Les 5 C pour bâtir la confiance

Publié le 22/05/2015 à 10:44

Les 5 C pour bâtir la confiance

Publié le 22/05/2015 à 10:44

Caroline Néron croit aux vertus du travail pour gagner la confiance de ses partenaires.

Hier, se tenait à Montréal le premier Sommet international de la confiance dans les organisations, organisé par l'Institut de la confiance dans les organisations.


La confiance c'est un mot-valise qu'on emploie à toutes les sauces. Trop souvent, elle devient synonyme de conformité. Voulez stimuler la confiance envers votre organisation? Vous changez le pdg, vous revoyez la structure organisationnelle, vous installez une ligne de délation et vous communiquez. La conférence d'hier n'a pas échappé à ce glissement de sens vers la conformité et la confiance "de façade".  Mais nous avons aussi entendu des démarches et des visions plus durables de la confiance. Elles s'appuient toutes sur des valeurs. En voici quatre


« Pour stimuler la confiance envers une organisation, on glisse vers la conformité et la communication au lieu de s'appuyer sur des valeurs. »


Les 5 « C » , selon René Rouleau, président et pdg de La Capital et ex-dg du CHUQ de 2003 à 2008.


Monsieur Rouleau ne l’a pas eu facile au CHUQ. À son arrivée, le CHUQ était en tutelle. Il avait 67 syndicats et 4800 griefs. Quatre années, et beaucoup de travail, plus tard, le CHUQ recevait une distinction exemplaire pour sa gouvernance. Pour rebâtir la confiance il s’est appuyé sur cinq vertus :,


-la constance;


-la conviction;


-la compétence;


-la coopération;


-le courage, de dire non quand ce serait plus facile de dire oui et de dire oui parce qu’on fait confiance.


L’éthique de travail, selon Caroline Néron


« La confiance naît du travail, de l’organisation et de la discipline. On gagne la confiance de son personnel et de ses partenaires en travaillant et on la regagne de la même façon », dit l’entrepreneure avec conviction. Elle a beau être une ancienne chanteuse et comédienne et vendre des bijoux, Caroline Néron ne semble pas miser sur les artifices pour gagnerla confiance. Elle prône les bonnes vieilles vertus du travail. La confiance se mérite en bossant.


Le professionnalisme, selon Pascale Pageau, cofondatrice de Delegatus


Pourquoi choisit-on d’exercer une profession plutôt qu’une autre? Plus ce choix sera lié à nos valeurs personnelles, plus il sera facile de mériter la confiance des clients et des partenaires. « J’ai toujours voulu devenir avocate pour aider les gens, confie Pascale Pageau. Le jour où j'ai réalisé que je ne pourrais même pas me payer mes propres services, j’ai réalisé qu’il y avait un problème. Les services juridiques constituent un service pour bien des gens et des organisations. Il fallait que je trouve moyen de les rendre accessibles financièrement et socialement. » Ainsi est née l’idée du cabinet Delegatus. « Nous avons trouvé comment diminuer nos coûts pour réduire nos taux horaires. Et nous n’imposons aucun minimum de facturation à nos avocats pour ne pas presser le citron », ajoute l’avocate.


Le respect, selon Benoît Robert, fondateur de Communauté


« Lorsqu’on est jeune, on est souvent dogmatique, dit Benoît Robert. Avec le temps, on apprend la nuance. »


Il a fallu 10 ans à Communauto pour nouer des alliances avec les sociétés de transport et lancer des offres conjointes. « J’ai appris à écouter ceux qui ne sont pas d’accord avec moi. Leurs objections m’ont été utiles pour ajuster le tir parce qu’ils avaient raison. Ou pour me forcer à aller chercher davantage de preuves. Pour gagner la confiance, il faut apprendre à démontrer ce qu’on avance, surtout lorsqu’on lance une innovation. »


Et puis, la confiance, ça ne se bâtit pas tout seul. « Nous nous sommes associés à des chercheurs universitaires pour qu’ils mènent des études sur l’impact de Communauté. Nous ne pouvions mener ces études nous-mêmes, nous étions juges et parties. »


Pour terminer, voici à mon avis, la réflexion la plus juste sur le thème de la confiance :


« Lorsque j’essayais de démarrer Communauto, j’avais confiance en moi et en mon idée. Mais je comprenais qu’on ne me fasse pas confiance. Et j’ai cherché comment la mériter. »


Ne pas tenir pour acquis qu’on nous fera confiance. Travailler à la mériter. Et le faire en s’appuyant sur ses valeurs, pas sur la loi ni sur la structure organisationnelle. Ça, ça vient après. 


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À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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