Luxembourg: un cours de gestion de la mobilité pour entreprises

Publié le 28/02/2019 à 16:02

Luxembourg: un cours de gestion de la mobilité pour entreprises

Publié le 28/02/2019 à 16:02

(Photo: 123RF)

Chaque jour, 200 000 personnes traversent l’une des trois frontières du Luxembourg pour venir y travailler. La moitié sont français, le quart allemands et l’autre quart, belges. Cela crée une pression énorme sur le flot de circulation de ce petit pays de 600 000 habitants.

Ajoutons à cela que 42% des étudiants luxembourgeois sont conduits à l’école dans le véhicule de leurs parents, et non en transport collectif. Bonjour les embouteillages!

Cette situation a incité l’Automobile Club du Luxembourg (l’équivalent de la CAA) à approcher le professeur Francesco Viti, spécialiste de la gestion du transport à l’université du Luxembourg, pour chercher des solutions. Après réflexion et consultation, un cours de trois jours, Mobility Management Training, a été conçu.

Ce cours est destiné aux entreprises afin de les inciter à prendre en mains les problèmes de mobilité sur lesquels ils peuvent intervenir.

Le cours s’étend sur trois jours. Voici son contenu:

1-On initie les participants au vocabulaire, aux enjeux et tendances de la mobilité;

2-On se concentre sur la gestion de la mobilité en entreprise;

3-On présente des cas et des intervenants externes.

Le cours a été offert pour la première fois en 2018. Une douzaine d’entreprises y ont assisté. Il sera offert à nouveau les 6,7 et 14 mars. On attend encore une douzaine de participants.

«Les entreprises sont conscientes de l’enjeu de la mobilité et elles souhaitent y trouver ses solutions, commente Antonio Da Palma Ferramacho, Gestionnaire du projet mobilité à l'Automobile Club du Luxembourg. Par contre, peu d’entre elles ont un responsable du dossier. En attendant, elles n’arrivent pas à décider si la tâche incombe au RH, au responsable du transport, aux finances ou carrément à la direction.» Il poursuit, «Notre organisme discute avec le ministère de la mobilité et du transport. Nous proposons que la fonction de mobility manager devienne obligatoire pour les sociétés de 50 ou 100 employés et plus. Comme il existe, par exemple, un responsable de la santé et de la sécurité.»

L’Automobile Club du Luxembourg compte 183 000 membres. On estime que presque tous les foyers y adhèrent. Compte tenu de ce bassin, l’organisme peut jouer à la fois un rôle d’influence et de transmission d’informations dans un dossier comme celui de la mobilité. Et puis, malgré son haut taux d’adhésion, l’organisme sait que la tendance va vers moins de propriétés de véhicules. Le nombre de membres est donc appelé à diminuer. «Ceci explique notre intérêt à développer une expertise en mobilité et à l’offrir à nos membres. Il faut s’adapter aux besoins contemporains liés au transport», explique Antonio Da Palma Ferramacho.

Trois exemples de solutions proposées dans le cours

-Le télétravail;

-La création de bureaux-relais à proximité de chacune des frontières. Les travailleurs peuvent y travailler toute la journée, à temps partiel ou quelques heures en attendant la fin de l’heure de pointe pour ensuite joindre le bureau principal de leur employeur;

-Le covoiturage : cette solution implique une cartographie des itinéraires des employés par le gestionnaire de mobilité de l’entreprise, pour ensuite proposer des binômes ou des trinômes de compatibilité.

Le cours éveille aussi les participants à la nécessité d’implanter des solutions de mobilité qui dépasse l’échelle de l’entreprise. «La cartographie des itinéraires des travailleurs doit se faire par zone industrielle, dit Antonio Da Palma Ferramacho. Les mobility managers de plusieurs entreprises d’une même commune doivent se concerter pour créer des synergies. Il faut viser un effet boule de neige, pas des solutions isolées.»

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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