Infoman inspire mon premier billet de 2019

Publié le 07/01/2019 à 13:47

Infoman inspire mon premier billet de 2019

Publié le 07/01/2019 à 13:47

Au spécial de fin d'année d'Infoman, Fabien Cloutier parodie la polarisation entre gentils et méchants sur l'air du hit de Michel Fuguain.

«Ils mangent des pousses de céleri, les Gentils.


Ils mangent des T-bone saignants, les Méchants.»


Ces paroles sont tirées du numéro de clôture du spécial de fin d’année d’Infoman, l’émission hebdomadaire de Jean-René Dufort. Dans ce numéro, on voit le comédien Fabien Cloutier chanter une version revisitée du classique de Michel Fugain et le Big Bazar, «Les gentils, les méchants».



1er janvier: je regarde Infoman en différé, la performance de Fabien me tire un grand sourire.


2 janvier: retour au travail, en naviguant pour planifier mon année 2019, je redécouvre la baladodiffusion «Beware cures for impact washing than can be worse than the disease», sur le site Impact Alpha. Le fondateur du site, David Banks, observe «un acharnement de plus en plus marqué à classer qui et quoi appartient et n’appartient pas à l’univers de l’impact». Il poursuit, «en insistant pour tout codifier, pour établir des principes, on crée un cercle fermé de gens dits vertueux.»


Un cercle fermé de gens vertueux…


J’avais déjà écouté cette baladodiffusion à l’automne 2018. La réentendre quelques mois plus tard, dans la foulée du numéro de Fabien Cloutier, lui donne une autre couleur. Cette baladodiffusion traite spécifiquement de l’investissement d’impact, celui qui est réalisé dans le but de générer des retombées sociales ou environnementales positives, en plus des rendements financiers. Impact Alpha questionne le blanchiment dont cette forme d’investissement est victime. De plus en plus d’institutions lancent des fonds «verts», «sociaux», «équitables», etc. La composition de ces fonds est parfois douteuse et les résultats pas toujours au rendez-vous. D’où les questions de cette baladodiffusion.


Faut-il établir des normes strictes pour éviter une telle récupération à des fins de marketing? Doit-on plutôt saluer, et tirer profit, de la popularité de l’investissement d’impact?


Il existe effectivement un clivage entre, d’un côté, les investisseurs en quête de bonnes occasions qui souhaitent aussi qu’une partie de leur argent puisse «faire une différence» et, de l’autre, ceux qui croient en la nécessité de changer le système financier en profondeur pour placer l’impact sociétal au cœur de toutes les décisions d’investissement. Le second groupe rassemble des pionniers et des convertis. Le premier, des explorateurs. «On devrait ouvrir la porte bien grand aux explorateurs, estime David Banks. Prendre l’argent qu’ils ont envie d’investir et s’en servir pour changer le système.»


«À qui appartient l’impact?» (Who owns impact?), c’est la question pivot de cette baladodiffusion. Elle est posée dans un contexte d’investissement d’impact, plaçons-la dans un contexte plus vaste: quelles entreprises peuvent affirmer générer un impact sociétal positif? Pour appartenir à ce club, faut-il en faire le centre de sa mission et s’y consacrer à 100%?


Dans la balado «Beware cures for impact washing than can be worse than the disease» on évoque un passage du flambeau qui serait en train de survenir. Un passage que l’on résume à travers le questionnement suivant:


Le flambeau de l’impact est-il :


-Transmis du petit cercle de pionniers vers ceux qui ont accès à un marché et un auditoire plus vaste?


-Tendu par obligation à ce nouveau groupe?


-Saisi par un groupe qui tente d’infiltrer le mouvement par opportunisme sans en partager les valeurs?


Voici la réponse de l’éditeur du site Impact Alpha, qui se définit comme un pionnier de la couverture de l’investissement d’impact: «Il n’existe aucun flambeau, ni à passer ni à transmettre ni à saisir. Il n’y a que des outils, des approches et des solutions qui peuvent être employés par tout le monde pour générer un impact positif.» Il poursuit, «Nous assistons à l’arrivée dans les organisations de diplômés très futés. Ils souhaitent contribuer à un impact positif. Je crois qu’ils sont authentiques. Le temps est venu de changer le paradigme qui divise le monde entre ceux qui travaillent dans le système et ceux qui veulent le changer. Cette vision du monde n’est plus pertinente.»


Je crois bien que Fabien Cloutier sera d’accord avec David Banks.


Le contenu de ce billet m’amène à adopter la résolution suivante pour 2019: je vais ajouter de la complexité dans ma vie et dans mes écrits. Je vais lutter contre la pression qu’on place sur mon secteur, les médias, pour qu'on simplifie constamment les enjeux qu’on évoque. Je vous invite d'ailleurs à lire ce billet de l'éthicien René Villemure intitulé «Raisonner ou résonner». Il y rappelle que la plupart d'entre nous se contentent de lire le premier paragraphe d'un texte pour se fabriquer une opinion et la semer à tous vents. À faire simple, on fait simpliste.


La vie, ce n’est pas simple. Les affaires et l’économie non plus. Je vais essayer de le refléter davantage, parce que je crois qu'ainsi je m'acquitterai mieux de ma responsabilité envers vous. Mais, je le ferai surtout pour moi, parce que j’en ai besoin.


«Ils mangent des pousses de céleri, les Gentils.


Ils mangent des T-bone saignants, les Méchants.»


Bon début d’année 2019


À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

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