Les entrepreneurs sociaux en ont marre de quêter!

Publié le 09/04/2014 à 09:37

Les entrepreneurs sociaux en ont marre de quêter!

Publié le 09/04/2014 à 09:37

En direct de Londres. «Les entrepreneurs sociaux ne veulent plus demander la charité pour leurs projets, ils veulent vendre leur impact.» Jason Saul, pdg de Mission Measurement.

La déclaration de M. Saul en dit long sur l'état d'esprit des entreprises sociales: elles en ont marre de quêter. D’abord, parce que c'est difficile. Ensuite, parce que ces entrepreneurs sont à l’image de tous les autres: ils désirent faire croître leur entreprise. Rejoindre davantage de clients, explorer de nouveaux marchés. Et ils réalisent que l’argent provenant des dons ne suffit pas à nourrir leurs ambitions. Il en faut plus. Il faut chercher ailleurs, s’y prendre autrement.

On en arrive inévitablement au marché des capitaux. Le problème est que l’argent de ce bassin d’investisseurs est assorti d’une liste d’épicerie. Ils veulent du rendement, certes. Mais ils exigent surtout des preuves, du solide, du concret.

Ce que les donneurs n’exigeaient pas vraiment. ( Quoi que la nouvelle génération de philanthropes verrait les choses autrement, dit-on.)«Si l’on veut un véritable marché du capital social, il faut standardiser le produit que l’on offre», explique Jason Saul, dont l’entreprise se spécialise dans la mesure de l’impact social.

« Les entrepreneurs sociaux sont comme les autres: ils veulent faire croître leur entreprise. Rejoindre + clients, explorer nouveaux marchés. »

M. Saul est conférencier au Skoll World Forum on Social Entrepreneurship, auquel j'assiste à Londres. Cet après-midi, il nous a expliqué que chaque entreprise sociale possède ses propres unités de mesure. Standardiser celles-ci, pour donner un point de comparaison aux investisseurs, s’avère irréaliste. Par contre, on peut standardiser les résultats des projets d’entrepreneuriat social.

Mission Measurement estime qu’il existe 122 impacts possibles associés aux projets d’entrepreneuriat social. Selon que vous visez la formation professionnelle, la santé mère-enfant ou l’alphabétisation, il y a des résultats reconnus universellement. Reste ensuite à voir comment votre projet (la façon dont il est structuré), contribue à l’atteinte de ses résultats. Quel pourcentage des clients que vos rejoignez obtient des résultats? Voilà ce que les investisseurs veulent savoir. Et ce que les entrepreneurs sociaux veulent vendre.

La bonne nouvelle, c’est que les uns et les autres ont envie de se parler. Pendant les ateliers, au lunch, sous les tentes installées dans la cour de la Saïd Business School de l’Université Oxford, les conversations ont grandement tourné autour de la façon de créer un pont entre les deux mondes. On sent beaucoup de curiosité de part et d’autre.

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À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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