L'échec est toujours une option... si c'est un bon échec!

Publié le 23/03/2021 à 10:00

L'échec est toujours une option... si c'est un bon échec!

Publié le 23/03/2021 à 10:00

(Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. Dans mon dernier blogue sur LesAffaires.com: «Huit astuces pour favoriser l’innovation dans votre organisation» je mentionnais que l’une des astuces était d’encourager vos employés à échouer pour mieux innover. Dans ce billet, j’ai décidé de me pencher de manière plus pointue sur la notion d’échec et de son importance dans une culture d’innovation gagnante. Dans mon prochain billet, j’aborderais 5 trucs pour valoriser les bons échecs et être un leader tolérant à l’échec!

« Le moyen le plus rapide de réussir est de doubler votre taux d’échec » annonçait déjà en grande pompe Thomas J. Watson, président d’IBM entre 1924 et 1950. Ces dernières années, de plus en plus d’organisations ont adopté ce point de vue, en arrivant à comprendre ce que les innovateurs savent : l’échec est une condition préalable à l’innovation. Une entreprise ne peut développer un produit ou un processus révolutionnaire si elle n’est pas disposée à encourager le risque et à tirer des leçons de ses erreurs.

 

L’échec, secret de l’innovation

Les gestionnaires d’entreprises doivent favoriser des cultures où les idées sont traitées comme de bonnes idées jusqu'à preuve du contraire. L'innovation est créée en encourageant les gens à s'exprimer, à avoir des idées folles (comme le dirait si bien mon ami Nicolas Duvernois) et à pousser ces idées sans avoir peur de l’échec.

Aucune entreprise n'existe sans échec. Les humains échouent chaque jour, et de leurs échecs, ils et elles apprennent. Tout comme un enfant apprend à ne pas toucher une plaque chauffante en se brûlant, les personnes qui forment les entreprises aussi.

Saviez-vous que Harrison Ford a été un échec en tant qu'acteur pendant des années ? Que douze éditeurs ont refusé le manuscrit de JK Rowling pour Harry Potter ? Que le Viagra, la pénicilline, les stimulateurs cardiaques et le vaccin antivariolique sont nés d’échecs ?

Que réaliseraient des entreprises comme Apple si elles attendaient que leurs téléphones soient parfaits? Pas beaucoup! Au lieu de cela, ils lancent leurs téléphones, même s’ils sont loin d’être parfaits (voir le nombre de mises à jour), et font avancer des technologies innovantes à chaque version. Il y a une raison pour laquelle nous laquelle une grande majorité d’adeptes font la file dehors pour obtenir le dernier iPhone; ils ont toujours une longueur d'avance (désolé aux fanatiques d’Android – ce sera un autre débat). Si Apple avait lancé un iPhone parfait la première fois, personne ne se serait précipité pour en acheter un autre. Ils sont un succès parce qu'ils ont le courage de continuer à échouer, de continuer à essayer de nouvelles choses et de continuer à faire progresser la technologie.

Ou encore Netflix? Toute leur histoire en est une de perturbations, de se précipiter vers les lignes d'arrivée alors même que d'autres entreprises tentent toujours de savoir si c’est une bonne idée de s'inscrire à la course. En 1998, lorsqu'ils ont lancé Netflix.com pour la première fois pour expédier des films dans des enveloppes rouges en 2-3 jours, l'idée semblait ridicule. Les vendredis soirs étaient consacrés à parcourir les allées du Blockbuster et à essayer de perfectionner l'art du pop-corn fait maison. Leur site Web était une idée bizarre, inouïe, et pourtant, il s'est écrasé le premier jour parce que la start-up n'avait pas anticipé le trafic. Netflix a toujours eu une mentalité de croissance. Une approche de mouvement rapide et de rupture, qui fait maintenant tellement partie intégrante de notre culture que nous avons inventé des expressions comme « Netflix'n'chill ».

 

Aller au-delà du succès et de l'échec

L'acceptation croissante de l'échec change la façon dont les entreprises abordent l'innovation. Certain(e)s gestionnaires intègrent des stratégies de sortie dans leurs projets pour s'assurer que les efforts voués à l'échec ne s'éternisent pas. D'autres, comme la société de cartes de crédit Capital One, mènent continuellement un grand nombre d'expériences de marché en sachant que si la plupart de leurs tests s’avèreront non concluants, les échecs fourniront des informations précieuses sur les préférences des clients.

Il faut toutefois faire attention, une accumulation trop grande d’échecs pourrait amener votre organisation en faillite. Aucune entreprise ne peut survivre indéfiniment en écrivant des chèques en blanc à une équipe d’innovation qui ne fait qu’échouer continuellement. Il doit y avoir des réussites en cours de route : c’est ce qui paie les factures! Comment pourriez-vous déterminer si un échec est un pas vers le succès ou un pas vers le gouffre financier?

Votre stratégie d’innovation récompense-t-elle les bons échecs?

Bien sûr, il y a des échecs et il y a des échecs. Certaines erreurs peuvent être mortelles : la production et la commercialisation d'un pneu de voiture dysfonctionnel, par exemple. Mais encourager l'échec ne signifie pas abandonner la supervision, le contrôle de la qualité et tolérer la médiocrité. Nous mélangeons malheureusement souvent les deux concepts. Bien que les erreurs soient inévitables lors du lancement d'initiatives d'innovation, la direction ne peut renoncer à sa responsabilité d'évaluer la nature des échecs. Certaines sont des erreurs excusables; d'autres sont simplement le résultat d'une incompétence ou d’une négligence. Les leaders tolérant(e)s à l'échec identifient les erreurs excusables et les abordent comme des résultats à examiner, à comprendre et à développer.

 

Par exemple :

 

  • Le projet a-t-il été conçu consciencieusement ou a-t-il été mal organisé?
  • L'échec aurait-il pu être évité grâce à une recherche ou une consultation plus approfondie?
  • Le projet est-il resté fidèle à ses objectifs ou a-t-il semblé être motivé uniquement par des intérêts personnels?
  • Les mêmes erreurs ont-elles été répétées à plusieurs reprises?

 

 

Faire la distinction entre l'échec excusable et inexcusable offre deux grands avantages. Premièrement, il donne aux gestionnaires un outil pour créer un environnement sans conséquence pour faire des erreurs tout en leur permettant d'encourager des projets poursuivis de manière réfléchie qui, s'ils échouent, produiront des erreurs productives. Deuxièmement, cela permet aux gestionnaires de promouvoir, sans porter de jugement, le genre d'erreur productive qui est à la base même de l'apprentissage. En révélant ce qui ne fonctionne pas - en laboratoire ou sur le marché - un échec découlant d'un projet soigneusement conçu et exécuté donne un aperçu de ce qui pourrait vraiment fonctionner.

 

Arrêtez avant qu’il ne soit trop tard

Se rendre compte qu'il y a un problème est la déjà la moitié de la résolution du problème. Si le développement de l’idée est très coûteux, prend du temps et engloutit des ressources, sans réel potentiel de succès alors vous devez l’arrêter. Ne tombez pas en amour avec votre idée d’innovation. Réalisez quand les idées se sont égarées et corrigez les problèmes ou laissez tomber le projet. Ne vous cachez pas, ne niez pas et n'essayez pas de donner une tournure positive à projet perdant. L'échec qui mène à l'innovation signifie reconnaître le mur et arrêter le saignement avant que les fonds ne soient épuisés. Le sauvetage peut prendre la forme de repenser l'idée et de l'essayer d'une manière différente, ou de ramasser les leçons que vous avez apprises et d’avancer sur un nouveau projet.

Prenez le temps cette semaine de vous questionner sur vos échecs des derniers mois. Est-ce que c’était des bons échecs? Êtes-vous en train d’engloutir des sommes faramineuses dans un échec prévisible par attachement envers l’idée? Vos collaborateurs sont-ils confortables avec l’échec ou ils ont peur?

 

La semaine prochaine : 5 trucs et astuces pour être un leader tolérant à l’échec!

 

À propos de ce blogue

L’innovation et l’entrepreneuriat sont deux sujets qui me touchent particulièrement. Depuis mon plus jeune âge, mon TDA/H ma toujours donné l’impression d’être différent. Ce surplus d’énergie constant est devenu un véritable incubateur à idées. Je partagerai donc avec vous mes réflexions et des histoires inspirantes qui touchent l’innovation, mais aussi la santé mentale des entrepreneurs. Parfois provocant, je m’assurerai de vous sortir de votre zone de confort. Dominic Gagnon est entrepreneur depuis son plus jeune âge. Dès l’âge de 14 ans, il fonde ses deux premières sociétés, une firme de création de sites Web ainsi qu’une maison de disque. Ce sera le début d’une longue aventure entrepreneuriale. Dès son entrée à l’Université, il fonde Piranha, qui deviendra l’une des plus grandes agences de marketing mobile au Canada avec des bureaux à Québec, Montréal, Toronto et Paris. Avant l’âge de 30 ans, il fera la vente de 3 entreprises pour finalement occupée le poste de co-fondateur et président de Connect&GO, société montréalaise spécialisée dans le marché des bracelets intelligents qui produit a produit plus de 10 millions de bracelets lors d’évènements tels que C2 Montréal, Universal Studio, le SuperBowl et plus dernièrement les Jeux olympiques. Loin de peindre le portrait type de l’entrepreneur, son parcours chaotique lui a pourtant valu de nombreuses récompenses dont la mention de Jeune Entrepreneur de l'année Desjardins en 2012, figurer parmi les 10 personnalités de l'année de l'industrie des communications et du marketing d’Infopresse en 2013 et parmi les Personnalités de l’année La Presse. Plus dernièrement, en 2019, il fut nommé simultanément Personnalité d’affaires de l’année, Éclipse par Raymond Chabot Grant Thorton et Leader international de la JCCM. Le réputé magazine américain BizBash la aussi désigné comme l’une des 15 personnes les plus innovantes au monde auprès des géants comme Disney et Target. En 2020, il se joint au Centech, l’un des meilleurs accélérateurs au monde, propulsé par l'ÉTS en tant qu’Entrepreneur en résidence et Maître d’enseignement en Entrepreneuriat ainsi que membre du conseil stratégique de l’ESG-UQAM. Il siège aussi au conseil d’administration de Zu, l’incubateur crée par le fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, en plus d’y être PDG en résidence pour le programme Focus.

Dominic Gagnon

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