Bérard - Apple joue le «fabriqué aux États-Unis» contre le «fabriqué en Chine»

Publié le 06/11/2013 à 11:01, mis à jour le 06/11/2013 à 11:48

Bérard - Apple joue le «fabriqué aux États-Unis» contre le «fabriqué en Chine»

Publié le 06/11/2013 à 11:01, mis à jour le 06/11/2013 à 11:48

Le magnat taïwanais Terry Gou, président du CA Foxconn

BLOGUE - Apple ouvrira une usine en Arizona. On évoque la création de 700 emplois directs et 1300 emplois indirects.


Pendant ce temps, en Chine, Foxconn, l’un des principaux sous-traitants d’Apple, se lance en douce dans la création de jeux vidéos. Le premier jeu serait mis en marché dans six mois. Foxconn aurait noué un partenariat avec Disney Fantasy Online. La société chinoise serait en mode recrutement, à la recherche de développeurs spécialisés en HTML 5.


Ces deux histoires sont liées. Elles incarnent le nouvel équilibre économique qui se dessine. D’un côté la montée du «made in USA», « made in France », « made in Canada », autant d’initiatives de réindustrialisation de l’Occident. De l’autre côté, la montée de la Chine dans la chaîne de valeur.


La relation Apple\Foxconn est douloureuse depuis plusieurs années déjà. Foxconn est connue comme l’entreprise dont les employés se suicident parce qu’ils sont maltraités. C’est certainement avec joie qu’Apple prend petit à petit ses distances de ce sous-traitant. Quand à Foxconn, il a tout à gagner à se départir de son image d’atelier de misère pour adopter un statut plus contemporain d'entreprise créatrice et innovante.


Apple n’est pas la seule entreprise qui ramène certaines activités aux États-Unis. Caterpillar et GE ont fait de même. Ils s’installent généralement dans les États du sud, là où les salaires sont bas et les lois du travail, accomodantes.


Quel est le bilan de ce mouvement du commerce? Il est mitigé. Les États-Unis gagnent des emplois manufacturiers. Ceux-ci s’avèrent toutefois moins bien rémunérés que ceux qu’ils remplacent. La Chine, pendant ce temps, remplace des emplois peu spécialisés par d’autres à valeur ajoutée. Une bonne nouvelle. Il faudra toutefois ajuster l’offre et les programmes de formation. On ne transforme pas des travailleurs d’usine en programmeurs HTML 5 en criant lapin.


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À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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