Diane Bérard: doit-on permettre aux entreprises de rapatrier leurs profits étrangers à rabais?

Publié le 21/06/2011 à 09:19, mis à jour le 21/06/2011 à 09:19

Diane Bérard: doit-on permettre aux entreprises de rapatrier leurs profits étrangers à rabais?

Publié le 21/06/2011 à 09:19, mis à jour le 21/06/2011 à 09:19

BLOGUE Jusqu’où un gouvernement doit-il aller pour favoriser la reprise? Les États-Unis sont-ils si mal en point qu’ils doivent tout essayer?

Je m’explique: depuis quelques jours, les grandes sociétés américaines réclament qu’on baisse , ,pendant un an, le taux d’imposition sur les profits réalisés outre-mer (repatriation holiday). Ce taux passerait de 35% à 5,25%... Comme vous pouvez le lire dans cet article du Seattle Times et cet autre du New York Times.

À cette condition, des enterprises comme Apple, Google et Microsoft seraient disposer à rapatrier leurs milliards qui “dorment” à l’étranger.

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Des dizaines de milliards de dollars, c’est l’argent que le gouvernement américain pourrait tirer à court terme des profits rapatriés. De l’argent sonnant pour combler un deficit de plus en plus encombrant.

Et que dire de ce billion de dollars que les enterprises elles-mêmes et d’autres affirment qu’elles injecteront dans l’économie américaine si le gouvernement accepte ce pacte. Enfin, c’est ce que les Google de ce monde et leurs lobbysistes affirment. Ils vendent cette mesure comme du “nouveau plan de relance de l’économie américaine” ( “the next stimulus”)

Jim Rogers, le pdg de Duke Energy – une société qui aurait 1,3 G de profits “gelés” à l’étranger- affirme que “ pour chaque milliard que nous investierons dans l’économie cela créera entre 15 000 et 20 000 emplois directs et indirects”.

Restons calmes.

Ce n’est pas la première fois que les enterprises réclament ce passe-droit. Et elles l’ont déjà obtenu en 2005 sous l’administration Bush.

Résultat: 800 entreprises en ont profité pour rapatrier 312 milliards de dollars aux États-Unis…. dont 92% aurait été utilisé pour verser des dividends et effectuer du rachat d’actions, selon une etude du National Bureau of Economic Research.

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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