Ma première journée à l'accélérateur Impact 8

Publié le 17/09/2015 à 08:18

Ma première journée à l'accélérateur Impact 8

Publié le 17/09/2015 à 08:18

Hier, j’ai assisté à la première formation du programme d’accélération Impact 8, une collaboration du Centre MaRS pour l’investissement d’impact (Toronto) et de l’Esplanade (maison des entrepreneurs sociaux, Montréal). Impact 8 accueille 8 entrepreneurs sociaux québécois pendant 8 semaines. Le but : peaufiner leur modèle d’affaires pour les préparer au « Demo Day » du 24 novembre prochain où ils rencontreront des investisseurs. « Vous devez être en mesure de susciter un intérêt suffisant pour créer des liens avec ces investisseurs et attirer du capital », résume Alain-Oliver Desbois, responsable de MaRs pour le Québec.

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Le premier accélérateur québécois d'entreprises sociales

Impact 8 est le premier programme québécois qui aide les entrepreneurs sociaux à massifier leur impact. Une entreprise « traditionnelle » parle de croissance. Une entreprise sociale vise plutôt la massification de son impact. Il y a une nuance. Le résultat est le même. Dans les deux cas, cela suppose une augmentation du volume des activités. Plus de clients rejoints. Mais l’intention diffère. Là où l’entreprise « traditionnelle » veut augmenter ses activités pour accroître ses revenus, pour l’entreprise sociale ce n’est pas une fin, mais bien un moyen d’augmenter son impact social ou environnemental. Plus son volume croît, plus son impact croît.

Hier, on a commencé fort! Les huit participants – qui appartiennent à des secteurs aussi variés que la gestion immobilière, le traitement des eaux usées, l’accompagnement à la naissance et la lutte contre l’exclusion sociale et intellectuelle – ont vu leur modèle d’affaires taillé en pièces. C'est un classique de ce type de programme. On débute toujours par une ronde de présentations des participants pour ensuite mettre en évidence les faiblesses de leur modèle. Le reste du programme sert à ajuster ce qui cloche à l'aide de formation en groupe et de coaching individuel pour préparer les entrepreneurs au "Demo Day".

« Je vais être odieuse, les a prévenu la formatrice, Stéphanie Baron, professeure et consultante en stratégie. Je vais être critique, je vais être épaisse. Je vais cesser d’être sympathique pour devenir votre pire ennemie. »

Au cours de l’après-midi, la formatrice a passé à travers une longue liste de composantes du modèle d’affaires. J’y reviendrai de façon exhaustive dans l’édition de Les Affaires du 24 novembre. En attendant, je vous partage celles liées à la concurrence.

Qui sont vos non-concurrents?

Connaissez-vous vos « non-concurrents » ? Tout comme il existe des non-clients, il existe des non-concurrents. Vos non-clients ne consomment pas votre produit ou votre service. Ce sont eux qu’il faut sonder, pas vos clients. « Sonder ses clients équivaut à demander à son chum « Suis-je une bonne blonde? » S’il vous trouvait horrible, il vous aurait quittée! », lance Stéphanie Baron.

Vos non-concurrents offrent un produit ou un service qui n’est pas exactement comme le vôtre, mais qui pourrait très bien « faire l’affaire » aux yeux de vos clients.

Voici un exemple. Je siège au CA de la Maison-Théâtre, un des principaux lieux de diffusion du théâtre jeune public. On pourrait croire que nos concurrents se limitent aux autres salles de spectacle jeune public. Penser ainsi serait réducteur et risqué. Notre concurrence s’étend au Centre des sciences, aux musées, aux salles de cinéma, au Mont-Royal, aux salles de quilles, aux pistes de ski, aux patinoires et même aux terrains de jeu de quartier. Pourquoi? Le théâtre est un art, certes, mais c’est aussi un loisir, un divertissement. Un loisir sert à occuper son temps. Les parents désirent occuper et divertir leurs enfants, aller à la Maison-Théâtre est une façon parmi d’autres d’y arriver.

Élaborer la liste de vos non-concurrents exige de la créativité, une certaine ouverture d’esprit et beaucoup d’humilité. Il est facile de conclure que notre produit ou notre service est unique. Mettez-vous dans la peau et l’état d’esprit de votre consommateur cible. Quel besoin cherche-t-il vraiment à combler? Qui d’autre que vous lui permet d’y arriver de façon satisfaisante?

Même si cette session était donnée à des entrepreneurs sociaux, ses enseignements s’appliquent à tous les types d’entreprises. Toutes les entreprises ont des non-concurrents.

Les huit entreprises de la première cohorte québécoise d'Impact 8

Ateliers créatifs Montréal (gestion immobilière)

Ekodéfi (plateforme de récompenses pour des gestes visant la santé, le bien-être ou l'environnement)

Solar Ear (prothèses auditives)

Exeko (inclusion sociale à travers l'art et la philisophie)

Mes cours prénataux  (série de 43 vidéos de cours prénataux)

Potloc (plateforme permettant aux détaillants de sonder l'intérêt des citoyens pour l'implantation de leur commerce dans leur quartier)

Ecofixe (traitement des eaux usées)

Territoires (création d'outils numériques pour coliger l'information événementielle)

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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