Impact 8: 3 start-up, 3 scale-up, 15 entrepreneurs, 6 mois

Publié le 25/11/2016 à 11:49

Impact 8: 3 start-up, 3 scale-up, 15 entrepreneurs, 6 mois

Publié le 25/11/2016 à 11:49

Le bootcamp Impact 8, à la galerie Never Apart (sur la photo: Nectar, Doctr et le Réseau aidant)

La seconde cohorte de l’accélérateur Impact 8 - une initiative de l’Esplanade - est lancée.

Les entreprises sociales retenues passeront les six prochains mois, à temps partiel, à chercher comment générer davantage d’impact. Le programme est divisé en quatre blocs : modèle d’affaires, produit, culture/leadership et vente.

Cette deuxième cohorte peut être divisée en deux groupes: les start-up et les scale-up. Les entreprises en démarrage au stade de la preuve de concept et les entreprises à l’étape de la massification.

5 thèmes abordés au bootcamp Impact 8 (avec Nathalie Chapdelaine, d'Innoweave)

1- La nuance entre résultats (output) et effets (outcome). Quand il est question d’impact, on vise un effet pas des résultats.

2- Prioriser: quelles activités sont nécessaires et suffisantes pour générer l’impact visé?

3- Évaluer l’utilisation des ressources pour travailler à partir de ce que l’entreprise peut générer et non pas de ce qu’elle peut faire.

4- Savoir distinguer les faits connus des suppositions inconnues lorsqu’on élabore son modèle d’affaires ou qu’on l’ajuste.

5- Se rendre imputable d’une portion du grand rêve. Un entrepreneur social veut changer le monde. Mais il ne suffit pas de définir le méta changement social ou environnemental souhaité. Quelle responsabilité l’entrepreneur compte-t-il assumer concrètement dans ce changement.

Quatre pistes pour trouver son océan bleu

David Santelli, fondateur de Rhizome stratégies et cocréateur du programme Impact 8, a expliqué aux entrepreneurs qu’un modèle d’affaires créatif répond à l’un ou plusieurs des critères suivants.

1- Éliminer les facteurs concurrentiels sur lesquels notre industrie se bat depuis trop longtemps et déplacer la concurrence ailleurs.

2- Hausser la barre pour certains facteurs concurrentiels pour aller au-delà des standards généralement acceptés par le secteur.

3- Réduire le superflu, les externalités négatives.

4- Créer un nouveau facteur concurrentiel qui n’existait pas jusque-là.

Les 3 start-up d’Impact 8

Nectar, Marc-André Roberge, Xavier de Briey, Sacha Saint-Léger, Nicolas Libedinsky

Secteur: apiculture

Mission: à court terme, prendre soin de ceux qui prennent soin des abeilles. À long terme, aider tous ceux qui peuvent avoir un impact positif sur l’environnement à accroître cet impact.

Défi: développer une marque à partir de son produit et faire connaître cette marque.

Nectar a développé un capteur d’information pour les ruches. L’apiculteur n’a plus à ouvrir la ruche pour savoir ce qui s’y passe. Les informations sont acheminées directement dans son téléphone. Le capteur est testé dans 17 ruches des organismes Miel Montréal et le Santropol. Une campagne de sociofinancement est prévue d’ici quelques mois.

Nectar vise deux clientèles: les apiculteurs novices et les producteurs commerciaux. Faudra-t-il adapter le produit, la mise en marché et la distribution pour chacun des marchés (prix, caractéristiques)? Les deux marchés sont-ils aussi prometteurs et devraient-ils être poursuivis en même temps dès le début?

ÉAU (Écosystèmes alimentaires urbains), Émilie Nollet, Olivier Demers-Dubé

Secteur: agriculture urbaine

Mission: contribuer à l’autonomisation des populations, à l’efficience (économie circulaire) et à la résilience (adaptation) à travers l’agriculture urbaine.

Défi: passer de la preuve de concept à un modèle d’affaires pérenne.

À l’été 2016, le marché Jean-Talon a accueilli la première ferme québécoise verticale en aquaponie. La ferme urbaine ÉAU produit des fruits, des légumes et du poisson grâce à une technique qui emploie 80% moins d’eau que l’agriculture traditionnelle. Et qui produit 10 fois plus de nourriture par mètre carré. Les poissons se trouvent dans la portion inférieure de la ferme verticale. Une pompe achemine leurs rejets aux plantes qui se trouvent dans la partie supérieure de la ferme. Ces rejets servent d’engrais naturel. Bien que cette technique existe depuis des siècles, aux yeux des clients du 21e siècle, il s’agit d’une innovation. ÉAU doit donc établir la crédibilité de sa ferme. Peut-être faudra-t-il une certification ou une autre forme de reconnaissance officielle ? Et puis, il faut trouver un modèle de revenus.

Doctr, Quentin Gay, Stéphane Boyer, Elie Sauveterre, Jean-Philippe Fong, Philippe Genois)

Secteur: santé, technologie

Mission : simplifier et d’optimiser l’accès au système de santé par l’entremise d’une application.

Défis: accéder à l’information pertinente, développer sa notoriété.

L’application Doctr informe l’utilisateur, en temps réel, du taux d’occupation des cliniques et des hôpitaux. Elle permet aussi de prendre rendez-vous chez un médecin spécialiste dans un délai plus rapide. Doctr est déployée au Québec depuis juillet 2015. Plus de 81 000 Québécois utilisent Doctr.

Doctr affronte un défi technique et un défi humain. Son défi technique consiste à obtenir l’information en temps réel. Au Québec, pour l’instant, elle a accès au taux d’occupation des établissements de santé, mais pas aux temps d’attente. Dans les autres provinces, le temps d’attente est accessible. Le défi humain est associé aux comportements et aux habitudes. En principe, tout le monde a affaire au système de santé. Cette application devrait donc être téléchargée tous les Québécois qui possèdent un téléphone intelligent. En réalité, la plupart attendront d’être malade pour le faire. Et ils le feront s’ils savent que cette application existe. Il y a donc un défi de notoriété. Doctr devra probablement se trouver des partenaires qui parleront de son application parce qu’ils en tirent un avantage.

Les 3 scale-up d'Impact 8

Le réseau aidant (Huddol), Mark Stolow

Secteur : santé

Mission: soutenir les proches aidants.

Défi: faire migrer l’organisation, et son réseau, d’un modèle à but non lucratif vers un modèle à but lucratif.

Le réseau aidant c’est d’abord l’odyssée de Mark Stolow. Il a débuté sa carrière au centre de soutien pour les proches aidants du CSSS Cavendish. En 2004, il fonde, conjointement avec le CSSS Cavendish, l’OBNL Le Réseau aidant. Cet organisme est devenu le plus grand réseau d’apprentissage et de soutien à domicile pour les proches aidants canadiens. Après 12 ans, Mark migre d’une structure à but non lucratif vers une structure à but lucratif.

Exeko, Nadia Duguay, François-Xavier Michaux

Secteur: innovation sociale

Mission: favoriser l’inclusion sociale.

Défi: développer des sources de revenus autonomes.

Exeko a imaginé une pratique nommée «médiation intellectuelle» qui permet un dialogue égalitaire et constructif entre des publics hétérogènes. Cette pratique est reconnue par l’Unesco.

Exeko existe depuis dix ans. Elle a d’abord développé sa pratique pour les populations les plus marginalisées. Pour assurer sa pérennité, Exeko doit trouver des sources de revenus autonomes. Son défi de massification consiste à appliquer son modèle de médiation intellectuelle à des organisations en tous genres. On peut imaginer, par exemple, un organisme public vivant des enjeux de communication internes ou externes faire appel aux services d’Exeko.

Revivre, Stéphanie Fontaine, Jean-Rémy Provost

Secteur: santé

Mission: aide les personnes atteintes de troubles anxieux, de troubles bipolaires et de dépression.

Défi: nouer des partenariats pour déployer l’expertise à travers différentes clientèles et différentes régions.

Cet OBNL en santé mentale vise l’autonomisation de ses patients à travers la formation et l’information. Revivre a développé un portefeuille d’ateliers qui s’adressent autant aux professionnels de la santé qu’aux patients et aux proches aidants. Aujourd’hui, l’OBNL veut déployer cette expertise à l’extérieur du Québec. Des partenariats sont en cours avec Europe.

 

 

 

 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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