Cette startup veut vendre le covoiturage au Québec inc

Publié le 12/06/2017 à 10:47

Cette startup veut vendre le covoiturage au Québec inc

Publié le 12/06/2017 à 10:47

Lucie-Claude Lalonde, vp affaires juridiques, Cascades Emballage carton-caisse, et Wilson Bayona, conseiller SAP, IBM, deux membres OuiHop

Mon fils fait un stage d’été à ville Saint-Laurent. Mon conjoint, qui travaille au centre-ville, lui a laissé l’auto pendant cette période. La première semaine, Félix était seul dans le véhicule. La semaine deux, il a commencé à covoiturer avec un autre stagiaire. Depuis la semaine trois, ils sont trois dans l’auto chaque matin. Cela s’est fait organiquement.

Les stagiaires mangent ensemble chaque midi. Au fil des conversations, Félix a découvert que deux autres gars empruntaient le même itinéraire que lui pour se rendre au travail. Quand on a vingt ans, c’est plus drôle de covoiturer avec deux dudes que de se taper 30 minutes seul dans son véhicule. Et puis, ça laisse plus d’argent dans les poches pour la bière du vendredi soir.

Mais il y a plus. Le covoiturage, un concept vieux comme le monde, devient de plus en plus pertinent. Congestion des villes, changements climatiques… Les voitures à un conducteur pourraient faire partie de la solution plutôt que du problème.

Montréal accueille cette semaine Movin’On, le sommet mondial de la mobilité durable.

Parmi les conférenciers se trouve la société de covoiturage OuiHop. Démarrée en France en octobre 2015 et au Québec en septembre 2016, OuiHop compte 36000 abonnés ( dont 800 au Québec) qui effectuent 20000 trajets par mois.

Cette application permet à un passager de voir, en temps réel, les membres conducteurs qui empruntent le même trajet que lui. Il suffit d’envoyer une requête de covoiturage que le conducteur peut accepter ou refuser.

Il n’y a pas de système de réservation. Le conducteur ne fait aucun détour. Il n’y a aucun échange d’argent entre le passager et le conducteur. C’est de l’économie de partage dans son expression la plus pure. OuiHop offre trois trajets gratuits. À partir du 4e, il en coûte 3$/mois.

Cascades adopte OuiHop pour son site de Saint-Bruno

OuiHop est suggérée dans la trousse du participant à la conférence Movin’On, pour effectuer le trajet entre son hôtel et le site de l’événement. C’est là un des déploiements possibles de cette application. Outre les événements, OuiHop vise les entreprises.

«Celles qui se trouvent à l’extérieur des zones prioritaires du transport en commun sont très intéressées par notre application», soutient Marine Imbert, cofondatrice de OuiHop.

La startup a conclu une entente, entre autres, avec Cascades, à St-Bruno. Elle est en discussion avec Bombardier et Hydro-Québec.

«Dans le cas d’une entreprise, on évalue combien d’employés sont susceptibles de recourir à notre application, et on établit un forfait annuel. En général, 5% est un bon taux de participation.»

L’entrepreneure ajoute que l'application peut faciliter le recrutement pour les entreprises situées en banlieue. Elle peut aussi intéresser les municipalités pour attirer des citoyens. Il est d’ailleurs possible de créer des groupes, tous les usagers d’une même entreprise ou d’une même municipalité, par exemple.

Les troisièmes clients cibles de OuiHop sont les détaillants. Dans ce cas, le conducteur qui accueille un passager dans son véhicule se verra offrir un stationnement réservé et des cadeaux dans différentes boutiques. Ce service sera déployé à l’automne 2017.

D’ailleurs, tous les conducteurs membres de OuiHop gagnent de la monnaie virtuelle qu’ils peuvent échanger dans certains commerces et restaurants. Le conducteur gagne des points simplement parce qu’il s’inscrit. Et il en gagne encore plus à chaque covoiturage qu’il effectue.

Comment les responsables du transport collectif accueillent-ils OuiHop? «Nous travaillons avec l’AMT, répond Mounia Lansade, chargée de développement de OuiHop pour le Canada. On ne peut pas rallonger les trajets de bus ni ajouter les stations de métro à l’infini. Nous proposons un réseau complémentaire en fluidifiant le transport personnel. Nous ne sommes pas en concurrence avec le transport collectif organisé.»

Le défi de OuiHop consiste à atteindre une masse critique d’adhérents pour devenir très attirante et réduire le plus possible la pratique de l’autosolo. «Ce jour-là, nous aurons rempli notre mission et nous passerons à d’autres projets», conclut Marine Imbert. Voilà l’essence de l’économie collaborative.

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À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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