Un autre chouchou québécois puni en Bourse, Richelieu perd 7%

Publié le 04/04/2019 à 13:23

Un autre chouchou québécois puni en Bourse, Richelieu perd 7%

Publié le 04/04/2019 à 13:23

De nombreux outils de quincaillerie.

(Photo: 123rf.com)

Le PDG du distributeur Quincaillerie Richelieu a beau garder le cap sur sa stratégie à long terme, un autre trimestre décevant fait fuir certains investisseurs.

L’action de Quincaillerie Richelieu (RCH, 22,11$) chute de presque 7% à mi-séance et s’approche de son plancher annuel.

Au premier trimestre, le plus faible de l’année, les revenus, le bénéfice d’exploitation et le bénéfice par action ont raté la cible.

Le déclin de 12% du bénéfice d’exploitation (à 17,4M$) et de 14% du bénéfice par action à 0,18$ par action a particulièrement déçu.

Certains investisseurs perdent patience parce que le grossiste de quincaillerie architecturale n’a pas rencontré les attentes au cours de six des neuf derniers trimestres. Ce portrait tranche avec la croissance régulière des dernières années.


« La chute de 28% du titre par rapport à son sommet annuel de 31,59$ reflète aussi un dégonflement en règle de son multiple d’évaluation de 26 fois à 18,5 fois les bénéfices prévus. »

En d’autres mots, les investisseurs payaient le fort prix pour sa constance, son bilan sans dettes et la répartition exemplaire de son capital.

Pour les 12 derniers mois, le rendement de l’avoir des actionnaires atteint 14,9%, le rendement de l’actif 12,5% et le rendement du capital investi 15,3%, trois marques très élevées pour un grossiste.

Bien que le PDG Richard Lord s’attende à ce que l’arrivée du printemps améliore les ventes, il faudra au distributeur une nouvelle poussée de croissance pour retrouver son lustre d’antan en Bourse.

L’incertitude économique qui plane place la barre à franchir encore plus haute.

La fermeture de 27 Rona fait mal au Canada

Au premier trimestre, le grossiste a accru ses revenus de 2% à 226,2 millions de dollars, mais sans l’effet des acquisitions, les ventes reculent de 0,8%.

La fermeture de 27 magasins Rona par Lowe’s (LOW, 113,32$US) annoncée en novembre 2018 semble être en cause puisque les ventes aux détaillants canadiens en quincaillerie et aux magasins de grande surface de déco-rénovation ont chuté de 13,5% au premier trimestre.

L’hiver rigoureux a aussi joué un rôle dans la faiblesse des ventes trimestrielles. «Nous avons connu un rééquilibrage des stocks chez nos clients détaillants où les ventes ne croissent pas», a expliqué M. Lord, dans le communiqué de presse.

Richelieu avait aussi des résultats comparables difficiles à battre puisque des ventes saisonnières à un client américain de la déco-rénovation non identifié avaient gonflé les ventes du premier trimestre de 2018.

«Ce volume de ventes devrait être recouvré dans les prochains trimestres», prévoit aussi le PDG.

Sans ce sursaut temporaire de l’an dernier, les ventes aux détaillants américains auraient d’ailleurs affiché un bond de 50% au premier trimestre au lieu de décroître de 9,2%, grâce à l’ajout de nouveaux produits et de nouveaux clients, indique la société.

Le même phénomène de comparaison s’applique aussi aux ventes aux fabricants américains. Abstraction faite de la fin d’une entente d’approvisionnement avec un client important pour certains articles il y a un an, les ventes comparables aux fabricants auraient crû de 3% au lieu de baisser de 6,1% sans l’effet des acquisitions, précise la société.

Situation financière solide

La société de Montréal fait aussi valoir son fonds de roulement élevé de 333,5M$, ses flux de trésorerie libres trimestriels de 13,9M$ ainsi que la qualité de son bilan.

La dette totale de 2,5M$ se compare à des capitaux propres de 476M$.

Ses ressources financières lui permettent de poursuivre sa stratégie d’acquisitions, le versement de dividendes, le rachat de ses actions et les investissements nécessaires en TI et en équipements d’entreposage

D’ailleurs, Richelieu a mis la main sur trois petits distributeurs canadiens au premier trimestre au coût de 4,8M$. Ils ajouteront 12M$ aux revenus annuels.

L’entreprise ne semble pas pressée d’accélérer la cadence d’acquisitions pour croître plus rapidement. Le grand patron attend peut-être que le ralentissement économique lui procure de meilleures occasions.

Un autre chouchou revient sur terre

Quincaillerie Richelieu, comme plusieurs autres chouchous québécois, connait un passage à vide en Bourse, après une longue période d’appréciation qui avait gonflé son évaluation au-delà de la norme pour un distributeur efficace, mais à croissance modérée.

Le seul analyste à assurer le suivi de l’entreprise avait un cours cible de 35$ jusqu’en octobre 2018.

Maintenant que le multiple cours-bénéfice s’est dégonflé, le parcours du titre en Bourse dépendra plus que jamais sur sa performance fondamentale.

Des actionnaires institutionnels semblent disposés à patienter. Mawer Investment Management de Calgary conserve son bloc 15,7%, tandis que la Newyorkaise Neuberger Berman et les Québécoises Fiera Capital et Van Berkom et Associés ont récemment ajouté à leur placement.

Un admirateur de Richelieu, Alain Robitaille, vice-président et gestionnaire de portefeuille pour Desjardins Gestion de patrimoine, a aussi profité de la faiblesse des derniers mois pour acheter d’autres actions.

 

À propos de ce blogue

La Sentinelle de la Bourse se veut un blogue pour les investisseurs qui s¹intéressent aux rouages de la Bourse et aux marchés financiers. Son objectif : surveiller et débusquer des repères financiers pertinents pour prendre le pouls des Bourses et ainsi mieux aiguiller les décisions de placement de l¹investisseur.

Dominique Beauchamp
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