SNC-Lavalin: cinq leçons pour les conseils

Publié le 26/03/2012 à 11:40, mis à jour le 26/03/2012 à 12:43

SNC-Lavalin: cinq leçons pour les conseils

Publié le 26/03/2012 à 11:40, mis à jour le 26/03/2012 à 12:43

R: Des administrateurs doivent dire à leur pdg, “Je n’irai pas en prison pour des contrats!” et des pdg doivent dire à leur équipe de direction, “ Si l’un de vous a autorisé le paiement de sommes qui ressemblent de près ou de loin à des pots-de-vin, j’exige de la savoir immédiatement!” On peut comparer “l’effet SNC” à “l’effet BP”. Après le déversement, de nombreuses sociétés prétrolières se sont soudainement inquiétées de la sécurité et de la fiabilité de leurs installations.

Q: Pourquoi s’en faire, SNC est canadienne et le Canada n’a pas de loi sur la corruption?

R: Non, mais les États-Unis ( SEC whistleblowing act & Foreign corrupt act ) et la Grande-Bretagne ( UK Bribary Act ) ont voté des lois musclées qui ont le bras long. Aux États-Unis, par exemple, les informateurs ( whislteblowers) n’ont plus à avertir d’abord l’entreprise concernée, ils peuvent se rendre directement à la SEC. Ce qui augmente d’un cran le niveau de risque auquel sont exposés les directions et les conseils qui “ne savent pas”.

Q: “L’ incident SNC” aura-t-il des répercussions chez d’autres conseils de sociétés canadiennes?

R: C’est inévitable. Les conseils sont confrontés à deux tendances opposées. D’une part, les entreprises canadiennes mènent de plus en plus d’affaires dans les pays émergents. C’est là que se trouve la croissance et les occasions d’affaires. Mais, ces pays ont une culture d’affaires et des contrôles qui n’ont rien à voir avec les nôtres. Pendant ce temps, les organismes réglementaires durcissent leurs positions et abaissent leur seuil de tolerance face à la corruption. Sans compter qu’ils introduisent des mesures qui personnalisent de plus en plus la responsabilité des administrateurs et des dirigeants. Les conseils se trouvent dans une position de plus en plus inconfortable. Ils doivent se protéger.

Q: Quelles leçons les conseils devraient-ils tirer de ce dérapage?

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

Blogues similaires

Apprendre à tourner la page

Édition du 20 Janvier 2021 | Olivier Schmouker

CHRONIQUE. J’ ai une grande nouvelle que j’ai annoncée déjà il y a quelques jours sur notre site web.