FoodBytes: oreilles de criss végétaliennes et autres délices

Publié le 29/05/2018 à 13:57

FoodBytes: oreilles de criss végétaliennes et autres délices

Publié le 29/05/2018 à 13:57

L'Américain Samy K., cofondateur de Snacklins (Crédit: FoodBytes)

Qu’y a-t-il dans votre assiette?

Sur quoi les jeunes pousses du secteur agro-alimentaire planchent-elles pour l’avenir?

Pour le savoir, j’ai assisté à la première édition canadienne de la compétition Food Bytes, de Radobank.

Des événements Food Bytes ont déjà lieu à NYC, San Francisco, Sydney, Boulder et Wageningen (Pays-Bas). Celui de Montréal s’est tenu à New City Gaz, le 16 mai dernier.

En deux heures, j’ai vu défiler un condensé de notre relation aux aliments et à ceux qui les produisent. Voici quelques exemples de ce qui se trame du côté de la bouffe.

Ah! Le plaisir…

Snacklins: des oreilles de criss végétaliennes

«Mangez tout le sac. Ne vous contentez pas d’une portion ridicule», c’est le slogan de la société américaine Snacklins, qui produit une version végétalienne des oreilles de criss! Comment peut-on imaginer un tel produit? Le cofondateur, Samy K. est un musulman de… l’Iowa.

Pow-Cow: la crème glacée sans culpabilité

«Un dessert bon au goût, bon pour la santé et riche en protéines, ça n’existe pas. J’ai décidé d’en créer un.» Niall Moloney est diététicien et coach. Après avoir testé au-delà de 200 recettes, cet européen a créé Pow-Cow, du yogourt grec glacé contenant 80% moins de sucre que la crème glacée. Il est disponible en trois saveurs : chocolat, coconut et mangue/fruit de la passion.

Partake: la bière sans effets secondaires

«Ce n’est pas parce qu’on choisit de laisser tomber l’alcool qu’on veut laisser tomber le goût et la socialisation. Prendre un verre est un acte social, pourquoi m’en priverais-je?», raconte le Canadien Tom Fleming. Ainsi est née la bière canadienne sans alcool Partake, assortie des devises, « Come partake with us » et « Who is ready to Partake ». On pourrait ajouter, « À vos marques… Partake! »

Amazstev : sucrer sans sucre et sans arrière-goût

La stévia est acceptée comme alternative au sucre dans de nombreux pays, dont le Canada. Le problème: la stévia laisse un arrière-goût amer dans la bouche. Il faut le masquer à l’aide de sucre ou d’édulcorants artificiels. La société québécoise Amazstev a développé un procédé qui élimine ce goût amer. La poudre blanche de stévia qu’elle fournit aux producteurs d’aliments et de boissons aurait de 300 à 350 le pouvoir sucrant du sucrose. Amazstev a aussi développé AmazSalt, une gamme d'ingrédients qui permettent une réduction de 50% du sel.

Je l’ai, presque, fait moi-même…

Evive : des smoothies en cubes

1-Poppez les cubes

2-Laissez fondre dans votre boisson favorite

3-Malaxez et savourez.

C’est la recette imaginée par les Québécois Claudia Poulin et Dominic Dubé, respectivement diplômés en psychoéducation et en génie mécanique. Ils produisent les 6 saveurs de leurs cubes Evive dans une usine de Saint-Hyacinthe. Ceux-ci sont vendus congelés dans des succursales Rachelle-Béry, IGA et Metro, entre autres. Ou ils sont livrés au domicile de ceux qui les achètent en ligne

Haro sur le gaspillage!

SmartCatch: des yeux dans les filets

«Le quart des prises des pêcheurs commerciaux sont inutilisables, explique Mark Dahm, PDG de SmartCatch. Elles sont trop petites ou ne respectent pas la réglementation. Il faut les rejeter. C’est du temps et de l’énergie gaspillés. Sans compter les dommages collatéraux pour la vie marine.» Sa société a imaginé des filets «intelligents» équipés de caméras et de senseurs qui permettent au pêcheur de connaître, en temps réel, le contenu de ses filets pour le contrôler avant de le remonter à la surface.

Les aliments ne poussent pas au supermarché

The Real Co.: l’agriculture simplifiée

The Real Co. vend sept produits dont l’origine est limpide. Ils quittent la ferme où ils sont cultivés pour l’un des 7000 points de vente. Tous les agriculteurs partenaires n’ont pas de réseau formel de distribution, The Real Co le devient. Les représentants The Real Co. visitent chaque ferme pour s’assurer qu’elle respecte les principes suivants :

1- Produire sans OGM et si possible avec une certification organique, végétalienne ou équitable;

2- Respecter des conditions de travail minimales pour les employés;

3- Utilisent leur terre et leur environnement local de façon équitable et durable;

4- Contribuer à leur communauté à travers la création d’emploi, de tourisme ou d’autres retombées tangibles.

Nourrir sa communauté

Podfoods: la revanche des petits

«Transformez votre épicerie en marché fermier intérieur», voilà ce que la société américaine Podfoods propose aux détaillants. Elle se déclare le B2B des marques locales». Podfoods déconstruit la chaine de distribution, conçue pour les grandes marques, pour en rebâtir une qui permet aux petites marques émergentes de faire leur chemin jusqu’aux tablettes des épiceries. Les détaillants commandent en ligne. Une quinzaine de projets pilote sont déployés aux États-Unis. Les détaillants ont le choix parmi 1500 produits répartis entre 200 marques.

Here Foods: le local-national

Here Foods est une marque locale… nationale. Je m’explique. Les produits qu’elle propose sont les mêmes dans tous les marchés, mais les recettes varient pour employer chaque fois des ingrédients locaux. « Locally grown, locally made ». Pour bâtir la marque Here Foods, on a débuté par trois catégories: des trempettes, des vinaigrettes et des jus. Au total, 17 produits sont offerts dans 520 magasins du Midwest américain. Here Foods est un producteur et un distributeur. Sa devise, « From Farm-to-Label ». Fidèle à sa mission locale, Here Foods donne 1% de ses revenus à des programmes de formation des agriculteurs.

Les gagnants de la première édition canadienne du concours FoodBytes: SmartCatch (Mark Dahm), Nectar (Marc-André Roberge) et Chas Smith

Et les gagnants sont…

Ils sauvent les poissons

Prix du jury : Smart Catch et ses filets intelligents

Ils parlent aux abeilles

Prix du public: la montréalaise Nectar, qui a développé une plateforme de gestion de l’apiculture guidée par les données. Elle repose sur l’IA et sur des capteurs installés dans les ruches pour permettre aux apiculteurs d’y monitorer l’activité et les besoins à distance.

Les érables sont leurs amis

Prix mention élogieuse: SAP! Beverage, cette société de Burlington, au Vermont, crée des boissons pétillantes de type superaliment, avec de la sève d’érable et de la sève de bouleau.

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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