Le Québec a besoin «d'édupreneurs»

Publié le 17/06/2014 à 10:28

Le Québec a besoin «d'édupreneurs»

Publié le 17/06/2014 à 10:28

Jordan Lebel , «édupreneur» récipiendaire d'un 3M National Teaching Fellowship

Le Québec a besoin dentrepreneurs. Mais il a aussi besoin «dédupreneurs», cest-à-dire denseignants qui font preuve dentrepreneuriat. Après tout, on encourage les employés à faire preuve dintrapreneurship. Et les jeunes gradués à se transformer en créateurs demplois plutôt que de se restreindre au rôle de demandeur demploi. Pourquoi ne pas élargir cette philosophie au monde de léducation?

Aujourdhui, mon fils termine son secondaire 2. Les dernières semaines ont été monopolisées par létude des examens de fin de session. Ceci ma donné loccasion de vérifier que la matière avait «adhéré» davantage dans certains cours que dautres. Pourquoi?

Comme tous les enfants, fiston a ses matières préférées et ses talents particuliers. Mais, au-delà de ceux-ci, il y a le prof. Les adolescents sont impitoyables avec leurs enseignants, c'est vrai. Mais ils sont prêts à se laisser conquérir pour peu que lenseignant fasse preuve de créativité, dimagination et de passion. (De fermeté et de discipline aussi, mais ça cest une autre histoire.)

Les qualités que lon associe aux entrepreneurs (audace, créativité, persévérance, création de valeur, flexibilité, autonomie, etc.) ont leur place dans les salles de cours.  En fait, elles facilitent le travail des enseignants. Parlez-en à Jordan Lebel, professeur de marketing  et directeur du programme de MBA pour cadres à l'école John Molson de l'université Concordia. En 2013, Jordan a reçu l'un des 10 prix «3M National Fellows». Ce prix reconnaît chaque année la contribution exceptionnelle de 10 enseignants canadiens. Jordan débute tous ces cours par une discussion de 10 minutes autour de ce qui est «hot et nouveau». Sa priorité: énergiser ses étudiants. J'ai eu le bonheur de travailler avec Jordan. Je l'avais recruté comme chroniqueur chez Commerce.  C'est définitivement un «édupreneur». Il a plus d'un tour dans son sac pour donner susciter l'intérêt et l'apprentissage. Les étudiants de Concordia lui ont d'ailleurs décerné le titre de «meilleur professeur» de la Jonn Molson School of Business en 2005 et 2010. Je souhaite que le parcours académique de mon fils soit ponctué de nombreux Jordan Lebel.

Quel est le  point commun des matières qui ont «adhéré» davantage dans le cerveau de mon fils ? Lentrepreneuriat du professeur. La façon dont le professeur a su tirer profit des occasions dapprentissage «périphériques» se présentant à lui a eu un impact direct sur ce que mon fils a compris, aimé et retenu de la matière. Lentrepreneur doit être à lécoute de son environnement pour décoder les tendances et en tirer profit. Lédupreneur, lui, intègre ces tendances et évènements à son ensiegnement ( contenu et contenant) pour le rendre pertinent. Lédupreneur ajoute de la valeur à la matière quil enseigne pour que les étudiants y accordent de la valeur.  

Je suis consciente que les enseignants n'évoluent pas en vase clos. Ils appartiennent à un système. Un système qui possède  des  règles, des programmes, des acquis requis.  Certaines écoles ont de bons directeurs, d'autres de mauvais. Comme il existe de bons et de mauvais dirigeants. Sachant tout cela, je donne aux enseignants le tuyau suivant : essayez la méthode de ma sœur. Elle est psychologue. En 20 ans, elle a travaillé dans toutes sortes de structures, publiques et privées, aux normes, exigences et attentes fort différentes. Une seule règle la toujours guidée : «Ma mission est de soulager la souffrance de mes patients et de favoriser leur autonomie. Ils sont ma priorité. Lorsque la porte de mon bureau est fermée, cela se passe entre eux et moi» Lorsque la porte de la classe est fermée, cela se passe entre lenseignant et ses étudiants.

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À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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