Un autre film qui va alimenter le culte de l'entrepreneuriat

Publié le 01/09/2016 à 15:54

Un autre film qui va alimenter le culte de l'entrepreneuriat

Publié le 01/09/2016 à 15:54

Par Diane Bérard

Dextina Booker, une des héroïnes du film "Generation Startup", est aussi professeur de boxe.

Six jeunes, quatre garçons et deux filles, dans la vingtaine, se débattent pour lancer leur entreprise à Détroit. Pour chacun, l’histoire se termine bien. Certains ont même remporté des prix prestigieux. C’est la trame du film «Generation Startup», qui sera lancé en salle aux États-Unis le 23 septembre prochain.



La réalisatrice a suivi ces entrepreneurs pendant 17 mois. Je ne l’ai pas vu, mais si je me fie à la bande-annonce et aux divers comptes-rendus, Cynthia Wade transmet avec brio l’intensité associée au démarrage d’une entreprise. Ce film fera battre les cœurs, c’est certain. Et il suscitera des vocations. Les personnages semblent hyper attachants. Particulièrement les deux filles.

Nul doute, ces six jeunes vont alimenter le culte de l'entrepreneuriat.


« «Il n'est pas souhaitable que tous les gens talentueux se lancent en affaires. On ne peut pas seulement créer un nouveau monde. Il faut aussi réparer celui qui existe déjà.» »

Ce n'est peut-être pas si mal, parce que, contrairement à ce que l'on croit, le niveau de démarrage d'entreprises par les 18-34 ans n'a jamais été aussi bas aux États-Unis depuis 24 ans. Et puis, la création d’emplois par les PME est plus importante que la création d’emplois par les grandes entreprises, aux États-Unis comme au Québec.

Mais, ce culte a un autre côté... il obscurcit les emplois associés aux organisations traditionnelles et au gouvernement.

Le taux d’échec est élevé lorsqu’on tente de démarrer une entreprise. Beaucoup d’appelés, peu d’élus. C’est ce que rappelle Nicolas Duvernois, l’entrepreneur derrière Pur Vodka, dans son récent billet intitulé «Le risque immense de se lancer en affaires». L'entrepreneur souligne qu’il faut «conscientiser les gens au fait qu’ils courent des risques énormes. De ce fait, certaines personnes décideront peut-être de ne pas plonger, mais je suis convaincu que nous allons éviter des catastrophes professionnelles et personnelles à ces personnes qui n’avaient pas le portrait complet de l'aventure entrepreneuriale avant de tenter de démarrer une entreprise.»

Je suis plutôt d’accord. Mais mettre les gens en garde contre les risques associés à l’entrepreneuriat ne suffit pas. Il faut aussi rendre l’autre option intéressante. Celle qui consiste à contribuer à la société comme employé ou comme fonctionnaire. Pourquoi pas un film ou une série sur des «intrapreneurs». Des gens passionnés, animés de convictions profondes, qui oeuvrent dans des grandes ou de moyennes organisations ou au gouvernement et changent les choses de l’intérieur? Il n'est pas souhaitable que tous les gens talentueux se lancent en affaires. On ne peut pas seulement créer un nouveau monde. Il faut aussi réparer celui qui existe déjà.

 

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