Diane Bérard: Start-Up America, l'ambitieux projet de soutien à l'entrepreneurship d'Obama, voué à l'échec?

Publié le 10/02/2011 à 13:27, mis à jour le 10/02/2011 à 14:12

Diane Bérard: Start-Up America, l'ambitieux projet de soutien à l'entrepreneurship d'Obama, voué à l'échec?

Publié le 10/02/2011 à 13:27, mis à jour le 10/02/2011 à 14:12

BLOGUE. Comment développe-t-on des entrepreneurs?

Comment stimuler le désir de créer son propre emploi ainsi que des dizaines d’autres?

 A- En accordant du financement

B- En offrant de la formation

C- En limitant les barrières administratives

D- Toutes ces réponses

La réponse d’Obama : D

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 C’est pourquoi il a lancé la semaine dernière Start-Up America dont le président du conseil est nul autre que Steve Case, qui a connu son heure de gloire alors qu’il a fondé AOL et son Waterloo lorsqu’il a fusionné avec Time.

Cette méga-initiative publique/privée inclut du financement (deux programmes de 1G$ chacun), un réseau national de formation, des programmes de r&d ainsi que des initiatives de réduction de paperasse (l’une des principales barrières à l’entrée pour quiconque souhaite démarrer son entreprise). Pour ne rien rater on a tout mis!

 La question : Start-Up America est-elle la bonne formule? Est-ce de l’argent bien investi?

 Peut-être pas. Je vous invite à lire cette entrée plutôt critique de Steve Blank, un pionnier de Silicon Valley qui a démarré 8 entreprises techno.

 Steve Blank est un entrepreneur si influent et respecté qu'on a pensé à lui pour le poste de PDG de Start-Up America. Il a refusé estimant Start-Up America voué à l’échec pour trois raisons :

 1-  Il ne fait pas partie intégrante d’une stratégie nationale de développement économique. Il faut s’intéresser à la fois aux emplois qu’on créée et à ceux qu’on perd sinon il n’y a aucune création nette, seulement un transfert.

 2-Il n’y a pas d’entrepreneurs à la Maison-Blanche ni au Congrès.

 « On veut encourager la création d’entreprises en réunissant des professeurs, des économistes et des PDG de grandes entreprises. C’est parfait pour pondre des rapports mais pas mal moins pour implanter des changements. »

 « On demande aux entrepreneurs de faire voler l’avion à partir du siège du passager. »

 3-On met tout dans le même panier. Il existe 4 formes d’entrepeneurship et chacune a des besoins différents. On n’accorde pas les mêmes ressources à une TTE qui n’aspire qu’à nourrir l’entrepreneur et sa famille qu’à un spin-off d’une grande entreprise ou une PME à fort potentiel.

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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