S&P/TSX 60 ESG, le nouvel indice du développement durable

Publié le 16/06/2014 à 14:37

S&P/TSX 60 ESG, le nouvel indice du développement durable

Publié le 16/06/2014 à 14:37

L’entreprise qui se soucie de son impact sur l’environnement et de ses parties prenantes et qui soigne sa gouvernance affiche-t-elle une meilleure performance que celle qui ne s’en soucie pas? Les investisseurs canadiens disposent désormais d’un nouvel outil pour répondre à cette question. Ce matin, la Bourse de Toronto (TSX) a lancé un nouvel indice : l’indice S&P/TSX 60 ESG.

ESG pour Environnemental, Social et Gouvernance. Ces trois critères sont liés à l’investissement durable ( certains emploient plutôt «responsable»). Une entreprise qui agit de façon responsable se soucie de ses impacts environnementaux, de ses impacts sociaux ( l’impact direct ou indirect de l’activité de l’entreprise sur les parties prenantes par référence à des valeurs universelles (droits humains,normes internationales du travail, lutte contre la corruption, etc.) de ses actions et elle pratique une saine gouvernance (la manière dont l’entreprise est dirigée, administrée et contrôlée, et notamment les relations qu’elle entretient avec ses actionnaires, son conseil d’administration et sa direction). 

« Le Canada compte désormais un indice TSX 60 du développement durable. Comment sa performance se comparera-t-elle à celle du TSX 60 régulier? »

Qu’est-ce que l’indice TXS 60 ESG?

L’indice S&P \TSX 60 ESG est calqué sur le TSX 60. Il est donc composé à partir des mêmes 60 entreprises dont Gildan, Groupe CGI, Enbridge Saputo, Sun Life, Tim Hortons, CIBC, etc. Toutefois, le poids accordé à chaque entreprise dans la composition finale du TSX 60 ESG différera de celui qui leur est accordé dans le TSX 60.

Chacune des 60 entreprises du TSX 60 sera évaluée selon des critères de durabilité par la firme RobecoSAM, spécialisée en placement durable. Les firmes du TSX 60 qui décrocheront un score de «durabilité» plus élévé – en fonction de leur performance environnementale, sociale et de gouvernance – pèseront plus lourd dans l’indice TSX 60 ESG.

À quoi sert l’indice TSX 60 ESG?

Il sera possible de comparer la performance du TSX 60 et celle du TSX 60 ESG. À terme, cela permettra de voir si se soucier de critères ESG mène à une meilleure performance éconmique et financière.

Comment les investisseurs peuvent-ils se servir du TSX 60 ESG?

Pour l’instant, on ne peut pas «acheter» le TSX 60 ESG. C’est un indice, mais pas encore un produit. Ça viendra peut-être. En fait, ça viendra sûrement. En attendant, un investisseur, qu’il soit privé ou institutionnel, peut comparer la performance des deux indices. Si l’indice TSX 60 ESG affiche de meilleurs résultats que l’indice TSX 60, l’investisseur pourra surpondérer dans son  portefeuille  les titres des sociétés qui pèsent le plus lourd dans le TSX 60 ESG. Et désinvestir dans celles à qui RobecoSAM a accordé le moins de poids.

La création du TSX 60 ESG est une excellente nouvelle. D’abord parce qu’elle a une valeur de symbole. On crée cet indice parce qu’il existe une demande pour l’investissement responsable. Ensuite, parce que cet indice contribuera à accumuler de l’information sur l’impact des critères ESG sur la performance d’une entreprise. Car des preuves concrètes, il en faut. Demander aux entreprises de prendre en considération les critères ESG c’est exiger un changement culturel profond. Ce n’est pas acquis. Parlez-en aux membres des Principes pour l’investissement responsables (PRI) du Pacte Mondial des Nations-Unis. Cet organisme compte présentement 1265 signataires qui souscrivent aux principes d’investissement responsable. La mauvaise nouvelle : les Etats-Unis résistent. La bonne nouvelle : le Québec est très bien représenté au PRI. D’ailleurs, du 24 au 26 septembre prochains, Montréal accueillera le congrès international PRI. Une belle occasion d'affirmer le leadership québécois en la matière.

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À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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