À tous ceux qui n'assisteront pas au Forum de l'économie sociale

Publié le 06/09/2016 à 11:00

À tous ceux qui n'assisteront pas au Forum de l'économie sociale

Publié le 06/09/2016 à 11:00

Jean-Martin Aussant, dg du Chantier de l'économie sociale. (Photo: courtoisie)

Cette semaine (7 au 9 septembre), Montréal accueille le Forum mondial de l'économie mondiale (GSEF) au Palais des congrès. Si vous faites partie de ceux qui n’y serez pas, ce billet vous est destiné. Vous êtes employé ou cadre dans une petite ou une grande organisation? Vous êtes entrepreneur? Votre entreprise fabrique des armoires ou offre des services financiers? À moins que vous ne possédiez un restaurant ou un commerce? Vous avez développé une application qui simplifie la vie de milliers de gens? Bref, vous vous estimez très loin de l’économie sociale. Votre entreprise n’est pas une coopérative. Et elle n’a pas été créée pour résoudre un problème social. Pourtant, ce colloque à un lien avec vos affaires.

Pourquoi l’économie sociale concerne tous les acteurs économiques

1- Parce qu’elle contribue à la cohésion sociale, donc elle réduit le risque d'affaires

Au Québec, l’économie sociale regroupe les coopératives, les mutuelles et les OBNL qui ont des activités marchandes. Ces entreprises produisent des biens et des services de différentes natures afin de répondre aux besoins de leurs membres ou de la communauté. «Le Québec est reconnu pour sa cohésion sociale, souligne Béatrice Alain, dg du GSEF. L’économie sociale contribue à cette cohésion qui rend les écosystèmes plus résistants aux crises économiques et sociales.» Si votre entreprise se situe dans un milieu à l’économie sociale robuste, cela diminue votre risque d’affaires.

2- Parce qu’elle contribue à réduire l’absentéisme et le stress chez les employés

La conciliation travail-famille constitue un enjeu majeur pour de nombreux employés. Et, dans une société qui vieillit, cette conciliation se décline à la fois à travers les soins aux enfants et aux parents. Imaginons que votre entreprise soit installée dans une communauté en déficit d'habitations pour aînés et de services de garde. Les citoyens doivent confier leurs enfants et leurs parents à des organisations éloignées de chez eux. Le taux d’absentéisme dans votre entreprise sera forcément plus élevé. Tout comme le niveau de stress de vos employés.

3- Parce qu’elle contribue à la richesse collective. Plus de citoyens fortunés équivaut à plus de clients potentiels

«Si vous vous approvisionnez chez une coopérative locale, votre argent restera dans la communauté plutôt que d’être retourné à des actionnaires disséminés un peu partout, précise Jean-Martin Aussant, dg du Chantier de l’économie sociale. À moyen terme, la collectivité s’enrichit, ce qui sécurise les clients que vous avez déjà et vous permet d’en gagner d’autres.»

«Les participants du GSEF, ce sont vos partenaires, dit Béatrice Alain. Des partenaires qui contribuent directement et indirectement au succès votre entreprise.»

Cette affirmation en étonnera plusieurs. «Les préjugés ont la vie dure, reconnaît Jean-Martin Aussant. L’économie sociale, c’est plus que de l’aide aux poqués de la société. C’est carrément du développement économique.»

Supposons que je vous aie, un peu, convaincu que l’économie sociale contribue à la vitalité de votre entreprise. Comment pouvez-vous y contribuer concrètement?

Comment contribuer à l’économie sociale lorsqu’on ne fait pas partie de ce secteur?

1- S’approvisionner après d’une coopérative ou d’un OBNL ;

2- Entrer en contact avec le pôle d’économie sociale de votre région pour s’enquérir des projets en cours et voir si certains ont besoin de vos compétences particulières pour avancer. Prêter ses employés quelques heures à une entreprise d’économie sociale est à la portée de toutes les organisations. Et puis, l’employé y gagne de l’expérience et, en prime, de la motivation.

Comment trouver les entreprises d’économie sociale?

Le site economiesocialequebec.ca répertorie par secteurs un certain nombre d’entre elles. Et le site commercesolidaire.com planche sur une plateforme transactionnelle qui permettra de trouver des fournisseurs locaux et de faire des affaires avec eux.

Le mot de la fin

«Je sais que l’économie sociale est une expression employée partout dans le monde. Et elle est juste. Mais si nous parlions plutôt d’entrepreneuriat collectif, ce serait plus facile de surmonter les préjugés. Les mots ont leur importance. Et il faut se montrer concret. Inspirons-nous du développement durable. Il s’est déplacé vers l’économie circulaire pour démontrer qu’être environnementalement responsable c’est rentable. Nous devons opérationnaliser l’économie sociale. Démontrer qu’il est rentable d’avoir une conscience sociale. Les jours où l’entreprise ne se voit pas comme partie de la communauté achèvent», conclut Jean-Martin Aussant, du Chantier de l’économie sociale.

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueur et journaliste de solutions pour la marque Les Affaires. Elle contribue à l’édition papier, au contenu web et à l’animation des événements. Elle pratique le journalisme de solutions qui consiste à présenter, avec un regard critique, des initiatives qui tentent de résoudre des problèmes sociétaux. Ses champs d’intérêt sont le nouveau capitalisme, l’innovation sociale, l’éthique, la gouvernance et la finance socialement responsable. Elle est régulièrement invitée à commenter ces enjeux dans les médias. Elle a coécrit quatre best-sellers (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi, J’ai perdu ma montre au fond du lac, La chaise rouge devant le fleuve). Son blogue, «Le fil de Diane» aide le lecteur à trouver le chemin vers une économie à impact sociétal positif.

Diane Bérard

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