Marmott Énergies: les premières obligations vertes québécoises

Publié le 16/05/2017 à 06:30

Marmott Énergies: les premières obligations vertes québécoises

Publié le 16/05/2017 à 06:30

Nathalie Tremblay, présidente et fondatrice de Marmott Énergies (crédit: Groupe Esprit de corps)

À la fin février, je vous ai parlé de la première émission d’obligations vertes du gouvernement du Québec, au montant de 500 millions de dollars canadiens. Cet argent servira à financer des projets de la STM, dont l’achat de 52 trains Azur et 258 autobus hybrides biodiesel/électrique.

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Il n’y a pas que le gouvernement du Québec qui peut émettre des obligations vertes. La plateforme canadienne CoPower, dont le siège social se trouve à Montréal, en émet aussi. Fondée en 2013, CoPower permet aux investisseurs de contribuer à des projets de transition énergétique. Ils peuvent ensuite suivre le rendement financier et l’impact environnemental générés par leur placement sur un tableau de bord personnel. Le rendement se situe autour de 5%. L’échéance des obligations se situe entre 18 et 60 mois.

Le 9 mai dernier, CoPower a financé son premier projet au Québec. Marmott Énergies, spécialisée en géothermie, a bénéficié d’une émission d’obligations vertes de 1M$ assortie d’une échéance de 60 mois.

La géothermie est très populaire en Suède, par exemple. On compte 25000 nouveaux projets géothermiques par année. Au Québec, le décollage est lent. Les banquiers traditionnels sont encore peu à l’aise avec ce concept, souligne Nathalie Tremblay, présidente et fondatrice de Marmott Énergies.

C’est que la géothermie, qui permet de capter la chaleur du sol pour chauffer ou refroidir un bâtiment, repose sur des infrastructures décentralisées. Pour produire de l’électricité, on construit généralement de gros barrages (infrastructures centralisées) et on achemine l’énergie vers les foyers. Dans le cas de la géothermie, chaque foyer possède sa propre génératrice d’énergie (infrastructures décentralisées).

«La montée de l’énergie solaire, qui repose elle aussi sur des infrastructures décentralisées, contribue un peu à l’éducation des banquiers sur cette façon de produire de l'énergie, poursuit l’entrepreneure. Mais on ne peut pas encore compter sur le financement traditionnel, surtout pour des projets de moins de 10M$ comme le nôtre. Les obligations vertes de CoPower comblent un vide dans le marché du financement de la transition énergétique.»

Marmott Énergies finance elle-même les infrastructures qu’elle installe chez ses clients. Ceux-ci paient une redevance fixe. «C’est la seule façon de démocratiser l’accès à cette forme d’énergie, explique l’entrepreneure. Les citoyens ne peuvent pas dépenser entre 20000$ et 30000$ pour installer notre technologie. Nous devons assumer le coût des infrastructures. D’où l’importance d’un produit comme les obligations vertes.»

Arrimer les valeurs de l’investisseur à celles de l’entrepreneur

Mais il y a plus. «CoPower partage nos valeurs. Ils comprennent l’investissement d’impact. Nous avons discuté plusieurs mois ensemble pour satisfaire à toutes leurs demandes et bien expliquer nos enjeux techniques. CoPower est prêt à prendre des risques calculés pour avoir un impact environnemental. L’émission de mai 2017 est la première dont nous bénéficions, mais certainement pas la dernière.»

Qui est le client idéal pour la géothermie?

Les clients types de Marmott Énergies sont ceux dont le chauffage est central, soit à air pulsé ou à eau chaude. La PME vise également ceux qui se chauffent au mazout (il en reste près de 300000 au Québec) ou ceux dont la thermopompe ou le système de chauffage est en fin de vie. Les bâtiments chauffés aux plinthes électriques ne peuvent être convertis à la géothermie que si on ajoute des conduits de ventilation. Pour l’instant, Marmott Énergies est implantée dans une vingtaine de municipalités québécoises.

 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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