Pourquoi les «paresseux» réussissent plus en tant qu'entrepreneurs

Publié le 23/08/2021 à 08:36

Pourquoi les «paresseux» réussissent plus en tant qu'entrepreneurs

Publié le 23/08/2021 à 08:36

homme télécommande

J’aime bien dire que la télécommande a été inventée par une personne paresseuse qui ne voulait pas se lever pour changer de poste de télé! (Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. La semaine dernière, je recevais un entrepreneur en start-up, pour discuter de son projet, le Département des moments, qui se trouve à la jonction entre une entreprise de production d’événements et un service de conciergerie privée de luxe.

En bon communicateur, il m’a rapidement transmis sa passion pour le projet au point où, durant quelques minutes, je me suis demandé si cela ne valait pas la peine de m’impliquer. Ma réponse fut toutefois la suivante: «Jean-Pierre, je suis beaucoup trop “paresseux ” pour embarquer dans ce genre de projet!» Celui-ci fut un peu surpris de ma réponse.

J’ai passé près de 10 ans à la tête d’une agence et donc, dans l’industrie du service. Chaque début d’année, presque tout était à recommencer. Il fallait trouver de nouveaux clients, développer de nouveaux projets, vendre des heures! Le plus gros problème avec la vente d’heures, c’est qu’il y a un maximum d’heures qu’on peut réaliser dans une semaine. Et une fois que celle-ci est dépassée, il existe deux solutions: augmenter le taux horaire (et les attentes) ou embaucher (ce qui, sans s’en rendre compte, augmente souvent le nombre d’heures qu’on doit travailler sans les facturer).

Le monde du service est stimulant et je m’ennuie parfois de l’aspect créatif de travailler pour de multiples clients différents en simultanés. Toutefois, je ne serais plus prêt à lancer une boîte dans ce secteur, je suis devenu quelque peu paresseux! 

 

Que signifie réellement être paresseux?

La paresse ne signifie pas ne rien faire. La paresse est différente de l’inactivité, qui signifie «ne rien faire», alors que la paresse signifie «ne pas le faire soi-même». La paresse se mesure en productivité plutôt qu’en niveau d’activités. Ainsi, un entrepreneur(e) peut mettre les bonnes personnes à la bonne place afin de pouvoir faire les choses dans lequel il(elle) performe et qu’il(elle) aime. Un autre type d’entrepreneur pourrait être dans le «fais tout» et risquerait d’accomplir peu ou rien. Quel type est le plus productif? Je conseille souvent de voir la paresse en termes de productivité. 

Voici quatre raisons pourquoi je crois que les personnes paresseuses vont mieux réussir comme entrepreneur(e). 

 

1. Ils (elles) trouvent des moyens faciles d’accomplir une tâche difficile plus rapidement.

Par exemple, s’il y a une tâche difficile à gérer, l’individu qui se valorise par le nombre d’heures travaillées plonge et commence. Le paresseux productif trouve un moyen plus simple de le faire. J’aime bien dire que la télécommande a été inventée par une personne paresseuse qui ne voulait pas se lever pour changer de poste de télé!

J’aime par ailleurs cette citation de Bill Gates: «Si vous voulez accomplir une tâche plus rapidement, confiez-la à un paresseux, il trouvera un moyen plus simple et plus rapide de le faire.»

 

2. Ils (elles) ont l’œil pour les talents.

Les paresseux aiment la liberté et ils souhaitent vraiment être productifs, mais souvent différemment. Dites-leur quoi faire, leur tête commence à penser à un raccourci. Et la plupart du temps, ils pensent à «Qui puis-je payer pour faire ça?». Cela leur fait donc développer un œil pour les talents. Ils découvrent facilement la force des autres et trouvent un moyen de les amener à bord.

Le gars qui travaille dur ne verrait pas facilement le talent quand il apparaît simplement, parce que son mantra est «si je peux le faire, pourquoi embaucher quelqu’un?» Allez, ne me dites pas que cela ne vous est jamais arrivé? Pour ma part, c’était constant avant! Un grand nombre de personnes qui travaillent dur n’aiment pas déléguer et elles sont douées pour le multitâches. Cependant, elles se brûlent au travail en négligeant d’autres parties importantes de leur vie, en particulier leur santé et leur famille.

 

3. Ils (elles) font avancer les choses grâce aux autres.

L’élimination et la délégation sont selon moi deux des tactiques de gestion les plus efficaces. Éliminer les tâches sans importance et apparemment importantes qui n’ajoutent aucune valeur productive pour atteindre les objectifs de l’organisation, puis déléguer les autres tâches à ceux qui sont vraiment les meilleurs pour les accomplir.

Voilà le style de vie d’un entrepreneur paresseux. II est prêt à embaucher les meilleures personnes pour obtenir les meilleurs résultats.

 

4. Ils (elles) construisent des systèmes.

Les paresseux(euses) aiment les vacances et veulent du temps libre! La semaine de travail de quatre jours est possible, quelle que soit votre description de poste si vous apprenez à être «efficacement» paresseux. 

Cependant, les personnes paresseuses savent que si elles souhaitent vivre ce genre de vie, elles doivent trouver un moyen de faire fonctionner les choses sans elles. Ainsi, dès le début, elles commencent à construire des systèmes autour de son entreprise. La plupart du temps, elles créent une entreprise et cèdent la place à quelqu’un d’autre pour devenir PDG. Une chose que le gars qui travaille dur aurait du mal à faire.

Laisser la direction générale ne signifie pas abandonner le contrôle de votre entreprise. Les paresseux(euses) savent bien s’entourer et ne s’inquiètent pas lorsqu’ils(elles) sont absents et n’ont pas le malsain sentiment que personne ne peut faire les choses comme eux (elles). 

Alors, je vous l’avoue, je suis un peu paresseux, car j’ai réussi à construire des systèmes autour de mon entreprise et je ne crois pas que je suis indispensable en faisant confiance aux gens. Je peux ainsi profiter de la vie et avoir de bons moments avec ma famille et mes ami(e)s.

Vous devriez essayer !

À propos de ce blogue

L’innovation et l’entrepreneuriat sont deux sujets qui me touchent particulièrement. Depuis mon plus jeune âge, mon TDA/H m'a toujours donné l’impression d’être différent. Ce surplus d’énergie constant est devenu un véritable incubateur à idées. Je partagerai donc avec vous mes réflexions et des histoires inspirantes qui touchent l’innovation, mais aussi la santé mentale des entrepreneurs. Parfois provocant, je m’assurerai de vous sortir de votre zone de confort.

Dominic Gagnon

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