Pourquoi Ubisoft et Lavery veulent la certification parité

Publié le 14/09/2017 à 08:34

Pourquoi Ubisoft et Lavery veulent la certification parité

Publié le 14/09/2017 à 08:34

Anik Trudel, chef de la direction du cabinet Lavery, une des 13 organisations de la première cohorte de la certification parité

Le cabinet juridique Lavery compte 66% de femmes dans ses rangs.

Dans les bureaux montréalais d’Ubisoft, 20% des employés sont des femmes.

En juin dernier, ces deux organisations ont entamé le processus de certification parité. Une certification toute neuve développée par l’OBNL québécois la Gouvernance au féminin.

Au Québec, 17 sociétés ont amorcé cette certification. Ce sont, Administration portuaire de Montréal, Banque Nationale, Bureau en gros, CNESST, Mouvement Desjardins, Fairmont Château Frontenac, Intact Corporation Financière, La Coop fédérée, Lavery de Billy, LCI Éducation, McKesson Canada, Rio Tinto, Sodexo Québec, Financière Sun Life, SAP Canada, Ubisoft et RBC Banque Royale. Et ce soir, au Palais de congrès de Montréal, un gala récompensera les entreprises certifiées ainsi que trois organisations qui se sont distinguées dans le dossier parité.

Les motivations de Lavery et celles d’Ubisoft sont très différentes

Près de 65% des diplômés en droit sont des femmes. Les cabinets ont donc accès à un vaste bassin pour recruter des avocates et, éventuellement, les promouvoir au rang d’associées.

Dans les écoles de génie, on trouve entre 10% et 30% de femmes, selon la faculté. Il en va de même pour les sciences en général. Ubisoft ne peut pas faire de miracles. Recruter des créatrices de jeux vidéo ne va pas de soi.

Ces deux organisations illustrent bien les défis de la parité

Pour certaines organisations, ils se présentent dans le milieu de travail. Casser les préjugés. Surmonter les insécurités. Refuser les chasses gardées. Dans d’autres industries, tout se joue bien avant, soit à l’école. Casser les préjugés Ouvrir les esprits. Donner confiance. Expérimenter. On ne peut pas promouvoir des candidates que l’on n’a pas.

Les motivations de Lavery

Chez Lavery, on a entamé cette certification - un exercice qui a nécessité plusieurs semaines et la collaboration de nombreux départements - pour trois raisons, explique Anik Trudel, la chef de la direction du cabinet :

-Élever la barre, «Nous avons tendance à comparer notre performance parité avec les autres cabinets. Nous devrions plutôt nous comparer aux grandes sociétés. Cela donne une autre conversation.»;

-Se fixer des objectifs. «Ce processus inclut du soutien et des recommandations. Il est réconfortant de savoir comment aller de l’avant.»;

-Mobiliser toute l’organisation, «Cette norme s’intéresse aux postes de tous les niveaux de l’organisation, depuis l’entrée jusqu’à la direction. Elle nous force à réfléchir à la progression de toutes les employées.»

Les motivations d'Ubisoft

Ubisoft, quant à elle, connaît très bien son score de parité. Et elle est consciente qu’il ne grimpera pas l’an prochain ni l’année suivante. Celles qui pourraient changer la donne sont encore sur les bancs d’école. C’est pourquoi Ubisoft collabore avec de nombreuses institutions, du primaire jusqu’à l’université, pour stimuler l’intérêt des filles pour les sciences. «Nous abordons le processus de certification parité avec humilité, explique Francis Baillet, vp affaires corporatives. Notre industrie est sur la sellette pour la faible participation féminine. Cette démarche de certification est un message fort quant à notre désir d’avoir le plus de femmes possible dans nos rangs.» Il poursuit, «C’est plus qu’un désir, c’est un besoin. Nous appartenons à une industrie créative. Nous avons constamment des problèmes à résoudre. Si tout le monde provient du même moule, de nombreux angles de solution nous échappent.»

Vivre avec les projecteurs braqués sur son organisation

Il fallait un brin d’audace pour accepter de faire partie de cette première cohorte de la certification parité. Ces 17 entreprises s’exposent. Elles se mettent de l’avant et créent des attentes. On les voit à l’avant-scène de la transformation vers des organisations plus justes où tous les talents auront la chance de s’exprimer et qu’ils seront rémunérés avec équité. On attendra du concret de la part de ce groupe de 17.

Lavery compose bien avec cette pression. «Nous voulons être un acteur de changement, dans notre profession et dans la société, affirme Anik Trudel. Nous allons faire la promotion de ce que l’on fait dans le dossier parité. Si nous pouvons ouvrir la voie, tant mieux.»

On peut remplir un questionnaire sur la parité en cochant des cases correspondant aux politiques officielles de l’entreprise.

Ou bien, on peut entamer une véritable réflexion qui permet de mesurer l’écart entre les politiques de l’entreprise et ses traditions. Les deux organisations que j’ai interviewées semblent prêtes à réfléchir. Tant mieux, parce que nous les aurons à l’œil.

 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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