Comment les pros se positionnent deux semaines avant la rentrée

Publié le 18/08/2021 à 09:00

Comment les pros se positionnent deux semaines avant la rentrée

Publié le 18/08/2021 à 09:00

ANALYSE. Comment les pros se positionnent deux semaines avant la rentrée? Le sondage mensuel des gestionnaires mondiaux de BofA Securities ne nous apprend rien de nouveau, mais il donne le pouls des attentes des pros avant la grande rentrée de septembre de Wall Street.

Essentiellement, les gestionnaires de portefeuille craignent que le meilleur soit passé pour la cadence de la reprise mondiale et américaine ainsi que la croissance des profits. Ce faisant, ils sont plus prudents tout en restant investis en Bourse.

La propagation du variant Delta, le grand nombre de citoyens encore non vaccinés sur la planète, le sérieux tour de vis de la Chine pour freiner l’influence de ses titans techno, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement, en plus de la fin prochaine de plusieurs programmes gouvernementaux de soutien et du rachat de titres par la Fed, ont de quoi refroidir les paris cycliques en Bourse.

Ainsi, seulement 27% des répondants prévoit une accélération de l’économie mondiale, soit la plus faible proportion depuis avril 2020. En mars, cette proportion était de 91%.

Les attentes pour la croissance des profits ont aussi chuté: 41% des gestionnaires sondés entrevoient une amélioration des profits mondiaux, le moins depuis juillet 2020. Cela se compare au pic de 89%, en mars 2020. En conséquence, les pros prévoient désormais une contraction des marges pour la première fois depuis juillet 2020.

Même si le zénith de la croissance économique et de l’inflation est peut-être passé, 69% des gestionnaires prévoient que l’économie et les prix resteront au-dessus de la moyenne. Seulement 4% des pros prévoient une montée de l’inflation mondiale au cours des 12 prochains mois, soit la plus faible proportion depuis mai 2020 tandis que 65% d'entre eux croient que la hausse des prix s’avérera temporaire.

 

Un peu moins de risque

Comme c’est souvent le cas avant la rentrée, les gestionnaires ont réduit le degré de risque de leur portefeuille: seulement 9% d’entre eux disent prendre plus de risque que la moyenne par rapport au pic de 25% en février 2021.

Les pros ont légèrement augmenté l’encaisse de juillet à août, de 4,1 à 4,2%. Ils ont aussi marginalement réduit leurs placements dans les matières premières, l’énergie, les marchés émergents et les titres à petite capitalisation. Quelque 17% des pros sondés surpondèrent les matières premières par rapport au record de 29% en juillet.

Par contre, la répartition en actions reste élevée et privilégie encore les banques, les producteurs de matières premières et les actions européennes bien que les pros aient ajouté aux placements dans les secteurs de la santé, l’assurance et les services aux collectivités.

Quelque 54% des gestionnaires mondiaux surpondèrent encore les actions, comparativement à la proportion record de 62% en avril. Pour la première fois depuis septembre 2020, les actions américaines redeviennent plus intéressantes pour 3% des répondants.


« La santé est le secteur favori pour la première fois depuis novembre 2020 tandis que l’énergie est retombée en défaveur pour la première fois depuis février 2021. »

Globalement, 40% des pros considèrent que la technologie est encore trop populaire bien que l’investissement responsable, les paris contre la Chine et contre la hausse des taux américains sont trois autres placements pour lesquel les gestionnaires perçoivent un trop grand engouement. Les matières premières et le bitcoin sont tombés au bas du peloton des placements jugés trop courus par les pros.

L’inflation reste en tête des principales préoccupations pour 22% des répondants. Suivent la fin des rachats d’obligations par la Fed (20%), le variant Delta (19%), la formation de bulles (17%) et la politique monétaire chinoise (16%).

À ce sujet, il est intéressant de noter que 78% s’attendent à ce que la Chine assouplisse sa politique monétaire pour raviver son économie comparativement à la proportion de 44% en juillet.

Bien que les pros prévoient ce que la Fed mette fin au rachat d’obligations bientôt, la première hausse du taux directeur par la banque centrale est repoussée de novembre 2022 à janvier 2023.

 

Mot de la fin

Au final, les pros sont encore optimistes, mais ils deviennent plus attentistes à court terme face à la nouvelle vague d’infections et au ralentissement chinois.

Michael Hartnett, stratège en chef de BofA Securities conclut qu’il faudrait un choc — une erreur de la Fed, une nouvelle crise budgétaire à Washington, un sérieux problème de crédit en Chine ou une grève des consommateurs — pour que cet optimisme craque et fasse dérailler la préférence pour les actions.

À propos de ce blogue

La Sentinelle de la Bourse se veut un blogue pour les investisseurs qui s¹intéressent aux rouages de la Bourse et aux marchés financiers. Son objectif : surveiller et débusquer des repères financiers pertinents pour prendre le pouls des Bourses et ainsi mieux aiguiller les décisions de placement de l¹investisseur.

Dominique Beauchamp
Sujets liés

Économie , Bourse

Sur le même sujet

Le bitcoin pâtit de l'aversion au risque et dégringole début 2022

07/01/2022 | AFP

Comme pour de nombreux actifs à travers le marché, le principal problème de la cryptomonnaie est la politique de la Fed.

Apple dépasse 3000 G$US de capitalisation boursière

Mis à jour le 03/01/2022 | AFP

Cette incursion n'aura été que de courte durée, l'espace de quelques secondes un peu avant 14h00.

Blogues similaires

Bourse: les pièges à éviter en 2022, selon François Rochon

14/01/2022 | Denis Lalonde

BALADO. L'inflation qui forcera des hausses de taux d'intérêt est la principale menace à surveiller en 2022.

Le temps de faire le point

Édition du 19 Janvier 2022 | Philippe Leblanc

Le début d’année est un bon moment pour faire le point sur de nombreux aspects de sa vie. Pour paraphraser ...

Verizon, le nouveau défi de Manon Brouillette

Édition du 16 Juin 2021 | Stéphane Rolland

ANALYSE. La notoriété a une dimension régionale. La nomination de Manon Brouillette à la ...