Banques canadiennes: les moins chères en 20 ans

Publié le 09/09/2015 à 15:23

Banques canadiennes: les moins chères en 20 ans

Publié le 09/09/2015 à 15:23

Chute du pétrole, récession et implosion possible d’une bulle immobilière sont des ingrédients toxiques pour les banques canadiennes.

Leurs titres ont chuté de 10% depuis le début de l’année malgré une hausse moyenne de 6% de leurs bénéfices, de 8% de leur dividende et de 16% de leur valeur comptable.

L’accumulation de ces nuages fait en sorte que leurs titres en Bourse ont rarement été aussi peu chèrement évalués en 20 ans, signale Kevin Choquette, de Credit Suisse.

Leurs actions se négocient à un multiple de 1,6 fois leur valeur comptable, soit une évaluation presque aussi faible que celle de 1,3 fois touchée lors de la crise de 2008-09.

Cette évaluation se compare au sommet de 3 fois la valeur comptable atteint avant la crise, dans l’euphorie de 2007, ainsi qu’à leur moyenne à long terme de 2,1 fois.

«Leur dévaluation ressemble à celle qu’ont connu les titres bancaires lors de la crise asiatique de 1998 et lors de la déconfiture des prêts aux entreprises de télécommunications au tournant des années 2000 », rappelle aussi l’analyste.

Pourtant, lors de ces deux occasions, les provisions pour pertes sur prêts et la rentabilité des banques ont plus souffert que maintenant de la conjoncture parce que leurs portefeuilles étaient beaucoup plus exposés aux secteurs en difficultés.

C’est ce qui fait dire à M. Choquette que les actions des banques ont nettement devancé le déclin du cycle de crédit, cette fois-ci. Les vendeurs à découvert sont nombreux à miser sur leur chute, surtout les investisseurs américains qui ont vécu la crise immobilière de près.

Le seul retour à une évaluation médiane de 2,1 fois la valeur comptable offre le potentiel d’un rebond de 24% des titres des banques, note M. Choquette.

Malgré tout, par prudence l’analyste se garde bien de prédire un rétablissement à court terme.

Il mentionne entre autres les élections fédérales d’octobre comme un facteur d’incertitude additionnel qui pèsera sur la valeur des banques.

En juin dernier, M. Choquette avait aussi souligné que les titres bancaires avaient rarement été aussi peu chers par rapport aux titres populaires de la consommation.

 

À propos de ce blogue

La Sentinelle de la Bourse se veut un blogue pour les investisseurs qui s¹intéressent aux rouages de la Bourse et aux marchés financiers. Son objectif : surveiller et débusquer des repères financiers pertinents pour prendre le pouls des Bourses et ainsi mieux aiguiller les décisions de placement de l¹investisseur.

Dominique Beauchamp
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