La RSI (responsabilité sociale individuelle) «pimpe» la RSE

Publié le 18/10/2017 à 14:02

La RSI (responsabilité sociale individuelle) «pimpe» la RSE

Publié le 18/10/2017 à 14:02

Les entreprises peuvent-elles importer au travail l'énergie et l'enthousiame que leurs employés déploient dans leur implication sociale?

Les entreprises assumeraient mieux leur responsabilité sociale (RSE) si elles appuyaient celle-ci sur la responsabilité sociale individuelle (RSI). C’est ce qui ressort du rapport «Recognizing volunteering in 2017», de Bénévoles Canada et Ipsos.

En 2010, 47% des Canadiens de 15 ans et plus ont déclaré pratiquer le bénévolat. En 2013, cette proportion a glissé à 44%. Les Canadiens sont-ils devenus moins généreux ou leurs actes de générosité ne correspondent-ils plus à la définition classique du bénévolat?

Le sondage mené en mars 2016 - dont les résultats ont été dévoilés cet automne - pointe vers la seconde explication. Les Canadiens et les Québécois déclinent autrement leur contrition à la société et au bien commun. Ils le font aussi à l’extérieur des structures formelles et traditionnelles du bénévolat.

La consultante Trina Isakson relève de nouveaux secteurs d’intervention qui redéfinissent le bénévolat et le font migrer vers la RSI:

1-La technologie et les données;

2-La consommation ;

3-L’investissement ;

4-Les pratiques d’affaires.

Qu’est-ce que la RSI?

«La RSI est cet engagement continu à se conduire de façon éthique et à contribuer au développement de la communauté en améliorant la qualité de vie des individus, des groupes, des équipes et de la société en général», explique l’auteur Stuart Emmett.

Le Néerlandais Cees van den Bos, directeur du centre de bénévolat d’Arnhem aux Pays-Bas, a étudié le comportement et les motivations derrière le volontariat. Il constate que le bénévolat s’exerce surtout dans des structures organisées (system world), comme les OBNL ou les institutions publiques qui font appel à des volontaires.

La RSI, quant à elle, se manifeste surtout de façon informelle et sporadique (life world).

Voici quelques nuances importantes que relève le rapport «Recognizing volunteering in 2017»

-Le bénévolat structuré est un geste pour les autres. La RSI est un geste avec les autres;

-Le bénévolat structuré repose souvent sur les compétences du bénévole. La RSI repose des actifs ou des intérêts communs ou une proximité territoriale;

-Le résultat (outcome) du bénévolat structuré est prévisible. Celui de la RSI est imprévisible;

-Le bénévolat structuré est à la recherche de volontaires pour remplir des tâches. La RSI cherche des mandats pour les volontaires. «Ce type de volontaires recherche des mandats sporadiques, qui s’exercent à court terme et qui exigent une expertise pointue», souligne Trina Isakson.

Comment la RSI peut contribuer à la RSE

À l’extérieur de leur emploi, la RSI des employés se manifeste par des levées de fonds, la rédaction de lettres ouvertes, la création de mouvements, tout cela souvent grâce aux médias sociaux et à la technologie. Au cours des 12 derniers mois:

-36% des Canadiens ont effectué des recherches pour mieux comprendre un enjeu social ou politique;

-20% ont commenté un enjeu social ou politique sur un site internet;

-12% ont assisté à une réunion, une conférence ou une manifestation.

Le défi des organisations consiste à importer cette énergie, cet enthousiasme et cette expertise au travail pour qu’elle contribue à l’atteinte de ses objectifs de RSE. Comment transposer la postule mentale de la RSI en entreprise?

Cela suppose revoir la structure des organisations pour donner envie et permettre aux employés d’appliquer leurs comportements de RSI personnels à la sphère professionnelle.

Permettre aux employés d’exprimer leur RSI au travail répond aussi à un reproche que l’on adresse de plus en plus à la RSE: on cesse de faire de la RSE un programme à part géré par un seul département. La RSE devient la somme de la RSI de chaque employé.

La RSI permet à la RSE de devenir l'affaire de tous.

 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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