Ne faites pas confiance aveuglément à votre logiciel d'impôt

Publié le 20/04/2017 à 12:02

Ne faites pas confiance aveuglément à votre logiciel d'impôt

Publié le 20/04/2017 à 12:02

Eh oui… c’est la dernière ligne droite de la saison des impôts. En fin de semaine dernière, avec le retour de l'hiver, je me suis mis à la tâche de produire ma déclaration de revenus personnels ainsi que celle de ma conjointe. Après quelques minutes, bien que surpris, je pensais avoir un retour d’impôt…. Erreur!


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Après avoir vérifié attentivement les chiffres, j’ai réalisé que non seulement je n'aurais pas de retour, mais c’est moi qui devais payer de l’impôt additionnel. Je suis donc passé d’un sentiment positif à un sentiment très…


Mais quelle est la cause de ce revirement ? Le logiciel d’impôt que j’utilise (je ne le nommerai pas… mais il est très connu) a produit non pas une… mais DEUX erreurs qui, mêmes prises isolément, auraient fait renverser ma situation initiale. Comment se fait-il que de grossières erreurs traînent toujours à la fin de la saison ? Personne n’a averti la compagnie ?


La première erreur vient d’une nouveauté qui a été ajoutée dans la dernière version. Lorsque j’ai vu cette caractéristique, à l’ouverture du logiciel, j’ai été très agréablement surpris. Cette caractéristique est l’importation des feuillets fiscaux directement de l’Agence du revenu du Canada et de Revenu Québec.


Wow! Quelle belle surprise! Je clique sur un bouton et mes 8 feuillets fiscaux se téléchargent automatiquement dans le logiciel. Plus besoin de saisir un paquet de chiffres… Du moins, c’est ce que je pensais.


En fait, l’importation s’est bien déroulée pour 6 feuillets sur 8. Mais les deux autres… on repassera! C’est comme si le logiciel avait importé des demi-feuillets mais avec certains montants en double et hors de l'écran de base. C’est la raison pour laquelle j’avais notamment, dans la première version de mon calcul, une cotisation excédentaire importante au Régime de rentes du Québec.


J’ai donc passé au peigne fin tous mes feuillets – qui sont accessibles sur les sites Internet des agences, dans «Mon dossier» – afin m’assurer que tout le reste était correct… Heureusement, c’était le cas. Il reste que si j’avais fait confiance aveuglément à cette nouvelle fonctionnalité, j’aurais eu une mauvaise surprise. En résumé, ce qui devait prendre moins de temps qu’à l’habitude en a pris plus, à cause des vérifications que j’ai faites.


Mais ce n’est pas tout…


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Je vous disais qu’il y avait deux erreurs. La deuxième est un problème de report de montants. Personnellement, mes revenus proviennent presque en totalité de ma société par actions, ma «compagnie». Je me rémunère sous forme de salaire et de dividendes. Cependant, j’ai aussi un certain montant de revenus de travailleur autonome, un revenu d’entreprise personnel. Ce qui est imposable, pour un tel revenu, c’est le revenu après dépenses. Or, mon logiciel indiquait un revenu brut (avant dépenses) mais aucun revenu net (d’entreprise), comme si le montant de dépenses que j’avais était égal à mon revenu brut, ce qui n’était pas du tout le cas. En fait, mon niveau de dépenses pour ce revenu était nul. J’aurais donc dû y retrouver le même montant au net qu’au brut, mais mon net indiquait zéro.


Comme il s’agit d’un champ «calculé» (il devrait faire la soustraction des dépenses tout seul comme un grand), si on veut le modifier, on a un avertissement sérieux. Il faut appuyer sur une touche spéciale et, comme ce n’est pas « normal », il est possible, selon les champs, que la transmission de la déclaration par Internet soit refusée.


Au moment où j’écris ces lignes, ma déclaration n’est pas encore expédiée. J’ai tellement le goût d’imprimer les dizaines de pages de ma déclaration et d’envoyer ça par la poste!


Enfin, on verra en fin de semaine si jamais ma déclaration est refusée, je vous garantis que c’est la dernière fois que j’achète ce logiciel d’impôt. Sinon, bof… quand on le sait, ce n’est pas si pire. Mais il faut vraiment le savoir!


Alors si vous produisez vous-même vos déclarations de revenus, ou même si vous confiez cette tâche à un pro, ne prenez rien pour acquis au niveau technologique et mettez-vous «le nez dedans». Ça vous évitera des problèmes plus tard…


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À propos de ce blogue

Dany Provost possède une formation multidisciplinaire lui permettant d'avoir une vue d'ensemble d'une situation financière. Combinant l'actuariat, la fiscalité, le placement et une grande maîtrise de l'environnement Excel, son expertise lui a permis de développer plusieurs outils de modélisation complexes, notamment en optimisation fiscale. En plus d’être associé dans les cabinets Planium et Avanco, il est directeur de la planification financière et fiscale chez SFL Cité de Montcalm. Il est l’auteur du best-seller Arrêtez de planifier votre retraite, planifiez votre plaisir et est un collaborateur régulier dans les médias en plus d’être chroniqueur en fiscalité dans le journal Finance et Investissement, une publication de TC Media.

Dany Provost

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