Savez-vous utiliser votre «switch» du courage?

Publié le 20/10/2017 à 12:34

Savez-vous utiliser votre «switch» du courage?

Publié le 20/10/2017 à 12:34

Et si vous pratiquiez votre courage quand ce n'est pas important, pour être prêt quand ce le sera?


«Ce qui me donne du courage? Je ne veux pas faire les mêmes affaires plattes toute ma vie! Alors, régulièrement, je lâche tout pour recommencer ailleurs. Et je propose les projets qui me tentent, au risque de me faire traiter de fou (Are you out of your fucking mind!)»
– Justin Kingsley, auteur et conférencier


Hier, j’ai assisté à une conférence portant sur le courage managérial organisée par Proaction Groupe Conseils. J’y ai entendu plusieurs lieux communs. Les métaphores de sport et de conquête, je n’ai jamais trouvé ça très inspirant dans ma vie professionnelle. Je pense que l’humilité, la gratitude et la gentillesse mènent les dirigeants et les organisations beaucoup plus loin et de façon plus pérenne. Ces concepts ont été évoqués aussi pendant la journée Proaction, mais bien peu.


Je n’aime pas non plus entendre que l’entreprise doit insuffler ses ambitions aux employés. Les employés ont des ambitions. Ils vont au travail pour accomplir des réalisations dont ils seront fiers. Ils ont envie de bien faire. L’entreprise n’a pas à leur insuffler des ambitions. Son défi consiste plutôt à ne pas tuer l’ambition que ses employés portent naturellement. Car c’est cette ambition qui permet aux organisations de réussir et de durer.


Mais revenons au courage, puisque c’était l’objet de cette conférence. Vous êtes-vous déjà demandé ce qui actionne votre switch du courage? La paternité de cette expression revient à Michel Coupal, ex-professeur de mathématiques, aujourd’hui consultant chez Proaction.


Peut-on vraiment déclarer qu’une personne est plus courageuse qu’une autre?


Un acte est-il courageux si la personne qui l’a posé n’avait pas peur?


J’ajoute un autre élément à votre réflexion, venu de l’auteure Kim Thuy, qui a donné la conférence d’ouverture: peut-on parler de courage lorsqu’on n’a aucune autre option?


Le courage c’est personnel, estime Michel Coupal. Je suis plutôt d’accord. «Nous sommes les seuls à savoir quand il est nécessaire d’actionner notre switch de courage», dit-il.


Avez-vous déjà considéré «pratiquer» votre courage? C’est ce que propose le consultant. «Allumez votre switch de courage quand ce n’est pas vraiment important. Quand il vous faut juste un peu de courage.» J’aime ça.


Quelques trucs pour actionner votre switch de courage


1- Être alerte aux éléments déclencheurs. Quand votre intuition vous dit «Faut que ça bouge»;


2- Dédramatiser et relativiser. Se poser la bonne vieille question, «Quel est le pire qui peut m’arriver?» On peut ainsi choisir en fonction du niveau de risque qu’on est prêt à tolérer;


3- Gérer le discours intérieur qui nous répète, «Tu commenceras demain».


Il y a le courage de débuter. Et le courage de décider. Justin Kingsley - celui qui ne veut pas faire des choses plattes - se repose sur la sagesse japonaise du Hagakuré. «Toutes les grandes décisions doivent être prises à l’intérieur de sept respirations, dit-il. Lorsque vous avez rassemblé tous les faits, décidez.»


La forme la plus exigeante de courage: accepter ce qui est mais agir quand même


Il reste une forme de courage, celle qui à mes yeux s'avère la plus exigeante. Je l’emprunte à Kim Thuy, «Je ne sais pas si on peut dire que j’ai été courageuse. S’il y a eu courage, ce fut celui d’être lucide. D’accepter la vie qui était, qui est, devant moi.» Et, lorsqu’on accepte ce qui est, ne pas se laisser paralyser ni s’en servir comme excuse pour laisser sa switch éteinte!


 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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