Soyez moins «cheap»: le bonheur au boulot selon CultureFest Mtl

Publié le 13/04/2017 à 14:24

Soyez moins «cheap»: le bonheur au boulot selon CultureFest Mtl

Publié le 13/04/2017 à 14:24

Le «bar à bonbons» du Culture Fest Mtl ou comment contribuer au bonheur des participants...

Vos employés boudent vos midi-conférences? Vous proposez probablement des invités poches qui ne coûtent rien!

«Une culture que tu as laissée échapper c’est comme l’herpès. Ça se soigne, mais tu rechutes tout le temps!» Martin Gauthier, président, Sid Lee Montréal

«Le processus autour de la culture d’entreprise? Des fois je trouve ça passionnant. Des fois ça me tombe sur les nerfs», Christiane Germain, cofondatrice du Groupe Germain

«Quand on parle de culture d’entreprise, je reste sur ma faim. On parle souvent de choses superficielles. Il faudrait s’éloigner du cosmétique.» Cédric Orvoine, vp RH et communication, Ubisoft Montréal

«La culture d’entreprise est le levier pour survivre aux conditions extrêmes que traversent les entreprises », LP Maurice, fondateur de Busbud

Ces citations sont tirées de la conférence «CultureFest» tenue hier à la Tohu, à Montréal. Une idée de la firme de génie logiciel GSOFT. Son fondateur, Simon de Baene (blogueur pour lesaffaires.com) veut faire du Québec «le meilleur endroit au monde pour travailler». Et ce, en s’appuyant sur des cultures d’entreprises saines.

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Pour moi, la culture d’entreprise est un concept abstrait. Abstrait et un peu artificiel. Peut-on «bâtir» une culture? Peut-on vraiment se réunir dans un hôtel pendant trois jours et rédiger les grandes lignes d’une culture d’entreprise comme on rédigerait un plan d’affaires? Voyons la définition de la culture : «Ce qui est différent de la nature. Ce qui est de l’ordre de l’acquis et non de l’inné.» La culture est un «réservoir commun ». Elle est «apprise et partagée par un groupe ». Et surtout, la culture «s’incarne dans des pratiques». Alors, parlons des pratiques.

J’ai tiré quelques idées concrètes de CultureFest, celles-ci peuvent contribuer à une culture d’entreprise saine. Quand je les parcours, le concept de culture me paraît moins abstrait. Je ne vous incite pas à faire du copier-coller. Chaque entreprise a sa réalité, ses défis, ses contraintes. Je vous partage plutôt ces idées pour vous élargir vos horizons.

Des idées pour que vos employés travaillent plus heureux

1- Offrez le sundae avant la cerise

Ce n’est peut-être pas sexy, mais une assurance collective décente, des congés de maladie payés en nombre raisonnable, un RVER et l’équité salariale et d’opportunité forment la base du bonheur au travail et donc d'une culture saine, nous a rappelé Martin Gauthier, président de Sid Lee Montréal.

2- Soyez moins «cheap»

«Si votre employeur vous fait payer le café, allez-vous-en!», lance Martin Gauthier. Il poursuit en évoquant l’arnaque des activités de perfectionnement et des midi-conférences. «Si vos employés ne participent pas à ces activités, c’est probablement parce que vous proposez des invités poches parce que vous ne voulez pas payer!»

3- Abandonnez la méfiance

«J’ai réalisé que j’étais méfiante. Et ma méfiance coûtait cher à mon entreprise, confie Lisa Fecteau, cofondatrice et présidente du fabricant de fils techniques Régitex. Nous opérons dans un environnement de plus en plus complexe, aucun dirigeant ne peut tout savoir ni tout diriger. On ne s’en sortira pas si on ne fait pas confiance à l’intelligence et au gros bon sens de nos employés. Il faut donner le pouvoir à ceux qui font. »

4-Racontez-leur l’histoire de votre entreprise

« Lorsque nous avons inauguré notre hôtel de Calgary, un Québécois en visite là-bas m’a informé que notre portier ignorait que l’hôtel appartenait à des entrepreneurs québécois qui avaient fait ses premières armes en restauration, raconte Christiane Germain. Ce jour-là, j’ai réalisé le défi culturel associé à la croissance sur plusieurs marchés éloignés. Il fallait raconter notre histoire à tous les employés. Nous avons donc réalisé une très belle vidéo que nous présentons à toutes les nouvelles recrues.» Tout le monde aime les histoires. Une histoire aura toujours plus de pouvoir que n'importe quelle trousse d'accueil du nouvel employé.

5- Acceptez que les sous-cultures peuvent être plus fortes que LA culture

« Nous produisons des jeux vidéos. Le quotidien de nos employés passe par leur projet, leur équipe, explique Cédric Orvoine, vp RH et communication, Ubisoft Montréal. Ce lien de proximité est très fort, il faut l’accepter.» On travaille avec des gens, pas avec une entreprise. Chaque organisation abrite donc une foule de sous-cultures. Le bonheur des employés passe par l'acceptation de ces sous-cultures et non le nivellement de celles-ci.

6- Ne laissez pas entrer n’importe qui

« Au début, nous avons décidé de rendre ça quasi impossible de travailler chez nous, raconte LP Maurice, fondateur de Busbud. Nous avions développé un processus en sept étapes auxquels seuls les «guerriers» pouvaient survivre. Les premières épreuves étaient très techniques. Il fallait pouvoir régler les problèmes très vite. Ensuite, on évaluait des qualités plus personnelles. La dernière étape consistait à prendre une bière avec chacun des employés. Il suffisait qu’un seul ne soit pas à l’aise avec le candidat pour qu’on ne le recrute pas.» Il poursuit. «Avec le recul, ce processus était une excellente idée. Nous savions que ces employés des premières heures deviendraient nos gestionnaires. Ils allaient teinter l’organisation. Il fallait bien les choisir.»

 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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