La Caisse d'économie solidaire relève le défi des Corn Flakes

Publié le 25/04/2017 à 17:41

La Caisse d'économie solidaire relève le défi des Corn Flakes

Publié le 25/04/2017 à 17:41

Le 21 avril dernier, la Global Alliance for Banking on Values (GABV) a accueilli son premier membre québécois: la Caisse d’économie solidaire Desjardins. Fondée en 2009, la GABV compte 41 institutions financières spécialisées en finance durable. Elles utilisent la finance comme instrument de développement économique, social et environnemental durable des communautés. Ces institutions favorisent des produits accessibles à un grand nombre de clients plutôt que des produits sophistiqués destinés à une poignée d’individus.

L’adhésion de la Caisse d’économie solidaire à GABV marque un tournant. Après 45 ans d’existence, la Caisse met un pied dans la modernité. Non qu’elle soit dépassée ou que sa mission soit devenue désuète. Mais le monde change. ll faut se mettre au diapason.

La Caisse d’économie solidaire Desjardins affronte un drôle de défi. La mission qu’elle porte depuis des décennies de façon marginale devient «à la mode».

Ses valeurs aussi. La quête de sens, les préoccupations sociales de Milléniaux, l’investissement responsable, l’entrepreneuriat social… tout cela alimente l'actualité. « ll y a une occasion à saisir, dit Luc Rabouin, directeur développement stratégique et communications. Nous devons dire aux épargnants et aux entrepreneurs que nous offrons déjà tout cela.»

Parler aux Milléniaux

En 2016, la moitié des nouveaux membres de la Caisse d’économie solidaire avaient moins de 34 ans. Elle en veut plus. Mais pour cela, il faut revoir l’image et le message. La campagne «Mon REER sans pétrolière» a marqué le début des nouveaux efforts de communication.

«Il faut être plus moderne, poursuit Luc Rabouin. Que les jeunes qui veulent changer le monde s’approprient la Caisse. Qu’ils sentent que ce n’est pas l’institution de la génération qui les précède. Nous voulons qu’ils joignent notre mouvement au lieu de sentir le besoin de créer autre chose.»

Reconquérir les entrepreneurs collectifs

Le public naturel de la Caisse, ce sont les coopératives. Pour l’affirmer, elle vient de s’associer à PME MTL dans un projet qui vise le lancement, d’ici cinq ans, de 100 entreprises collectives à Montréal et 100 en région.

Le dilemme des entrepreneurs sociaux

L’expertise de la Caisse d’économie solidaire est du côté des coopératives et des OBNL. Elle finance bien quelques entreprises à but lucratif, mais ce sont des exceptions. Or, depuis quelques années, on voit émerger une créature hybride, l’entreprise sociale. Ces «inc» ont des valeurs voisines des coops et des OBNL, mais une structure complètement différente. La Caisse d’économie solidaire doit-elle leur faire une place dans son portefeuille? « On se donne le temps d’y réfléchir, répond Luc Rabouin. Nous suivons de près ce qui se passe dans le secteur de l’entrepreneuriat social. Nous sommes un membre fondateur de l’Esplanade, l’incubateur d’entreprises sociales.»

En attendant, lors de l’assemblée annuelle du 27 avril, on discutera, entre autres, du rôle que les coopératives pourraient jouer dans l’économie de plateformes et de transition énergétique. «Il faut être en phase avec les enjeux actuels, soutenir ce qui émerge», conclut Luc Rabouin.

 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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