Des trucs pour que l'histoire de votre entreprise mérite un Oscar

Publié le 27/02/2017 à 11:05

Des trucs pour que l'histoire de votre entreprise mérite un Oscar

Publié le 27/02/2017 à 11:05

À Hollywood comme en affaires, ceux qui se démarquent maîtrisent le "storytelling"

Au-delà de la confusion entourant le dévoilement du film de l’année, des faux-pas et des excès vestimentaires des stars et starlettes, que retenez-vous des Oscars?

Ceux qui savent raconter de bonnes histoires ont une sacrée longueur d’avance sur les autres. Et pas seulement à Hollywood. Dans le monde des affaires aussi. Vendredi dernier, les entrepreneurs de l’accélérateur Impact 8 ont eu droit à un cours de 3 ½ heures sur le sujet. Le formateur, Jean-Michel Couture, de la firme Agéco, leur a proposé la piste suivante: raconter l’histoire de leur entreprise à travers leur impact sociétal. Après tout, de plus en plus de citoyens/consommateurs veulent des entreprises qui «font bien et font le bien» («do well and do good»). Voici quelques pistes pour vous aider aborder vos activités autrement. Et raconter une histoire qu’on a vraiment envie d’écouter.

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Comment une entreprise peut faire du storytelling à partir de son impact sociétal

«Chaque activité, produit ou service d’une entreprise induit des changements positifs ou négatifs, à court ou à long terme, de façon intentionnelle ou imprévu, directe ou indirecte sur la vie et le bien-être de ses parties prenantes », dit Jean-Michel Couture, chargé de projet chez Agéco.

Première étape: élaborer la chaîne causale de son entreprise

Pour éviter le socioblanchiment et l’écoblanchiment, assurez-vous que votre entreprise est bien responsable de l’impact dont elle se réclame. C’est pourquoi il faut établir votre chaîne causale. Voici comment y arriver, en prenant comme exemple une entreprise qui décide de contribuer bénévolement à la construction d’un ou de plusieurs parcs.

1-Quels sont vos intrants? Ce sont les ressources requises pour réaliser vos activités (le temps, l’argent, l’équipement, etc.)

2-Quelles sont vos activités? Ce sont les actions que votre entreprise pose qui peuvent avoir un impact sur vos parties prenantes. Dans ce cas, il s’agit de la construction du parc.

3- Quelles sont vos réalisations? Il s’agit de la portée de vos activités. Par exemple, le nombre d’heures bénévoles que vos employés ont consacré à la construction.

4- Quels sont vos résultats? Ce sont les conséquences à court terme de vos activités. Ici, il est question du nombre de parcs construits.

5-Quels sont vos impacts? Ce sont les changements induits à long terme dans la vie des personnes concernées (parties prenantes). Il est ici question, par exemple, de l’impact des nouveaux parcs sur la vie des jeunes du quartier, la réduction du désoeuvrement et peut-être de la délinquance, la santé, etc.

Deuxième étape: choisir les pratiques ou les retombées

Deux chemins d’offrent à votre entreprise pour raconter son impact sociétal: présenter vos pratiques ou vos retombées.

Raconter ses pratiques

C’est ce que vous faites. Ce sont vos procédures. Ce sont les certifications que vous décrochez, les normes internationales auxquelles vous adhérez, etc. Ces pratiques indiquent que le cadre dans lequel votre entreprise opère a été vérifié. On pourrait assumer qu’en faisant les bonnes choses vous aurez un impact sociétal positif.

Raconter ses retombées

Cette fois, vous mesurez l’effet de vos activités. Il existe des dizaines de mesures possibles. Pour vous inspirer, et trouver des indicateurs corrélés à vos activités, Jean-Michel Couture suggère une visite sur le site britannique Social Value International pour consulter l’outil « browseGVE ». Vous entrez un mot-clé lié à votre secteur d’intervention et on vous propose des indicateurs et des mesures d’évaluation d’impact.

Les 3 façons d’attribuer une valeur à vos retombées sociétales

1- Par l’entremise des résultats atteints.

2- Par ce que nos activités ont permis d’éviter : on a moins de … au lieu de plus de … Qu’a-t-on permis d’économiser?

3- Du point de vue de la, ou des, partie(s) prenante(s) concernée(s).

Lemot de la fin: trois principes importants

1-Lorsque votre entreprise évalue les retombées de ses activités, considérez aussi les retombées indirectes. Ce que vous avez construit a-t-il contribué à détruire autre chose ailleurs?

2- Accordez de la valeur à ce qui compte. Ce n’est pas nécessairement ce que votre organisation pense, c’est ce que vous parties prenantes pensent. Pour cette raison, un exercice de calcul de retombées sociétales inclut toujours les parties prenantes.

3- Soyez transparent, «Ce qui tue les évaluations d’impact sociétal c’est la démarche, pas le résultat», rappelle Jean-Michel Couture.

 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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