La colère et le mea culpa des femmes de l'équipe Clinton

Publié le 05/12/2016 à 16:06

La colère et le mea culpa des femmes de l'équipe Clinton

Publié le 05/12/2016 à 16:06

Ann Walker Marchant, Jessy Tolkan, Star Jones et Leah Daughtry et le journaliste Jürgen Hecker sur la scène du Women's Global Forum

«We did not realize how many Americans felt that the browning of America left them behind. Now we heard them.» - Ann Walker Marchant, entrepreneure et membre de l’équipe démocrate d’Hillary Clinton (Nous n’avons pas réalisé à quel point la hausse du nombre de gens de couleur au pays s’avère menaçante pour nombre d’Américains. Maintenant, nous le savons.)


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Vendredi dernier, j’ai assisté à la colère et au mea culpa public des femmes de la garde rapprochée d’Hillary Clinton. Cela s’est déroulé sur la scène Women’s Global Forum, un événement qui attire chaque année un millier de personnes à Deauville, en France.


Laissez-moi vous présenter les quatre membres de ce panel intitulé «What America's choice means for women».


1- La réverend Leah Daughtry, stratège politique


Pdg de la campagne 2016 du parti démocrate. Elle occupa ce poste aussi en 2008. C’est la seule personne à avoir tenu ce rôle deux fois. Elle a fondé On These Things, une firme qui offre des services de planification stratégique, gestion d’évènements, de gestion de communautés et de développement organisationnel.


2- Star Jones, avocate


Ex vedette de l’émission «the View», présidente de la National Association of Professional Women. Elle a fait campagne pour Hillary Clinton dans de nombreux États du sud.


3- Jessy Tolkan, spécialiste des campagnes d’influence (advocay) de l’opinion publique


Directrice du laboratoire et directrice exécutive de Purpose Climate Lab, un mouvement pour accélérer la transition énergétique.


4- Ann Walker Marchant. spécialiste des relations publiques


Fondatrice du Walker Marchant Group. Elle a travaillé six ans à la Maison-Blanche comme assistante du président Clinton et directrice de la recherche et des projets spéciaux liés à la communication.


La salle était gonflée à bloc. Nous voulions tous entendre ce que ces femmes avaient à dire. Elles se sont vidé le cœur. Nous les avons écoutées.


«Le soir de l’élection, je me suis couchée en colère. Mais je ne savais pas contre qui diriger ma colère. Là je le sais: je suis en colère contre les femmes blanches.» Lea Daughtry


«J'ai traversé toutes les étapes du deuil. Il me reste l’acceptation. Mais je n’y arrive pas. Je ne peux pas accepter qu’on ait élu un misogyne avoué.» Star Jones


«Nous avons parié sur l’Amérique et nous avons perdu. Nous vivons dans une société profondément sexiste et raciste.» Jessy Tolkan


«Les femmes ont voté pour leur style de vie plutôt que pour le bien commun de toutes les femmes.» Ann Walker Marchant


Puis nous sommes passées à la période de questions. Les panélistes ont dû quitter leur colère. La salle avait écouté sagement. Elle réclamait maintenant des explications.


Q- Je vis en Oregon. Vous n’avez jamais fait campagne dans mon État. Le parti démocrate apprendra-t-il à représenter tous les États-Unis?


Star Jones a répondu ceci.


-Nous n’avons rien donné qui correspondait aux préoccupations concrètes des familles. Mais nous allons nous reprendre et y arriver.


Q- On nous répète que les États-Unis sont un grand pays et l’économie américaine, une grande économie. Ne sommes-nous pas devenus complaisants par rapport à notre compétitivité? De nombreux Américains en paient le prix et c’est ce qui a mené à l’élection de Trump.


Voici la réponse d'Ann Walker Marchant.


-Nous n’avons pas compris que de nombreux Américains ne nous voient pas comme nous nous voyons. Le résultat de ce vote révèle clairement que plusieurs citoyens se sentent écartés, laissés-pour-compte. Le résultat de ce vote est leur geste de dernier recours pour se faire entendre.


Star Jones a poursuivi.


-Lorsque les citoyens vous disent ce qu’ils ont sur le cœur, vous avez intérêt à les écouter et à les croire. Sinon, ils utilisent une arme fatale pour attirer votre attention : leur vote.


Q- Si le système électoral avait été autre, Hillary Clinton aurait gagné. Faut-il changer ce système?


Pour Jessy Tolkan c'est un faux débat.


-On peut bien modifier le système électoral, cela ne changera rien au fait que nous n’avons pas pu remporter une victoire dans ce système. Il ne faut surtout pas le perdre de vue. Les femmes ne sont pas prêtes à avoir une femme à la tête des États-Unis.


Q- Pourquoi tenez-vous pour acquis que les femmes devraient voter pour une femme?


Voici ce qu’en pense Lea Daughtry.


-Pour la même raison que les Afro-Américains devaient voter pour le premier président noir, parce que c’est dans leur intérêt. Mais nous nous sommes trompées. Nous n’aurions jamais pu imaginer que les Américaines passeraient complètement outre qu’un des deux candidats était une femme. Nous n’aurions jamais pu imaginer que cela n'aurait tout simplement aucune valeur à leurs yeux.


Et le mot de la fin de Star Jones


«Je souhaite très fort que les juges la Cour Suprême déjà en poste demeurent en santé très longtemps!»

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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