Une fraude du beauf pour Noël?

Publié le 17/11/2015 à 11:46

Une fraude du beauf pour Noël?

Publié le 17/11/2015 à 11:46

C’est semblable à la grippe, mais pour le portefeuille. À ce moment de l’année, tout concourt à nous faire déroger de notre «discipline» financière, un peu comme notre système immunitaire vacillant qui ne suffit plus à repousser les assauts des virus durant l’hiver.

Cela s’appelle «l’Esprit des fêtes».

À partir de la mi-novembre jusqu’à la fin de l’année, il envahit discrètement notre boîte crânienne pour affecter notre capacité de calcul et inhiber cette faculté bien humaine de se projeter dans le futur. Nous vivons comme s’il n’y avait plus de lendemain.

Suivez-moi sur Twitter

Pour lire mes billets précédents

Il y a des personnes plus sensibles que d’autres à l’Esprit des fêtes, comme il y a des gens qui vont contracter le virus de la gastro en en entendant parler aux nouvelles. Moi, je collectionne les rhumes. Dans sa manifestation la plus virulente, l’Esprit des fêtes peut laisser des séquelles durables sur sa victime, qui se réveillera le 2 janvier avec une tête de bois, un peu dépressif et sévèrement endetté.

Ce n’est pas parce qu’on n’a jamais attrapé la grippe qu’on n’aura pas la morve au nez à un moment ou à un autre. L’Esprit des fêtes frappe partout, à divers degrés.

Pour rester en forme et énergique, on conseille chaque année aux gens de se faire vacciner contre la grippe, de se bourrer de vitamine C, de prendre de l’échinacée, de jouer dehors et de se laver les mains souvent.

Pour limiter les méfaits de l’Esprit des fêtes, vous connaissez les précautions d’usage, on les répète chaque année: établissez un budget pour les cadeaux et les réceptions, ne faites pas vos achats à la dernière minute, profitez des soldes, achetez en ligne si l’ambiance des magasins altère votre self-control, laissez votre carte de crédit à la maison, offrez du temps et faites des recettes à la mijoteuse de Ricardo, c’est économique, il paraît, etc., etc.

Bon, vous êtes avertis.

***

Les mesures de prévention contre la grippe ou le rhume ne vont pas vous prémunir contre, disons, une crise cardiaque. Les précautions énumérées plus haut pour vous empêcher des dérapages durant les fêtes ne rendent pas non plus votre santé financière à toute épreuve.

Car une autre menace pèse sur vous: les conseils financiers du beauf.

Je dis le beauf, mais ce peut-être n’importe qui de votre famille ou de vos amis. Le temps des fêtes est en effet une enfilade de partys qui réunissent des parents qu’on ne voit pas souvent. Or, ces rassemblements favorisent le beauf qui aime s’exprimer sur toutes sortes de questions, dont les finances. En général, il se contentera d’exposer son ignorance en débitant des inepties. À la limite, ce peut être divertissant.

Mais la situation se corse s’il veut améliorer votre sort.

Il tentera d’abord d’asseoir sa crédibilité en déblatérant devant tout le monde, entre une bouchée d’atacas et une gorgée de vin: «le REER, c’est pour enrichir les banques». Ou quelque chose du genre. Puis au cours de la soirée, il vous abordera pour vous vanter le titre d’une petite société obscure qui représente l’occasion du siècle.

Il n’y a qu’un conseil à donner dans pareille situation: ne mettez jamais à exécution celui du beauf. Je dirais même, ne laissez en aucun cas paraître un semblant d’intérêt. Offrez plutôt votre aide aux hôtes à débarrasser la table, ça vous libérera du fâcheux. Car celui-ci, dans sa propension à vouloir faire profiter les autres de ses «tuyaux», peut se montrer opiniâtre, ce qui dans le moins pire des cas gâchera une partie votre soirée.

Le beauf peut avoir une opinion sur tout, des autos à la nourriture des hôtels de Punta Cana, mais aussi sur l’assurance, le REER, la retraite, les impôts et le testament. S’il est garagiste ou agent de voyage, ça ne fait pas de lui un planificateur financier.

La situation s’aggrave d’un cran s’il veut vous impliquer dans ses combines. La plus grande vigilance est alors de mise.

Le temps des fêtes est en effet le moment où vous pouvez être sollicité par un cousin lointain afin d’investir dans un projet immobilier en time-sharing au Costa Rica, une opportunité formidable qui s’ouvre à vous si vous trouvez vous-même trois autres investisseurs. Dites non!

Un autre pourrait vous dire qu’il connait un stratagème pour sortir l’argent de votre REER sans payer d’impôt. Ignorez-le!

Le nouveau conjoint de votre belle-soeur pourrait vous fait miroiter un gain facile, mais la fenêtre pour en profiter peut se refermer rapidement, alors vous devez faire vite. Fuyez!

Et si le beauf feint de vous faire une faveur en vous demandant de tenir ça mort, alertez la famille!

Suivez-moi sur Twitter

Pour lire mes billets précédents

À propos de ce blogue

Les finances personnelles, ça consiste à gérer son argent au jour le jour en fonction d’objectifs plus ou moins éloignés. En regardant du bon angle, on constate qu’il s’agit d’un instrument pour réaliser ses ambitions et ses rêves. C’est avec humanité et une pointe d’humour que Daniel Germain compte aborder les finances personnelles dans ce blogue, dont l’objectif est de vous informer et de vous faire réagir. Daniel Germain assume la direction du magazine de finances personnelles Les Affaires Plus depuis 2002 et a développé de vastes connaissances sur le sujet.

Daniel Germain