Le sort des travailleurs du vêtement s'améliore depuis Rana Plaza

Publié le 24/04/2017 à 10:47

Le sort des travailleurs du vêtement s'améliore depuis Rana Plaza

Publié le 24/04/2017 à 10:47

Les 215 signataires du Accord on Fire and Building Safety in Bangladesh veulent éviter d'autres scènes comme celle-ci.

Il y a quatre ans aujourd’hui, 1135 Bangladais sont morts lors de l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza à Savar, un faubourg ouest de Dacca. La veille, des consignes d’évacuation avaient été données, car les murs étaient parsemés de fissures depuis plusieurs semaines déjà. Cette consigne a été ignorée.

Quatre ans plus tard, ferme-t-on toujours les yeux sur les conditions de travail des «petites mains» qui travaillent chez les sous-traitants des grandes marques de vêtements? Il semble que non. La tragédie fait son œuvre, constate François Meloche, directeur de l’engagement actionnarial chez la firme québécoise Aequo. François est l’émissaire des actionnaires qui souhaitent des pratiques plus saines et durables chez les entreprises dans lesquelles ils investissement. Aequo rencontre les dirigeants pour amorcer un dialogue constructif avec eux.

L’effet pervers de la sous-traitance: déresponsabiliser les marques

«Des fouilles dans les décombres de Rana Plaza ont permis d’identifier les marques qu’on y fabriquait», explique François Meloche. De nombreux fabricants ne savent même pas où sont produites leurs collections. C’est l’effet pervers de la sous-traitance. Rana Plaza marque un point de bascule dans cette pratique. «Les fabricants ont toujours refusé de divulguer le nom de leurs fournisseurs, poursuit François Meloche. Soit parce qu’ils l’ignorent. Trop de niveaux de sous-traitance étant impliqués. Ou ils évoquent des raisons concurrentielles. Cette excuse ne tient plus route. Nike et Adidas dévoilent leur liste depuis 10 ans déjà. Et ils font de très bonnes affaires à ce que je sache!»

L'accord

«On a décidé de régler le cas de Banglaseh une fois pour toutes», dit François Meloche. Les grandes marques, certains détaillants, les syndicats internationaux et les syndicats bangladais ont signé le «Accord on Fire and Building Safety». Cette entente, d’une durée de cinq ans prévoit que tous les fournisseurs bangladais du secteur du vêtement seront audités. Elle vise à renforcer le rôle des syndicats locaux, assurer un salaire décent aux travailleurs, instaurer des mécanismes efficaces de gestion des plaintes et implanter des mesures correctives durables.

Nous en sommes à l’an quatre de cette entente qui inclut un audit de l’électricité, des risques de feu et de la structure du bâtiment.

Le bilan positif de l'accord

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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