Diane Bérard: pourquoi je ne voudrais pas m'appeler George Osborne

Publié le 13/05/2011 à 14:32, mis à jour le 13/05/2011 à 14:47

Diane Bérard: pourquoi je ne voudrais pas m'appeler George Osborne

Publié le 13/05/2011 à 14:32, mis à jour le 13/05/2011 à 14:47

BLOGUE Je ne voudrais pas m’appeler George Osborne. Pas que Diane Bérard soit particulièrement transcendant comme combo prénom/nom de famille. Mais, si je m’appelais George Osborne, je serais chancelier de l’Échiquier de la Grande-Bretagne, soit ministre des finances et du trésor.

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 Sitôt entré en poste, en mai 2010, j’aurais dû :

 -appliquer un plan d’austérité sans précédent. D’autres ministres des finances européens et nord-américains l’ont fait aussi, vous me direz. Vous avez raison. Mais, au moins, dans le cas de certains pays d’Europe, comme la France et l’Allemagne, la performance économique actuelle donne espoir aux citoyens.

 Ce qui n’est pas le cas en Grance-Bretagne. Au premier trimestre de 2011, l’économie de l’Allemagne a connu une croissance de 1,5% et celle de la France, de 1% c'est peu mais c'est tout de même mieux que la Grande-Bretagne qui a dû se contenter d’un maigre 0,5%. Elle serait passée de la récession à la dépression avec un PIB en baisse de 4% par rapport à 2010. Et l’on prévoit une autre chute de 3% pour 2011.

 -accepter d’allonger environ 12 G d’euros pour venir au secours de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal. Et cela, à mon corps défendant parce que c’est mon prédécesseur, Alistair Darling, qui a accepté de cotiser au Fonds de sauvetage de 750G d’euros des pays européens.

 J’aurais pu refuser, renverser cette décision que je n’endossais pas et que je n’avais pas prise. Mais, cela aurait été risqué. Il y avait le momentum du groupe et les risques de contagion. Et puis, je venais d’entrer en poste, quelle crédibilité aurais-je eu?Bref, d’un côté, George Osborne a demandé aux Britanniques de se serrer la ceinture. Et, de l’autre, il a donné l’argent de ses citoyens aux États européens délinquants.

 Rappelons un détail important : la Grande-Bretagne ne fait pas partie de la zone euro. Elle a refusé.

 Nous voici venus à ce printemps. La Grèce a,encore, besoin d’aide. Et il semble bien que, même si la possibilité qu’elle quitte la zone euro pour retrouver sa monnaie, plus faible, ait été évoquée, ce n’est pas ce qui se dessine. Un pour tous, tous pour un!

 Mais, cette fois, la donne est différente. George Osborne n’a pas à vivre avec les décisions de son prédécesseur. Il a toute la latitude pout décider. Et il refuse le »Un pour tous, tous pour un ». La Grande-Bretagne ne participera pas à ce nouveau plan de sauvetage.

 La question : George Osborne est-il sage ou fou? Voit-il clair ou se met-il la tête dans le sable?

À moins que...

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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