L'ombre de l'inflation

Publié le 08/04/2011 à 09:49, mis à jour le 08/04/2011 à 11:51

L'ombre de l'inflation

Publié le 08/04/2011 à 09:49, mis à jour le 08/04/2011 à 11:51

Il ne se passe pas une journée sans qu’une entreprise n’annonce une hausse de ses prix de vente, afin de refiler l’augmentation de ses coûts provoquée par le bond des cours des denrées.


Le confectionneur de chocolat Hershey augmente ses prix de 10 % ; le fabricant de t-shirts Gildan a accru ses prix de presque 20 % depuis un an ; Tim Hortons vient de prévenir qu’il devra de nouveau augmenter les prix de certains produits ; le président de Wal-Mart a prévenu que les consommateurs doivent se préparer à des prix plus élevés.


La multiplication de ces hausses de prix fait craindre un retour en force de l’inflation qui tuera dans l’œuf la lente reprise de la consommation aux États-Unis, qui grugera les marges bénéficiaires des entreprises, qui fera grimper les taux d’intérêt et qui étouffera l’ascension boursière.


Les argentiers de la Réserve fédérale ont débattu de cette menace lors de leur dernière réunion. Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale, assure avoir l’inflation à l’œil, mais croit que la hausse récente des prix est un phénomène «  transitoire ».


Stéfane Marion, économiste en chef et stratège chez Financière Banque Nationale est d’accord avec lui. Il ne peut y avoir de transmission de la hausse des prix des denrées à l’inflation de base, sans une augmentation des demandes salariales.


Or, les salaires augmentent seulement lorsque le chômage est faible, les salariés ayant alors le pouvoir de demander des ajustements au coût de la vie. écrit-il. Ce qui n'est pas le cas actuellement, comme le démontre le graphique c--haut.


L’indice qui mesure les prix des articles qui fluctuent le plus indique en effet que les forces de désinflation sont derrière nous. Ce changement de régime fera toutefois plus de mal aux obligations qu’aux actions, car les gouvernement adopteront des politiques monétaires moins accommodantes, indique Pierre Lapointe, stratège mondial de Brockhouse Cooper.


«  Nous sommes encore dans une phase du cycle économique pendant laquelle la croissance est solide et l’inflation est encore modérée, une période historiquement favorable aux actions », dit M. Lapointe.


Les secteurs de l’énergie, des matériaux et de la finance performent le mieux lorsque l’inflation augmente. Ces trois secteurs affichent en effet la plus forte corrélation avec l’inflation parmi les industries de l’indice mondial MSCI.


En revanche, les secteurs de la santé et des services aux collectivités fluctuent en sens contraire de l’inflation.


L’inflation devient un problème pour le secteur de l’énergie lorsque le taux de base (sans l'essence et les aliments) américain franchit la barre de 3 %, précise M. Lapointe.  « Il faudra probablement attendre au moins un an avant de voir un tel taux d’inflation de base », ajoute-t-il.

À propos de ce blogue

La Sentinelle de la Bourse se veut un blogue pour les investisseurs qui s¹intéressent aux rouages de la Bourse et aux marchés financiers. Son objectif : surveiller et débusquer des repères financiers pertinents pour prendre le pouls des Bourses et ainsi mieux aiguiller les décisions de placement de l¹investisseur.

Dominique Beauchamp
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