Cracheriez-vous sur un rendement composé de 15% non imposable?

Publié le 26/05/2017 à 07:55

Cracheriez-vous sur un rendement composé de 15% non imposable?

Publié le 26/05/2017 à 07:55

Allez savoir pourquoi, mais au printemps, j’éprouve une irrépressible envie d’écrire sur l’assurance vie. Si. Tenez, à la même période l’année dernière, je vous avais offert cette chronique, toute en sensibilité et en poésie, intitulée Alors c'est quoi, une bonne assurance vie? Et encore mardi dernier, je vous ai raconté cette histoire touchante du monsieur honni par le lobby de l’assurance parce qu’il rachète des polices à des assurés.


Ce doit être l’odeur des lilas…


Ce n’est pas le genre de détails que j’inscrirais sur une fiche descriptive destinée à un site de rencontres, mais je vais vous faire cette confidence: je trouve le sujet passionnant! Le concept est archi simple, mais les produits peuvent devenir compliqués, et les stratégies qui y recourent, assez complexes. Et je vous épargne les règles fiscales qui s’appliquent dans le domaine! Il y a de quoi déclencher des migraines.


Mardi, donc, je vous ai parlé de ce monsieur qui offre une porte de sortie financièrement intéressante à ceux qui voudraient abandonner leur police d’assurance vie.


Mais il y a d’autres options, parfois meilleures, selon les circonstances.


Un lecteur, un professionnel de l’industrie, m’a raconté qu’un de ses clients de 72 ans songeait l’année dernière à lâcher son assurance vie de 100 000 dollars. Le retraité trouvait la prime annuelle de 1100 $ de plus en plus difficile à assumer, ce qui n’a rien d’exceptionnel. C’est souvent le problème.


Inutile de vous dire, ce n’est jamais une bonne idée de larguer son assurance vie à cet âge, car la police vaut alors beaucoup d’argent. Mais les sommes y sont immobilisés. Seul le trépas de l’assuré peut les y en dégager. Et encore faut-il persévérer jusque-là à payer les primes. Sinon, c’est l’assureur qui garde tout.


Que lui a-t-on conseillé? Que son fils prenne le relais, qu’il paie les primes à la place du père et qu’il soit inscrit comme bénéficiaire au contrat (ou peut-être l’était-il déjà, je ne sais pas, mais ç’a peu d’importance, dans tous les cas, il a tout intérêt à payer les primes). Dans le pire des scénarios, à savoir que le patriarche vive jusqu’à 100 ans, ce fils allait tirer un rendement assuré de 7,3% par année sur les sommes qu’il allaient verser dans la police d’assurance. Dans le cas où son géniteur s’éteignait à 90 ans, ce rendement allait monter à plus de 15 %. Il est plus probable qu’il meurt avant cet âge, donc que le rendement soit plus élevé encore. Et vous savez ce qu’il y a de plus beau dans ça? J’en ai la larme à l’oeil, c’est le printemps… Le rendement sera net dans les poches de fiston. Oui, le capital décès d’une assurance vie n’est pas imposable!


Donc, si votre vieux père (ou votre vieille mère, ou votre vieil oncle…) vous annonce qu’il veut abandonner sa police d’assurance vie, ne le laissez surtout pas faire! Proposez-lui plutôt de payer les primes à sa place. Vous ne ferez jamais un aussi bon placement de votre vie.


Suivez-moi sur Twitter / Pour lire mes autres billets


Une autre avenue s’offre à l’assuré. Celle-là lui permettra d’empocher lui-même une partie de l’argent de l’assurance de son vivant. Il n’a qu’à donner son contrat à une oeuvre de charité. Plus le taux d’imposition de l’assuré est important, plus cette stratégie est payante. S'il est imposé à un taux marginal de 48%, par exemple, et bien il pourrait ramasser un beau magot en remboursement d’impôt.


Car en donnant son contrat à une oeuvre de charité ou à une fondation, celle-ci doit lui remettre un reçu pour un don. Le montant déductible inscrit sur le reçu correspondra à la valeur marchande de la police. Cela n’équivaut pas au capital décès, mais à un montant calculé par un actuaire. Entrent en compte dans le calcul les primes versées jusqu’à maintenant dans la police et la longévité présumée de l’assuré. Vous devinez que plus ce dernier est âgé, plus la valeur marchande est élevée.


C’est le même genre de calcul que ferait le type dont je vous ai parlé mardi lorsqu’il évalue la somme à verser pour racheter la police d’un assuré. Cependant, le don de charité peut parfois être plus payant que le rachat de la police par un tiers puisque le montant reçu de ce dernier sera en partie imposable.


Il y a une autre possibilité, et sur laquelle les assureurs insistent beaucoup dans leur campagne pour faire interdire le rachat des polices par un tiers: la possibilité pour un assuré de toucher une partie du capital décès avant de mourir. Mais il y a un détail important: ce n’est possible que si vous êtes à l’article de la mort.


Si on vous a diagnostiqué une maladie incurable qui vous tuera d’ici deux ans, votre assureur consentira , «pour des raisons humanitaires», à vous verser une partie du capital décès.


Mais vous voyez bien, ça ne répond pas du tout aux mêmes besoins que les solutions précédentes.


Même ivre du printemps, on garde les yeux ouverts.


Suivez-moi sur Twitter / Pour lire mes autres billets



 


 

À propos de ce blogue

Les finances personnelles, ça consiste à gérer son argent au jour le jour en fonction d’objectifs plus ou moins éloignés. En regardant du bon angle, on constate qu’il s’agit d’un instrument pour réaliser ses ambitions et ses rêves. C’est avec humanité et une pointe d’humour que Daniel Germain compte aborder les finances personnelles dans ce blogue, dont l’objectif est de vous informer et de vous faire réagir. Daniel Germain assume la direction du magazine de finances personnelles Les Affaires Plus depuis 2002 et a développé de vastes connaissances sur le sujet.

Daniel Germain

Sur le même sujet

Juste au cas...

Édition de Avril 2019 | Claudine Hébert

Le nombre d'accidents mortels en avion a considérablement diminué depuis dix ans. Selon l'Organisation de l'aviation ...

Cette assurance collective qui fait mal

Édition de Avril 2019 | Dany Provost

Les régimes d'assurance collective auto-assurés peuvent réserver de mauvaises surprises aux employés autant qu'aux ...