Entrepreneuriat: les Canadiens aussi angoissés que les Chinois

Publié le 11/02/2016 à 16:33

Entrepreneuriat: les Canadiens aussi angoissés que les Chinois

Publié le 11/02/2016 à 16:33

(Photo: Shutterstock)

Les Canadiens perçoivent beaucoup plus d’occasions de se lancer en affaires que les Américains.

Mais les Américains ont davantage confiance en leur capacité d’entrepreneurs.

Et les Canadiens craignent beaucoup plus l’échec en affaires que les Américains.

Malgré ce qui précède, une proportion à peu près équivalente de Canadiens et d’Américains comptent se lancer en affaires au cours des trois prochaines années.

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On pourrait en conclure qu’en matière d’entrepreneuriat les Canadiens sont davantage «casse-cou» que les Américains. À moins qu'ils ne soient davantage terre-à-terre en misant davantage sur le potentiel concret de l’occasion d’affaires que sur leurs capacités pour réussir. Si l’occasion est bonne, le succès suivra. Un Américain dira pluôt : "J'ai le talent qu'il faut pour réussir".

Les Canadiens ont moins confiance en leurs capacités entrepreneuriales que les Américains. Mais ils ont autant l'intention de se lancer en affaires qu'eux.


« Même s'ils craignent plus l'échec et qu'ils ont moins confiance en leurs capacités, les Canadiens ont autant l'intention de se lancer en affaires que les Américains. »

J’ai tiré ces observations de la 17e édition du « Global Entrepreneurship Monitor » (GEM), une initiative du Babson College (États-Unis), Universidad del Derarollo (Chili), Universiti Tun Abdul Razak (Malaisie), Tecnologico de Monterry (Mexique) et London Business School (Grande-Bretagne).

Pourquoi se lance-t-on en affaires?

Trois facteurs influenceraient la décision de se lancer, ou pas, en affaires :

1- la perception des occasions d’affaires

2-la perception de ses capacités

3-la peur de l’échec.

Il est intéressant de voir comment pour les Canadiens, l’occasion d’affaires réussirait à occulter tout le reste. Même la peur de l’échec. Car, parmi les 60 pays sondés, le Canada se classe 22/60. (Les pays au haut du classement sont ceux où l’on craint le plus l’échec et ceux au bas du classement, ceux où l’échec effraie le moins.) Avec une 22e position, les Canadiens affichent le même niveau de peur de l’échec en affaires que les Chinois. Voilà qui mérite qu’on s’y arrête.

Malgré notre histoire entrepreneuriale. Malgré les campagnes, les programmes incitatifs et les exemples de réussite entrepreneuriale, les Canadiens craignent autant l’échec en affaires que les Chinois qui, eux, commencent à peine à découvrir l’entrepreneuriat.

Pourtant, malgré cette peur, les Canadiens se lancent en affaires. Et ils semblent avoir l’intention de continuer.

Bref, même si les Canadiens ont aussi peur de l’échec que les Chinois, et qu’ils ont moins confiance en leurs capacités entrepreneuriales que les Américains, ils plongent.  Pourquoi? Je tente une réponse: peut-être parce qu’il existe un écosystème entrepreneurial suffisamment fort pour leur donner confiance, malgré leurs doutes. Et si, lorsqu’il est question d’entrepreneuriat, nous accordions trop d’importance aux facteurs intangibles au détriment des facteurs tangibles? Je sais qu’il faut une bonne dose de courage pour se lancer en affaires. Et beaucoup de persévérance pour réussir. Mais les résultats de ce sondage me laissent perplexe.

 

 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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