Les environnementalistes n'ont pas droit à l'erreur et Steve Jobs n'est pas parfait

Publié le 17/02/2010 à 11:28

Les environnementalistes n'ont pas droit à l'erreur et Steve Jobs n'est pas parfait

Publié le 17/02/2010 à 11:28

Mai 2007 : le géant ConocoPhillips fait don de 1 million de dollars à la US Climate Change Policy Partnership, un projet de quatre ans lancé par Duke University et Duke Energy. Ce projet regroupe des entreprises et des académiciens soucieux des changements climatiques et visant à influencer les politiques gouvernementales sur la question.

 Février 2010 : ConocoPhillips se retire de la US Climate Change Policy Partnership n’y trouvant plus son compte. Jugeant même que ses intérêts corporatifs seront mieux servis seul qu’avec le groupe. BP et Caterpillar quittent aussi la US Climate Change Policy Partnership, pour les mêmes raisons.

 On s’en doute, il n’en fallait pas plus pour relancer le débat sur l’utilité d’intervenir pour stopper les changements climatiques. Sommes-nous face à un effet de la nature ou de l’intervention humaine? Sommes-nous condamnés à disparaître, de toutes façons, comme les dinosaures?

 Ce qui n’aide en rien c’est que ces départs surgissent une semaine à peine après du rififi à un autre organisme environnemental, des Nations-Unies cette fois (Intergovernmental Panel on Climate Change), que l’on accuse d’avoir basé ses conclusions alarmistes ( impact des changements climatiques sur l’agriculture en Afrique, sur les forêts amazoniennes et sur la fonte de l’Himmalaya) sur des données scientifiques plutôt minces. Sans compter les doutes qui planent sur l’éthique de son président du conseil, Mr R.K. Pachauri.

 Je n’ai certainement pas la compétence pour trancher si le réchauffement de la planète est causé par l’homme ou par la Nature et si l’on peut ou non y faire quelque chose.

Mais je sais que tant qu’il y aura des controverses comme celle de l’IPCC cela ouvrira la porte aux entreprises pour ne pas intervenir ou intervenir à leur façon, celle qui sert leurs intérêts. Et on ne peut pas les blâmer car, malgré tout ce que l’on veut se faire croire, une entreprise n’est pas une personne, c’est une entité sans émotion. Elle n’a qu’une finalité : sa survie et celle-ci passe par sa rentabilité ( que l’on traduit le plus souvent par rentabilité à court terme).

Ce qui m’amène à conclure que si l’on peut compter sur un pan de l’économie pour intervenir du côté de l’environnement - tous ceux qui peuvent en vivre directement ou en tirer un bénéfice financier- pour que les autres entreprises fassent quelque chose – ou cessent de nuire - la responsabilité incombe aux environnementalistes. Ils n’ont pas le choix d’être irréprochables. Car, sans eux, tout un pan de l’économie continuera de faire ce qu’elle juge bon pour elle. C’est platte mais c’est comme ça.

France: la question de la retraite n'est pas seulement un enjeu au Québec. En France, elle monopolise aussi le débat public. Je vous propose de regarder l'excellent montage historique  tiré de Les Échos.

Apple: la une du Canadian Business incarne tout ce que je déteste dans le journalisme d’affaires et qui nuit profondément à notre métier. On y voit une photo de Steve Jobs avec le titre : LE MAGICIEN, pourquoi vous achèterez n’importe quoi de Steve Jobs. Pourquoi faut-il transformer en dieux les PDG qui réussissent et penser que l’on acceptera n’importe quoi de leur part? Je comprends que des clients soient vendus à un produit, mais pas que des journalistes soient vendus à un sujet. Un peu de distance SVP!

 

 

 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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