Robot contre conseiller: qui gagnera la guerre?

Publié le 18/08/2016 à 15:30

Robot contre conseiller: qui gagnera la guerre?

Publié le 18/08/2016 à 15:30

(Photo: 123rf.com)

Si vous êtes du genre à ne pas vouloir de conseiller financier dans votre décor, vous êtes de mieux en mieux servi par la technologie.

Quel bonheur de ne pas avoir de contrainte! En investissant via l'une des plateformes de courtage disponibles sur le net, tous les titres des marchés sont à votre portée à peu de frais. Vous pouvez ainsi faire des rendements mirobolants sans être freiné par le trop grand nombre de poids morts – à votre goût – que traînent les gestionnaires de portefeuille.

Cependant, le risque associé à ce type de gestion (personnelle) est très grand. Il est vrai que le potentiel de rendement est supérieur à celui de n’importe quel gestionnaire professionnel. Bien sûr qu’il y a le cas de ce penny stock qui multiplié sa valeur par 297 en quelques heures… ou de cette option qui a rendu millionnaire telle ou telle personne. Mais pour avoir cette chance, il faut être un parieur. C’est comme un billet de loterie. Les chances sont énormes de perdre de l’argent en bout de ligne.

Et les statistiques démontrent que le rendement moyen d’un investissement en herbe est nettement inférieur à celui du marché.

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À moins d’être un connaisseur et d’avoir beaucoup de temps à consacrer à son portefeuille, il est préférable de faire appel à des professionnels. Ces gens réaliseront, en moyenne, un meilleur rendement que le vôtre… après vous avoir chargé des frais. Ces frais sont très variables d’une structure et sont généralement décroissants selon la taille du portefeuille que vous leur confiez. Jusqu’ici, ça se défend bien… mais encore…

Depuis quelques mois, il y a une nouvelle vague qui envahit Internet dans le domaine du placement. Ce sont les robots-conseillers. Leur travail consiste à investir dans des Fonds négociés en bourse (FNB) selon votre profil d’investisseur. Les frais ainsi exigés peuvent être inférieurs de façon significative à ceux des gestionnaires professionnels.

Vous choisissez donc votre profil d’investisseur et le robot fait le reste. Il investit dans les marchés selon une répartition qui correspond à votre profil et il procède à un rééquilibrage de façon périodique. Infatigable travailleur, il demande un salaire ridicule pour ce qu’il accomplit…

Ce « gestionnaire » constituerait-il une vraie menace aux conseillers en placements?

Je pense que oui… pour certains conseillers. C’est un peu comme si on se demandait si les médecins seront remplacés un jour par des programmes informatiques où un patient répond aux questions et le programme pose un diagnostic et prescrit le traitement approprié…

Un conseiller qui ne fait que le minimum requis, c’est-à-dire rencontrer annuellement son client pour faire une mise à jour de son profil et rééquilibrer son portefeuille a de quoi craindre ces robots, à mon avis. Mais un conseiller qui va au-delà du simple minimum, un conseiller qui donne des conseils d’autre nature est mieux équipé pour faire face à cette nouvelle mode.

Et pour ce faire, il doit entrer dans une zone de subjectivité, il doit répondre aux préoccupations précises de son client. C’est à ces réponses que le client accordera une valeur à son conseiller et non simplement à la plus-value, disons « objective », générée par son intervention. Qu’est-ce que je veux dire par ce charabia?

Je veux dire que la plus grande valeur ajoutée à la richesse d’un individu se génère avec un RENDEMENT de portefeuille plus élevé. Cela signifie qu’une fois les éléments de base en place (assurance, structure fiscale…), rien ne rivalise, sur le long terme, avec un rendement de portefeuille plus élevé de 1% qu'un concurrent... Ce constat est objectif. Tout le monde arrive à la même conclusion.

Or, les robots-conseillers offrent la possibilité de générer des rendements supérieurs en réduisant les frais de gestion, possiblement de cet ordre de grandeur… et même plus.

Dans ce contexte, afin de dégager une plus-value perçue par son client, un conseiller (seul ou avec d’autres) doit faire, au minimum, les choses suivantes (qui sont souvent difficiles à mesurer) :

  • Rechercher les meilleurs gestionnaires pour le profil d’investisseur de son client. Le rendement APRÈS FRAIS de gestion doit excéder celui des marchés (moins les frais exigés par les robots). Si ce n’est pas le cas, après un certain temps (quatre ans au maximum), le conseiller doit réagir et suggérer des alternatives de placement à son client.
  • Couvrir, avec l’aide de produits d’assurance de personnes, les risques auxquels son client s’expose. Les risques peuvent ne pas être couverts dans la mesure où ce dernier est conscient des impacts réels d’une non-couverture.
  • Rassurer son client sur sa situation financière à court et long terme en simulant des scénarios pour le futur. Certains scénarios devraient illustrer une situation pessimiste, comme par exemple, un rendement moyen réduit à cause d’un effondrement des marchés.
  • Optimiser d’autres éléments, particulièrement la fiscalité du vivant et au décès.

Voilà. Je ne prétends pas que la liste ci-dessus est complète mais je pense que si votre conseiller fait tout ça, vous ne serez pas tenté par ces robots.

En résumé, je pense qu’il restera toujours de la place aux conseillers en placement et autres conseillers financiers s’ils en donnent davantage que les robots… mais VRAIMENT davantage, car 1 %... c’est beaucoup!

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À propos de ce blogue

Dany Provost possède une formation multidisciplinaire lui permettant d'avoir une vue d'ensemble d'une situation financière. Combinant l'actuariat, la fiscalité, le placement et une grande maîtrise de l'environnement Excel, son expertise lui a permis de développer plusieurs outils de modélisation complexes, notamment en optimisation fiscale. En plus d’être associé dans les cabinets Planium et Avanco, il est directeur planification financière et optimisation fiscale chez SFL Expertise. Il est l’auteur du best-seller Arrêtez de planifier votre retraite, planifiez votre plaisir et est un collaborateur régulier dans les médias en plus d’être chroniqueur en fiscalité dans le journal Finance et Investissement, une publication de TC Media.

Dany Provost

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