Le plancher au deuxième trimestre, selon les pros

Publié le 01/04/2020 à 08:00

Le plancher au deuxième trimestre, selon les pros

Publié le 01/04/2020 à 08:00

La majorité des pros estiment que la Bourse américaine n’a pas encore atteint l'ultime plancher du marché baissier, mais la moitié d’entre eux l’attendent au deuxième trimestre.

C’est ce qui ressort du plus récent sondage trimestriel que tient la Banque Scotia auprès d’une centaine de ses clients institutionnels répartis en Amérique du Nord, en Amérique latine et en Asie.

En effet, moins de 10% des financiers sondés croient que le niveau de 2237 du 23 mars pour le S&P 500 constitue le seuil qui servira de tremplin pour un rebond durable.

Quelque 35% des répondants l’attendent en avril et une autre proportion de 26% en mai, selon le sondage produit entre les 25 et 30 mars.

Malgré tout, 52% des pros disent avoir commencé à racheter des actions même si la Bourse n’a pas fini son mouvement baissier. «Il semble que plusieurs se sont pincés le nez et ont acheté lorsque la Bourse avait reculé de presque 35%», évoque Hugo Ste-Marie, analyste de Banque Scotia.

Parmi ceux qui restent sur les lignes de côté, 30% se tiennent prêts à acheter progressivement bientôt alors que 38% préfèrent attendre que la Bourse trouve un point d’appui plus solide avant d’acheter des actions.

Quelque 15% des pros en mode attente prévoient racheter des actions lorsque la Bourse montrera plus de signaux d’un rebond durable tandis que 17% d’entre eux n’ont pas l’intention d’ajouter à leurs placements en actions à l’heure actuelle.

Environ 39% des financiers sondés croient que le plancher boursier coïncidera avec le pic des nouvelles infections COVID-19, comme ce fut le cas lors de pandémies précédentes.

Le quart d’entre eux estiment plutôt qu’il faudra attendre que les entreprises reprennent leurs activités avant que la Bourse reparte à la hausse.

Secteurs préférés

Les secteurs les plus aimés dans un horizon de 12 mois sont ceux de la technologie et de la finance. «Le secteur de la technologie revêt des attributs offensifs et défensifs que les pros apprécient. Ces titres baissent moins que le marché quand il chute et ils remontent davantage lorsque la Bourse rebondit», indique M. Ste-Marie.

Quant au secteur bancaire, il est plus intéressant dans un horizon de 12 à 18 mois, ajoute l’analyste. Les titres ont beaucoup baissé, mais les prochains mois seront difficiles.

Les prêts aux entreprises et aux particuliers augmenteront, dit-il, mais la rentabilité de ces prêts sera modeste à cause du faible écart entre les taux à court et à long terme qui détermine les marges d’intérêt. En plus, les provisions et les pertes sur prêts grimperont.

Sumit Malhotra, analyste de Banque Scotia vient d’ailleurs de réduire de 15% ses prévisions de bénéfices pour les grandes banques canadiennes en 2020, de 14% celle pour 2021 et de 9% celles pour 2022 parce que les faibles taux persisteront plus longtemps que prévu.

M. Malhotra s’attend à ce que les pertes sur prêts passent rapidement de 0,37% de l’ensemble des prêts au premier trimestre à 0,72% au cours des deux prochains trimestres, avant de retomber à 0,51% en 2021. Lors des récessions antérieures, ce processus s’était étalé sur plusieurs trimestres.

Le secteur de l’énergie, qui était en tête des industries préférées au début de l’année, tombe au milieu du peloton.

«Bien que le cours du pétrole et les titres des pétrolières soient déjà déprimés, les investisseurs perdent patience avec ce secteur trop volatil et qui est aussi de plus en plus impopulaire pour des raisons éthiques», explique aussi M. Ste-Marie.

L’industrie des télécommunications et les fonds de placement immobilier sont les deux secteurs les moins susceptibles de mieux performer que le S&P 500, au cours des 12 prochains mois, selon les pros sondés.

Plus de 80% des pros estiment que les prévisions de bénéfices sont trop optimistes au Canada et aux États-Unis. Cette proportion tombeà 50% pour les prévisions de profits pour l’Amérique latine.

Le principal risque appréhendé

Sur le plan économique, presque 60% des répondants prévoient que les indicateurs PMI de l’activité manufacturière auront regagné le terrain perdu d’ici 12 mois, un peu partout dans le monde.

C’est pourquoi plusieurs pros s’attendent à ce que le cours des matières premières, les marchés de l’Amérique latine et les taux remontent d’ici un an, croit M. Ste-Marie.

Les facteurs de risque cités ne sont pas ceux que l’on aurait imaginé non plus.

Les pros craignent surtout une remontée des taux et des cours des matières premières, un scénario d’inflation pour lequel leurs portefeuilles ne sont pas positionnés.

«Cela suggère que les portefeuilles ont beaucoup de placements dans les industries qui bénéficient de la rechute des taux», avance l’analyste de Banque Scotia.

À propos de ce blogue

La Sentinelle de la Bourse se veut un blogue pour les investisseurs qui s¹intéressent aux rouages de la Bourse et aux marchés financiers. Son objectif : surveiller et débusquer des repères financiers pertinents pour prendre le pouls des Bourses et ainsi mieux aiguiller les décisions de placement de l¹investisseur.

Dominique Beauchamp
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