Bourse: récession, quelle récession?

Publié le 16/06/2023 à 07:30

Bourse: récession, quelle récession?

Publié le 16/06/2023 à 07:30

Une vue extérieure de Wall Street

Alors que l'on approche de la mi-année, force est de constater que la première économie mondiale est beaucoup plus résiliente que prévu. (Photo: 123RF)

BALADO. Beaucoup d'économistes prédisaient une récession durant la première moitié de 2023 aux États-Unis. Alors que l'on approche de la mi-année, force est de constater que la première économie mondiale est beaucoup plus résiliente que prévu.

Luc Girard, gestionnaire de portefeuille chez Noël, Girard, Lehoux Valeurs mobilières Desjardins, soutient que deux facteurs principaux expliquent cette résilience: «Premièrement la vigueur du marché de l’emploi et, deuxièmement, une consommation qui est demeurée ferme. Les deux facteurs sont bien sûr intimement liés car si vous ne craignez pas de perdre votre emploi, vous ne craindrez pas de perdre votre maison et vous serez donc plus à l’aise de continuer à consommer», explique-t-il.

Il prévient toutefois que la récession finira par frapper. Reste à savoir si les autorités réussiront un atterissage en douceur ou non.

L'inflation américaine reste aussi vigoureuse, ce qui a fait dire au président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Jerome Powell, que d'autres hausses de taux seraient nécessaires, même s'il a choisi de faire une pause le 14 juin. Comment doivent réagir les investisseurs à cette nouvelle?

«Il faut se rappeler que la Fed a deux mandats soit de viser le plein emploi et assurer la stabilité des prix. Le plein emploi étant sous contrôle, elle peut se concentrer sur l’inflation encore trop élevée, ce qui milite pour d’autres hausses cette année. Est-ce 2023 sera l’année des dernières hausses, c’est ce que le président de la Fed a signalé», dit-il.

Luc Girard explique que peut importe l'horizon d'investissement, l’inflation et les récessions auront toujours un impact sur les portefeuilles à court, moyen et long terme. «En Bourse, il faut éviter les erreurs coûteuses. C’est pourquoi il est important de constamment ajuster le tir. On ne parle pas ici de changer de profil. On parle d’ajustements d’allocations d’actifs, géographiques et sectoriels», dit-il.

Si une récession nord-américaine devait frapper, il est certain que les États-Unis reprendront leur place de valeur refuge et que le Canada sera plus affecté, en raison de la surpondération des marchés boursiers en ressources naturelles, et du surendettement des consommateurs.

«Dans la situation où nous aurions un atterrissage en douceur suivi d’une reprise économique, le Canada 'surperformerait' les États-Unis de par surpondération en ressources naturelles», croit-il.

 

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