attrayante pour les femmes

Publié le 08/04/2021 à 07:10

Est-ce que les entreprises québécoises sauront réagir avant de perdre de précieux talents ? (Photo: Thought catalog pour Unsplash))

BLOGUE INVITÉ. Je ne suis pas une féministe militante. Je ne me suis jamais jointe aux organisations dédiées à l’avancement des femmes dans le monde professionnel.

Mais actuellement, l’impact que j’observe sur l’équilibre personnel et professionnel de la pandémie sur les femmes me fait réagir.

Selon les statistiques mesurées par Économique RBC, la participation des Canadiennes sur le marché du travail a replongé à 55 % en avril, soit son niveau le plus bas en trente ans.

Paradoxalement, la productivité des femmes en emploi n’a jamais été aussi élevée selon un sondage mondial mené par Gartner. Éviter les déplacements à l’heure de pointe, travailler plus tôt ou plus tard dans la journée et recourir à des outils jusqu’ici inutilisés sont des facteurs qui contribuent à ce gain.

Un rapport de l’ONU indique qu’à la maison, même si les hommes et les femmes voient tous leur charge de travail non rémunérée augmenter, les femmes prennent encore davantage soin des enfants, de l’enseignement, de la cuisine, du ménage et de l’épicerie.

Les femmes ont donc augmenté leur charge à la maison et leur productivité du même coup. L’impact de cette surchauffe est coûteux. Ce que j’entends des candidates ces temps-ci, peu importe leurs ambitions de carrière, c’est qu’elles sont épuisées, à bout de souffle ou veulent trouver un employeur plus compréhensif de leur réalité familiale.

Est-ce que les entreprises québécoises sauront réagir avant de perdre de précieux talents ?

 

Des politiques d’avancement claires

Un sondage de Gartner relève que 64 % des gestionnaires ont un biais selon lequel les travailleurs performent mieux au bureau qu’à la maison. Le Harvard Business Review, quant à lui, avance que ceux qui travaillent de la maison sont 5 % plus performants ! Que croire ?

Google et Goldman Sachs viennent d’annoncer qu’elles vont restreindre à compter de septembre le travail à distance. Elles estiment que ces gains en flexibilité ne dureront pas. Au mieux, les employés devront postuler pour des rôles prédéfinis s’ils veulent travailler à distance.

Si l’on se fie aux chiffres présentés plus haut quant aux habitudes de répartition de la charge familiale, il faut croire qu’il sera plus simple de retourner au bureau pour les hommes. Et de surcroît, qu’ils seront considérés comme plus performants que ceux qui restent à la maison. 

Ceci nous révèle que :

 

  1. Il est grand temps de former les gestionnaires à reconnaître leurs biais et à tenter d’en limiter l’impact sur leurs décisions.
  2.  Les mesures de performance actuelles n’ont pas suivi l’évolution du monde du travail.
  3. Si l’entreprise souhaite traiter différemment ceux qui travaillent du bureau et de la maison, elle doit en faire clairement état.

Des politiques d’avancement claires sont donc nécessaires pour les employeurs souhaitant se démarquer et retenir les talents.

 

Des avantages sociaux sur mesure

Les cartes payées de la STM, les abonnements au gym et les collations gratuites au bureau sont moins attirants en temps de pandémie. Tant qu’à repenser l’offre, visez la flexibilité radicale.

Si les mères de famille qui travaillent pour vous doivent courir pour récupérer les enfants au retour du travail, pourquoi ne pas troquer l’abonnement au gym pour quelques repas de traiteur par mois ? Cet allègement du fardeau de la fin de journée augmentera leur productivité et leur libérera l’esprit.

Vous avez probablement entendu passer l’adage selon lequel certains gestionnaires craignent encore que les femmes soient moins productives de la maison parce qu’elles font du lavage… Quoi qu’il en soit, pourquoi ne pas assumer le coût de quelques heures d’aide à la maison pour quiconque le désire ?

Au-delà des salaires, les avantages sociaux flexibles deviennent essentiels. À preuve : lancée en pleine pandémie, l’entreprise montréalaise Workind accompagne les employeurs dans une démarche bienveillante et propose des avantages sociaux personnalisés et flexibles. Si vous cherchez à savoir ce que vos employées veulent, demandez-leur !

 

L’été approche, agrandissez les carrés de sable 

Ces jours-ci, des gestionnaires chevronnées que je n’aurais jamais imaginées prêtes pour un changement de carrière se confessent: elles désirent réinventer leur contribution et leur relation au marché du travail. Cette donnée empirique ne figure pas dans les sondages pour l’instant, mais elle présage que des réorganisations radicales de carrière sont à venir.

Prenez donc les devants de la discussion. Comment vos employées voient-elles leur rôle ? Comment seraient-elles plus heureuses et motivées ? Voici quelques pistes:

 

  1. Faire un nouveau design des fonctions pour les rendre plus motivantes.
  2. Créer de nouvelles synergies entre les équipes,
  3. Favoriser la mobilité interne,
  4. Ajouter une nouvelle responsabilité qui fait sortir de sa zone de confort. Et pourquoi ne pas agrandir le carré de sable de celles qui ont envie d’explorer ?

 

Allez aussi voir ce que font vos concurrents d’ici et d’ailleurs, ils appliquent peut-être déjà des solutions novatrices dans leurs stratégies d’attraction de talents.

 

Well washing et authenticité 

Au Québec, plusieurs entreprises lancent des initiatives pour favoriser la santé mentale de leur personnel. C’est même le «nouveau normal» ! Mais ne tombez pas dans le wellness washing en croyant que vous n’avez qu’à obtenir une de ces «certifications santé» pour attirer des talents… l’effort doit être authentique.

À cet effet, je salue l’initiative des Cercles Numana, créés par la grappe québécoise des technologies. C’est un groupe d’échange et d’apprentissage sur soi dont l’objectif est de briser l’isolement et valoriser le bien-être. Chaque cohorte est composée d’experts et de participants, qui contribuent collectivement au cheminement vers le mieux-être individuel. Même des membres du C.A. de la grappe y participent !

Pourquoi ne pas débuter par là l’exploration des moyens à votre disposition pour offrir à vos employés le meilleur environnement qui soit ?

 

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